All That Jazz

affiche all that jazzAll That Jazz est un film légendaire, un chef d’oeuvre absolu de Bob Fosse, chorégraphe et réalisateur américain de génie. Natif de Chicago, Fosse part à Hollywood pour devenir le nouveau Fred Astaire, mais se tourne vite vers le théâtre. A 27 ans, il signe la chorégraphie de sa première comédie musicale, créant un style de danse jazz très personnel, reconnaissable entre tous.

Fosse aura une vie tumultueuse, plusieurs fois marié, abusant des femmes, des cigarettes et de l’alcool. All That Jazz est une fantaisie semi-autobiographique qui s’inspire de la partie de sa vie où il mettait en scène Chicago à Broadway tout en montant frénétiquement son film Lenny.

Fosse n’écrit pas le scénario mais y participe activement en mettant en scène sa propre vie et son double à l’écran. Le trait paraît chargé mais le film est je pense en dessous de la réalité.

All That Jazz est un bijou, un des mes films préférés, qui prend de la valeur à chaque visionnage. Je rêve de le voir un jour sur grand écran. Une oeuvre puissante qui résiste au temps et aux modes.

La matière première du film est de toute façon fascinante: la vie et le travail d’un chorégraphe vécus de l’intérieur, ses rapports amoureux, personnels et professionnels. L’histoire en elle-même est forte, mais la réalisation rehausse cette base écrite pour en faire un film superbe.

Le scénario n’est pas linéaire, ce sont des moments de vie qui s’enchaînent élégamment, on suit simplement le double de Fosse, Joe Gideon, à New York. Il travaille sur sa prochaine comédie musicale, peu soutenu par ses producteurs, et sur le montage d’un film sur un comique, dont il n’est jamais satisfait.

Joe Gideon est interprété par Roy Scheider, comédien magistral méconnu et sous-employé. Scheider s’est glissée dans la peau de Fosse et compose un rôle à la mesure du film, dément et attachant. Il trompe tout le monde et lui en premier, il est agaçant mais finalement tellement humain.

Jesssica Lange est l’ange de la mort, et quel ange ! Sublime, on mourrait pour elle, mais Gideon se débat et passe sa vie en revue. Un rôle trop court pour son talent. Les autres acteurs sont tous très bons, pas de surjeu, tout en finesse. La fille de Gideon est drôle et sautillante, son ex-femme est une danseuse étonnante.  Le comique filmé par Gideon est merveilleux ; il paraît que c’est une caricature de Dustin Hoffman dans Lenny. Le casting est vraiment excellent, on sent que tout le monde a pris du plaisir à tourner ce film.

All That Jazz est aussi un film de danse. Ici encore Fosse montre son talent, les chorégraphies sont belles, novatrices, exigeantes, et font la part belle au jeu des comédiens. Une leçon de mise en scène pour moi, chaque scène dansée fait avancer l’histoire, ce n’est pas un assemblage de chorégraphies liées par une histoire sommaire. Fosse plie la danse à son scénario.

Les musiques sont fabuleuses, la chanson d’ouverture, de George Benson, est superbe, et la chanson finale est un petit bijou. Les sons ont vieilli, on sent un côté électronique vieillot, mais mélodies et textes restent forts. Je me surprend à fredonner de temps en temps ceratines chansons du film.

La mise en scène de Fosse est moderne pour l’époque (1978), influencée par l’arrivée des « jeunes loups » à Hollywood (Spielberg, Lucas, De Palma…) mais foncièrement personnelle. Fosse ose des plans séquences, des raccords déroutants, ou des séquences plus psychédéliques. La prise matinale et quotidienne de drogues par Gideon est traitée en un mini-clip de quelques secondes qui enchaîne les images, comme un effet stroboscopique. Aronofsky piquera l’idée pour Requiem for a Dream. Sans abuser des travellings et des grues comme maintenant pour « dynamiser » la mise en scène, Fosse crée une ambiance intime très entraînante.

Le montage est exemplaire, je ne me lasse pas de revoir certaines séquences pour le plaisir de les décortiquer. Le monteur a fait un travail remarquable, discret mais très efficace. On devrait visionner ce film dans toute bonne école de cinéma.

L’image est belle, plutôt sombre mais le film paraît tout de même lumineux grâce à l’utilisation de spots à l’écran. C’est l’aspect du film qui a le plus vieilli, à cause des fringues et des décors, mais le film garde une image globale un peu floue qui fait son charme. Ce n’est pas de la belle image pour l’esthétisme, le film défend avant tout une histoire.

Un chef d’oeuvre à déguster au calme, le son à fond, et surtout en VO, le son est très important. La scène du début est superbe, la scène finale est démente, la scène rêvée à l’hôpital est fabuleuse, et la séquence « air-rotica » un morceau d’anthologie. Ne manquez pas ce film!

la bande annonce en VO non sous-titrée (quel titre stupide en français!) :

Nicolas

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