Nankin, la mémoire et l’oubli

un documentaire clair et pédagogique sur le massacre de Nankin, en Chine, en 1937. Qui connaît ce massacre en détail, les tenants et les aboutissants ? Pas moi, d’où mon intérêt pour ce documentaire.

1937. Le Japon impérialiste, soutenu par les Américains, a envahi la Mandchourie et mis en place un gouvernement fantoche, à sa solde. Les Japonais rêvent en grand, et profitent d’un incident pour envahir la côte Est, Pékin et Shangaï. Ces deux villes tombent vite, malgré la résistance des nationalistes du Kuonmintang épaulés par les communistes de Mao (eh oui…). Les troupes chinoises ont été formées et armés par l’Allemagne nazie (eh oui… la diplomatie est étonnante, non ?).

L’armée japonaise, enhardie, marche sur Nankin, dernière place forte de résistance chinoise. Un prince de la famille impériale mène avec un général ses troupes à la victoire. Face à 200 000 soldats nippons, le président chinois, Tchang Kai-Chek, abandonne Nankin en ordonnant à ses généraux de se battre jusqu’à la mort. Merveille de courage… Tous les mêmes ces chefs… Les généraux fuient bien vite. Sans commandement, la soldatesque chinoise fuit elle aussi, mêlée aux civils.

Les Japonais entrent victorieux dans Nankin. Le prince ordonne alors le « nettoyage » de la ville. On se croirait presque en Irak en 2005… Ici commence le massacre de Nankin. 200 à 300 000 morts selon les sources. Le documentaire fait la part belle aux témoignages, des survivants chinois des atrocités horribles perpétrées par les Japonais, mais aussi de soldats japonais entraînés malgré eux dans l’enfer de la guerre, cherchant des justifications à l’inexplicable.

Des Occidentaux ont essayé d’aider les civils, ce sont les Justes de Nankin. L’un d’eux était nazi, il a même demandé officiellement l’aide du Furher qui ne réagira pas. En fait, l’Occident ne bouge pas le petit doigt, bien trop occupé par la guerre civile en Espagne.

Un mausolée a été érigé à Nankin pour ne pas oublier ce massacre, après l’amnésie de l’ère Mao. Et c’est là que commence le débat. Des historiens révisionnistes japonais réfutent l’existence du massacre, préférant parler d’incidents ou de préjudice, et minimisant le nombre de morts. Etonnante leçon de l’Histoire : le déni de réalité est universel, le révisionnisme courant ! Les peuples ont toujours du mal à admettre la part sombre de leur histoire. Mais la vérité sort toujours victorieuse du temps !

La fin du documentaire évoque ce combat pour la vérité entre Chine plus puissante que jamais et Japon crispé sur son identité nationale. Et c’est la plus partie la plus intéressante du film.

Un documentaire utile pour comprendre cet épisode clé peu connu en Occident, prélude à la gabegie humaine que sera la 2° Guerre Mondiale. Le montage est simple, fluide, pas d’esbroufe de réalisation, toute l’attention est portée vers l’information à transmettre proprement. Un modèle de genre.

Nankin, la mémoire et l’oubli
de Michaël Prazan, 2006

http://www.france5.fr/programmes/articles/histoire/1010-nankin-la-memoire-et-l-oubli.php

Nicolas

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