Involution politique et medio(media?)cratie

Un an après la proclamation de la « politique de civilisation » de Notre Président, c’est aujourd’hui l’heure d’un « monde nouveau » où l’on aura besoin de toujours « travailler plus » (en se demandant à force pour qui et pourquoi) mais c’est surtout l’heure du bilan et on peut constater que rien ne va plus en métropole: suppressions de postes dans les hôpitaux, suppressions de postes dans l’Education nationale, déprédation constante des conditions d’exercice des métiers du spectacle sous la pression (à peine voilée) du sacro-saint MEDEF, médicaments toujours plus difficilement remboursés, suppressions de tribunaux locaux par une ministre dont les magistrats ne veulent même plus provocant un engorgement des plus gros (tribunaux), prisons françaises toujours bondées dont la vétusté est plus que jamais montrée du doigt par l’Europe, envolée du chômage fin 2008, télésurveillance des villes accrue, Grenelle de l’environnement gelé sous prétexte de crise financière (déja qu’on avait du mal à voir ce que çà avait de concret!)… Bref, la liste noire de la démocratie nouvelle est longue et ne va pas s’arrêter là.

Sont-ce les effets pervers d’une mondialisation, vue comme unique avenir de l’Humanité, qui piègent l’idéal premier de nos démocraties dans un consumérisme confortable? Est-ce cette constante spectacularisation des événements du monde par le filtre médiatique (bien souvent en cheville, faut-il le rappeler, avec de grands intérêts industriels, voir « militaro ») qui provoque cette mise en berne du sens critique de chacun et nous dirige droit vers le « tout sécuritaire » d’un monde ou chaque être vivant serait breuveté? A qui, ou quelle élite restreinte et cooptée, profite le crime?

Les démocraties d’aujourd’hui ont-elles encore quelque chose à voir avec l’idéal du forum grec où le peuple détiendrait le pouvoir ou, du moins, la parole (« demo« -« cratie« , littéralement le « pouvoir au peuple« )?

Franck

 

Des intellectuels de notre temps s’interrogent à ce sujet:

Politique internationale « style américain ».
« L’invasion directe d’un état souverain n’a jamais été, de fait, la méthode privilégiée de l’Amérique. Dans l’ensemble, elle préférait ce qu’elle a qualifié de « conflit de faible intensité ». « Conflit de faible intensité », cela veut dire que des milliers de gens meurent, mais plus lentement que si vous lâchiez une bombe sur eux d’un seul coup. Cela veut dire que vous contaminez le coeur du pays, que vous y implantez une tumeur maligne et que vous observez s’étendre la gangrène. Une fois que le peuple a été soumis (ou battu à mort, çà revient au même) et que vos amis, les militaires et les grandes sociétés commerciales, sont confortablement installés au pouvoir, vous allez devant les caméras et vous déclarez que la démocratie l’a emporté. (…)
Des centaines de milliers de morts ont eu lieu dans (plusieurs) pays. Ont-elles eu lieu? Et sont-elles dans tous les cas imputables à la politique étrangère des Etats-Unis? La réponse est oui, elles ont eu lieu et elles sont imputables à la politique étrangère américaine. Mais vous n’en savez rien.
Çà ne s’est jamais passé. Rien ne s’est jamais passé. Même pendant que cela se passait, çà ne se passait pas. Çà n’avait aucune importance. Çà n’avait aucun intérêt. Les crimes commis par les Etats-Unis ont été systématiques, constants, violents, impitoyables, mais très peu de gens en ont réellement parlé. (…) »

Irak.
« (…) comme le sait ici tout un chacun, l’argument avancé pour justifier l’invasion de l’Irak était que Saddam Hussein détenait un arsenal extrêmement dangereux d’armes de destruction massive, dont certaines pouvaient être déchargées en 45 minutes, provoquant un effroyable carnage. On nous assurait que c’était vrai. Ce n’était pas vrai. On nous disait que l’Irak entretenait des relations avec Al Qaïda et avait donc sa part de responsabilités dans l’atrocité du 11 septembre 2001 à New York. On nous assurait que c’était vrai. Ce n’était pas vrai.
La vérité est totalement différente. La vérité est liée à la façon dont les Etats-Unis comprennent leur rôle dans le monde et la façon dont ils choisissent de l’incarner.
(…) Nous avons apporté au peuple irakien la torture, les bombes à fragmentation, l’uranium appauvri, d’innombrables tueries commises au hasard, la misère, l’humiliation et la mort et nous appelons cela « apporter la liberté et la démocratie au Moyen Orient ». Combien de gens vous faut-il tuer avant d’avoir droit au titre de meurtrier de masse et de criminel de guerre? Cent mille? Plus qu’assez, serais-je tenté de croire. Il serait donc juste que Bush et Blair soient appelés à comparaître devant la Cour internationale de justice. Mais Bush a été malin. Il n’a pas ratifié la Cour internationale de justice. Donc, si un soldat américain ou, à plus forte raison, un homme politique américain, devait se retrouver au banc des accusés, Bush a prévenu qu’il enverrait les Marines. Mais Tony Blair, lui, a ratifié la Cour et peut donc faire l’objet de poursuites. Nous pouvons communiquer son adresse à la Cour si çà l’intéresse. Il habite au 10 Downing Street, Londres. »

Guantanamo.
« (…) Où est donc passée notre sensibilité morale? En avons-nous jamais eu une?Que signifient ces mots? Renvoient-ils à un terme très rarement employé ces temps-ci: la conscience? Une conscience qui soit non seulement liée à nos propres actes mais qui soit également liée à la part de responsabilité qui est la nôtre dans les actes d’autrui? Tout cela est-il mort? Regardez Guantanamo. Des centaines de gens détenus sans chef d’accusation depuis plus de trois ans, sans représentation légale ni procès équitable, théoriquement détenus pour toujours. Cette structure totalement illégitime est maintenue au mépris de la Convention de Genève. Non seulement on la tolère mais c’est à peine si la sois-disant « communauté internationale » en fait le moindre cas. Ce crime scandaleux est commis en ce moment même par un pays qui fait profession d’être « le leader du monde libre ». Est-ce que nous pensons aux locataires de Guantanamo? Qu’en disent les médias? Ils se réveillent de temps en temps pour nous pondre un petit article en page six. Ces hommes ont été relégués dans un no man’s land dont ils pourraient fort bien ne jamais revenir. A présent beaucoup d’entre aux font la grève de la faim, ils sont nourris de force, y compris des résidents britanniques. Pas de raffinements dans ces méthodes d’alimentation forcée. Pas de sédatifs ni d’anesthésiques. Juste un tube qu’on vous enfonce dans le nez et qu’on vous fait descendre dans la gorge. Vous vomissez du sang. C’est de la torture. Qu’en a dit le ministre des Affaires étrangères britannique? Rien. Qu’en a dis le Premier Ministre britannique? Rien. Et pourquoi? Parce-que les Etats-Unis ont déclaré: critiquer notre conduite à Guantanamo constitue un acte hostile. Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous. Résultat, Blair se tait. (…) »

Harold Pinter, Discours du dramaturge britannique à la remise de son
Prix Nobel de Littérature en 2005. Extraits.

 

Involution actuelle de notre idée de la Justice, vue en 4 extraits d’articles lucides portant sur 2 points:

I – La présomption d’innocence.

1) Idée théorique.
* Article 9 de La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789:
Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimé par la loi.
* Article 11 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948:
Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense auront été prises.

2) La présomption d’innocence, une notion malmenée aujourd’hui.

« Les droits de l’Homme, nous sommes fiers, bien sûr, de les avoir si souvent et si bien affirmés, nous entendons les incarner, les défendre contre tous leurs ennemis, les enseigner, les exporter, mais que viennent les épreuves, celles de l’Histoire, celles aussi de la politique quotidienne, et nous nous croyons vite contraints de les rendre dociles. Juridictions d’exception? Mesures de circonstances? La présomption d’innocence, comme bien d’autres droits de l’Homme, ne doit-elle pas se soumettre à des intérêts supérieurs?
La loi du 15 juin 2000, entrée en vigueur le 1er janvier 2001, n’a fait que renforcer les effets de la présomption d’innocence dans notre procédure pénale. (…) -Chacun est présumé innocent tant qu’il n’a pas été jugé coupable- (…)
Mais voici qu’un sinistre événement la remet soudain en question: un inculpé, un « suspect », retrouvant la liberté par application de la présomption d’innocence, aurait commis des crimes odieux, tué ou blessé six personnes parmi lesquelles deux policiers. (…)
Il en est ainsi de tous les droits fondamentaux de l’Homme: tous peuvent aider, aident effectivement des personnes qui usent, parfois pour le pire, des droits proclamés. Faudrait-il imaginer de réserver des droits de l’Homme aux bons, et de les refuser aux méchants? Vieux rêve français que la Révolution avait parfois porté: quand, en 1794, Couthon soutenait, à la Convention, le décret qui devait abolir les droits de la défense devant le Tribunal révolutionnaire, il assurait que « les innocents n’en avaient pas besoin » et que « les coupables n’y avaient pas droit ». Sans doute ce raisonnement n’est-il plus aujourd’hui qu’une caricature. (…)
Nous incarnons les droits de l’Homme, mais notre histoire, notre légitimité symbolique, nous permettraient de n’en faire qu’un usage prudent et modéré. Les principes fondamentaux de notre civilisation, que nous ne cesserons jamais d’exalter, pourraient, chez nous, souffrir les exceptions auxquelles la France n’a cessé de se croire contrainte par des intérêts supérieurs: la patrie en danger, nos guerres nationales, nos luttes coloniales, tous les combats menés au nom de la France, et aujourd’hui les exigences de notre sécurité nous conduiraient à ces exceptions, non point seulement pour nous protéger et nous défendre, mais aussi, bien sûr, pour défendre les droits sacrés de l’Homme que nous portons en nous!
Et voici que le terrorisme international fournit au législateur français une nouvelle opportunité: fouilles, perquisitions, atteintes à la vie privée deviendront plus faciles. Et si les défenseurs traditionnels des droits de l’Homme protestent, s’indignent, c’est qu’ils ne comprennent pas les vraies menaces du terrorisme, qu’ils sous-estiment les exigences de l’idéal de sécurité.
Quand viennent les élections, ceux qui nous représentent cherchent ainsi, dans nos vieux préjugés, les moyens de nous plaire et de nous rassurer. Les Droits de l’Homme, la présomption d’innocence, nous en resterons, quoi qu’il arrive, le superbe drapeau. Nous continuerons évidemment à distribuer des leçons au monde entier. Mais, nous suggère-t-on, nous devons, chez nous, entre nous, n’en pas abuser. (…) »

Jean-Denis Bredin, avocat, écrivain et membre de l’Académie française.
(Le Monde, 1er décembre 2001. Extraits.)

 

« (…) rien ne semble plus difficile aujourd’hui que de s’en tenir à la présomption d’innocence. Et de ce travers tyrannique dangereux pour la démocratie, les médias en portent une part de responsabilité. (…)
Il suffit pour s’en rendre compte de parcourir les pages des journaux de ces dernières semaines. Ici, « un présumé violeur en série » est arrêté; là, on attend « l’extradition de tueurs présumés ». (…)
Serait-ce que les médias en général ignorent le sens de l’adjectif « présumé »: que l’on croit tel par hypothèse, dit le dictionnaire Robert, c’est-à-dire que l’on tient pour tel avant tout examen. (…)
« Un agresseur présumé » est donc bien une personne que l’on présente comme agresseur avant tout examen, quand en démocratie on ne peut être déclaré tel qu’après examen judiciaire. (…)
Pourquoi donc cette obstination dans l’erreur? Errare humanum est, perseverare diabolicum. De deux choses l’une, ou les journalistes ignorent ce rudiment de droit ou au contraire ils le connaissent. Mais dans les deux cas, ils inculquent à leur insu ou sciemment dans les esprits, sans en avoir l’air, une habitude de pensée qui ruine un principe différenciant démocratie et tyrannie C’est ainsi que les droits dépérissent: comme le dit la devise du canard enchaîné, à l’inverse de la pile Wonder, un droit ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. (…) »

Paul Villach (Agoravox, 12 mars 2008. Extraits.)

II – La rétention de sureté.

« Ce n’est plus la loi qui guidera notre justice, mais des batteries de tests psychiatriques.
De façon anodine, le gouvernement va saisir le Parlement d’un projet de loi créant la « rétention de sûreté » dans notre droit pénal. Il s’agit d’un changement profond d’orientation de notre justice. Il faut rappeler les fondements de la justice, depuis la révolution des Droits de l’Homme. Parce-que tout être humain est réputé doué de raison, il est déclaré responsable de ses actes. S’il viole la loi, il doit en répondre devant des juges indépendants. A l’issue d’un procès public, où les droits de la défense auront été respectés, s’il est déclaré coupable, il devra purger une peine prévue par la loi. Tels sont les impératifs de la justice dans un Etat fondé sur la liberté.
Or le projet de loi contourne le roc de ces principes. (…) Après l’achèvement de sa peine, après avoir « payé sa dette à la société », au lieu d’être libéré, la condamné pourra être « retenu », placé dans un « centre sociomédico-judiciaire de sûreté », par une décision d’une commission de magistrats. (…)
Le lien entre une infraction commise et l’emprisonnement de son auteur disparaît. Le « retenu » sera détenu dans un établissement fermé et sécurisé, en fonction d’une « dangerosité » décelée par des psychiatres et prise en compte par une commission spécialisée. et aussi longtemps que ce diagnostic subsistera, il pourra être retenu dans cette prison-hôpital ou hôpital-prison. Nous quittons la réalité des faits (le crime commis) pour la plasticité des hypothèses (le crime virtuel qui pourrait être commis par cet homme « dangereux »).
(…) Il n’y a plus d’infraction commise, mais un diagnostique psychiatrique de « dangerosité », d’une prédisposition innée ou acquise à commettre des crimes. Que reste-t-il de la présomption d’innocence dans un tel système? Après un siècle, nous voyons réapparaître le spectre de « l’homme dangereux » des positivistes italiens Lombroso et Ferri *, et la conception d’un appareil judiciaire voué à diagnostiquer et traiter la dangerosité pénale. On sait à quelles dérives funestes cette approche a conduit le système répressif des Etats totalitaires.
(…) Est-il besoin de rappeler que ce concept de dangerosité demeurre incertain dans sa mise en oeuvre? Et l’expérience des dernières années laisse présager qu’au premier fait divers odieux, échappant aux catégories criminelles visées par la « rétention de sûreté », celle-ci sera aussitôt élargie à tous les auteurs des crimes les plus graves, qu’il s’agisse de violeurs ou de meurtriers. Et l’on verra s’accroître toujours plus le domaine d’une justice de sûreté, au détriment d’une justice de responsabilité, garante de la liberté individuelle. (…) »

Robert Badinter, Sénateur des Hauts-de-Seine.
(Le Monde, 28 novembre 2007. Extrait.)

* A l’initiative d’un groupe de médecins et de juristes italiens dont les trois figures de proue initiales sont Cesare Lombroso, Enrico Ferri et Raffaele Garofalo, l’anthropologie criminelle connaît son apogée dans les sociétés de culture occidentale à la fin du 19ème siècle. Cette discipline cherche à établir les différences anatomiques, physiologiques, psychologiques ou sociales entre les individus « honnêtes » et les délinquants.

« (…) La « rétention de sûreté »: « A titre exceptionnel, les personnes dont il est établi, à l’issue d’un réexamen de leur situation intervenant à la fin de l’exécution de leur peine, qu’elles présentent une particulière dangerosité caractérisée par une probabilité très élevée de récidive parce-qu’elles souffrent d’un trouble grave de la personnalité, peuvent faire l’objet à l’issue de cette peine d’une rétention de sûreté selon les modalités prévues par le présent chapitre… »
Les mots prennent quelques précautions mais ne peuvent cacher l’effrayante réalité de la loi: l’être humain tenu pour dangereux pourra être placé en « rétention » pour une période d’un an reconductible indéfiniment, après qu’il eût payé sa peine et alors qu’il eût dû retrouver sa liberté. Il restera « retenu » sans infraction, sans jugement, sans peine prononcée, parce-qu’il est « dangereux », auteur virtuel d’infractions éventuelles.
Nous avons cru aux principes qui fondent notre justice et notre droit. Nous avons cru à la présomption d’innocence, cru que nul ne pouvait être détenu sans être jugé et condamné, qu’aucune privation de liberté ne pouvait frapper un innocent au motif qu’il risquerait de devenir un coupable. Nous n’avons jamais imaginé que pourrait être détenu définitivement, sous un autre mot, l’être humain considéré comme dangereux et qui semblerait prédestiné au mal. En quelques mois un gouvernement et la majorité du Parlement nous ont soumis à un droit nouveau, inspiré par la passion, par la peur: devrait s’imposer à nous l’idée que « l’autre » n’est pas un semblable. Ainsi en est-il de l’individu « dangereux ». Ainsi en sera-t-il sans doute un jour de l’étranger qui nous serait « étranger par nature ». La liberté, la présomption d’innocence, ce seraient des règles parfois utiles, bonnes à exporter, mais souvent inquiétantes: pour un gouvernement tant soucieux de séduire l’opinion, de plaire à tous, la sécurité ne doit-elle pas devenir la valeur suprême, celle qui ne supporterait aucun obstacle et obligerait à tous les sacrifices? (…) »

Jean-Denis Bredin et François Sureau, avocats au barreau de Paris.
(Le Monde, 22 février 2008. Extraits.)

3 Réponses to “Involution politique et medio(media?)cratie”

  1. larocheauxloups Says:

    toujours la même rengaine politique, nos « leaders » bafouent à longueur d’année les principes sur lesquels ils ont été élus. Les lois se succèdent pour notre plus petit plaisir. La démocratie ? Le moins mauvais des régimes politiques selon Aristote. Les limites de la démocratie sont atteintes, La France choisit un président refusé par un peu de la moitié des votants. Faut-il un seul homme à la tête du pouvoir ? Ou plutôt un comité, un conseil, un groupement ? Je préfère la discussion et le débat à la primauté d »un seul homme. Je préfère un conseil de sages à la présidence.
    Qui aurait l’idée alors de bafouer la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ? Au fait, je rappelle que cette Déclaration n’est pas le fondement de notre belle (?) démocratie, c’est la Constitution qui fait acte. Attention de ne pas tout mélanger.
    Nicolas

  2. larocheauxloups Says:

    Il n’y a aucun « mélange » ici.

    Ces intellectuels parlent ouvertement et en connaissance de cause d’une dérive réelle mais totalement invisible puisque non analysée par les journaux d’information de grande écoute, qui préfèreront faire leur une avec les chutes de neige en France ou de la fillette atrocement étranglée par son père dans tel ou tel village reculé.

    Encore une fois, ce qui est intéressant est le mécanisme d’avancée insidieuse d’une façon de percevoir les droits fondamentaux dont doit pouvoir bénéficier chaque individu au sein d’une organisation sociétale qu’elle qu’elle soit. Sinon, on aurait des Guantanamo ou des prisons chinoises partout (quoique les prisons française ne sont guère mieux!).

    Et puis Constitution OK mais celle-ci n’aurait aucune force ni valeur s’il n’y avait pas l’édiction claire et précise des Droits Fondamentaux humains en arrière plan qui en sont son terreau. Ce sont deux choses différentes, certes, mais deux choses intimement liées. Liées à l’idée de République démocratique. Maintenant, nous avons aussi des devoirs…

    Et effectivement, la démocratie dans les mains d’un seul ne peut que mal fonctionner et atteindre ses limites, comme maintenant. Un conseil de sages est évidemment une bonne idée (Ummite???). Qui tirerait ses décisions d’assemblées locales prenant en compte les avis des administrés qui souhaiteraient s’exprimer.

    Cette idée de démocratie participative paraît utopique pour bon nombre d’entre nous mais non, c’est juste une question d’organisation. Le gouvernement actuel arrive bien à modeler la société à son image (du MEDEF) en pondant loi restrictive sur loi restrictive (alors qu’ils débloquent « sans problèmes » quelques centaines de milliards pour sauver les banques qui boursicotent), pourquoi alors ne pas imaginer des loi ayant un idéal un peu plus noble que la sois-disant promotion d’un « pouvoir d’achat » artificiel? Comme si il n’y avait que çà dans la vie d’un individu: son « pouvoir d’achat »! Faudrait peut-être un jour décider qu’on veut sortir de ce moule idéologique stérile.

    Nous avons le cadre civique et Républicain pour appliquer de telles mesures. Mais progressivement et dans la discussion. Alors… Mais c’est sûr, çà responsabiliserait les citoyens. Et c’est bien çà qui fait peur. Les citoyens eux-même ne sont peut-être pas prêts à assumer encore cette responsabilité (même collective) des orientations à prendre pour la collectivité et le bien de tous. Et puis les « intérêts financiers supérieurs » ont tellement noyauté et orienté la vie publique et la façon de penser des gens… La « forme pensée », dirait-on, est bien étriquée ces dernières année…

    Franck

  3. larocheauxloups Says:

    absolument, la peur encore et toujours, peur d’être libre, peur d’être indépendant. La démocratie participative serait un mieux, pas toujours idéal, mais il est temps de se prendre en main. Quand Sarkozy avoue qu’il a toujours rêvé d’être patron d’une chaîne TV, et qu’après il démonte France Télévisions, ça fait froid dans le dos. Oui, France Télévisions est un gros machin qu’il faut moderniser, mais demandez notre avis!
    De toute façon, actuellement, le mode de fonctionnement du monde est la peur et sa corollaire, la sécurité, qui implique toujours plus de lois et toujours plus de restrictions. C’est un mouvement de fond, la crispation nationalise et sécuritaire. Une demande des électeurs !
    Heureusement ces intellectuels réfléchissent et parlent, mais la censure est plus insidieuse, elle s’appelle audimat, actionnaires, chômage, et devient bougrement efficace pour éluder les sujets qui fâchent.
    Nicolas

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :