Romain Sardou

Romain Sardou est la 3° génération d’artistes, après Michel le père, chanteur, et Jackie la grand-mère, comédienne truculente. Pas impressionné par son illustre lignée, Romain Sardou quitte l’école en première pour se consacrer entièrement à l’écriture dramatique. Il s’installe à la campagne et dévore les classiques de la littérature et du théâtre tout en prenant des cours d’actorat.

Romain Sardou s’installe pendant 2 ans à Los Angeles pour écrire des scénarii pour enfants. Il revient en France, trouve le temps de se marier et publie son premier livre en 2002, Pardonnez-nous nos offenses. Succès immédiat, sa carrière est lancée.

Ses premières inspirations : l’Histoire, le Moyen-Age, les religions. Deux ouvrages magnifiques qui lorgnent vers Umberto Eco. Puis c’est vers Noël et Dickens qu’il se tourne, avec deux livres style conte bien troussés sur cette période aimée de tous. Dernièrement, c’est le polar qui inspire Sardou, où il montre toute l’étendue de son talent d’écrivain stylistique et de construction dramatique.

Sardou développe un projet de 9 livres, 9 tomes dont le titre est une phrase du Notre Père chrétien, 9 romans où l’Histoire et la Religion tournoient autour de son style incisif et précis. Romain Sardou est bien un auteur à part, qui ne se laisse pas étiqueter et sait naviguer dans les genres pour se renouveller.

Romain Sardou est un auteur attachant, quand on rentre dans son univers on ne veut plus en sortir avant la dernière page. La célébrité de son patronyme lui a ouvert les portes des éditions, avoue-t-il, mais juste ouvert. Après il faut montrer son travail, et rien n’est acquis. Il est comme ça Romain, humble et discret. Tout pour ses oeuvres.

Ses oeuvres ? Des livres précis, montés comme des horloges. Chaque rouage se met en place jusqu’au bouquet final, qui n’est jamais celui auquel on s’attend. Que ce soit le roman historique, le conte ou le thriller, Sardou embarque le lecteur dans un maëlstrom fantastique et réel à la fois. Du grand art.

Romain Sardou sait aussi s’échapper des chemins balisés et devient traducteur. Il nous offre ainsi en 2008 la correspondance de Francis Scott Fitzgerald et de sa fille Scottie en français. La littérature toujours !

Pardonnez nos offenses (2002)

couverture pardonnez nos offensesPremier roman, premier éclat, un bijou qui ne se laisse pas saisir. Le décor est vite planté, le comté de Toulouse au 13° siècle, les « froidures » de l’hiver, un village maudit. Et les mystères s’épaississent dès les premières pages, pour notre plus grand plaisir. Sardou déroule en plus de 500 pages des rebondissements sur une trame d’enquête policière. Les personnages sont folkloriques à souhait et attachants, on les suit avec plaisir dans une histoire compliquée qui ravit les amateurs de légendes anciennes.

La construction est parfaitement organisée, pas de facilités stylistiques jusqu’à la fin, parfaitement déroutante, sans mièvrerie ni retournement saugrenu. Le vocabulaire est impressionnant, certains mots semblent sortir d’une vieille encyclopédie, mais bien assortis avec le contexte médiéval.

Sardou décrit le quotidien d’un siècle médiéval, pas si obscur qu’on veut le croire, plein de forêts maléfiques, de brigands et de sorcières. La grande gagnante de l’histoire ? L’église chrétienne, seul pilier d’une société dirigée par la religion et une multitude de petits seigneurs. Passionnant !

L’éclat de Dieu (2004)

couverture l'éclat de dieuUn deuxième roman incroyable, très audacieux, qui emmène le lecteur à travers les méandres du temps. Le neveu d’un chevalier franc enquête sur la mort de son oncle en joignant un pèlerinage vers Jérusalem. Ce pèlerinage n’est qu’un prétexte pour une mission secrète bien plus délicate, la recherche de ‘L’éclat de Dieu », instrument de pouvoir qui suscite de nombreuses convoitises.

Encore le Moyen-Age, encore la religion, avec en plus la sauce Templiers et moines assassins. Un roman de facture de qualité, un tourbillon de trames narratives qui s’enchevêtrent intelligemment jusqu’à l’étourdissement. Les masques tombent, les personnages semblent exister devant nos yeux tant ils sont bien construits.

Un livre difficile par sa narration, mais fascinant, qui plonge dans la réflexion à chaque chapitre, réflexion historique et religieuse, philosophique en plus de la réflexion purement littéraire. Du bonheur de lecteur, enchaîné par le besoin de tourner chaque page pour savoir quel destin tordu attend les personnages.

Ce roman est plus abouti dans le  fond et la forme que le précédent, signe de maturité et d’évolution. Je me suis laissé embarqué dans son univers bien plus facilement que Pardonnez nous nos offenses. L’éclat de Dieu est diabolique, dans tous les sens du terme. Un vrai renouveau de la littérature française. Indispensable.

Une seconde avant Noël (2005)

couverture une seconde avant noelPour son 3° roman, Sardou passe au conte façon Dickens. Le 18° siècle industrieux et industriel en Angleterre. Un pauvre garçon orphelin, Harold, vit sous les ponts et ramone des cheminées pour survivre. Oliver Twist n’est pas loin… Les premières pages sont misérabilistes, sans tomber dans du Zola, c’est un conte quand même ! Mais le destin de Harold semble tracé rapidement vers la tombe.

Heureusement il en est tout autre. Harold est embarqué dans des aventures incroyables qui vont le mener à devenir le Père Noël ! Non, vous ne rêvez pas, Sardou nous convie à la genèse et l’apprentissage du futur bonhomme rouge tant aimé des enfants. Un conte vous disais-je… Aucun élément ne manque, les méchants adultes, les bagarres d’enfants, la faim, le froid, un mystérieux peuple de lutins…

Ce roman est une friandise, un bonbon suave qui rappelle l’enfance, quand on croyait encore au Père Noël. On plonge avec délectation dans les péripéties de Harold, on retrouve ses joies enfantines en suivant le héros à travers l’Angleterre. Le niveau n’est pas le même que les livres précédant mais le talent de conteur reste identique. Sardou nous enchante et nous subjugue, toujours pour vouloir lire la suite sans nous ennuyer.

Une oeuvre pas si naïve que ça, à voir plus comme du Burton que comme du Disney. Sardou creuse son sillon en maître de construction narrative et de personnages sans tomber dans la facilité ou la paresse.

Personne n’y échappera (2006)

couverture personne n'y échapperaSardou change de registre pour du thriller pur, sans sa patte fantastique qui marque ses livres précédents. Du bon thriller donc, une construction savante mais classique qui emboîte les retournements jusqu’au final surprenant, solide et subtil. Enfin une vraie fin réaliste, sans happy end syndicale indigeste.

Les personnages sont toujours aussi bien campés, attachants ou antipathiques, qui ne laissent jamais indifférents. Je me suis surpris plusieurs fois à haïr physiquement un personnage, pouls accéléré, en cours de lecture. Et retour bizarre au réel en fermant le livre, en attendant de lire la suite.

L’histoire est futée, on ne sait pas vraiment où Sardou nous emmène jusqu’au 2/3 du livre. La dernière partie est plus classique, on devine les intentions, l’histoire s’étire jusqu’aux dernières pages scotchantes. Un livre plutôt mineur, un peu à côté après le feu d’artifice des trois premiers. On ne s’ennuie pas mais tout ça manque de fond ou d’intérêt. Reste le plaisir de la lecture, d’être embarqué dans une construction à tiroirs qui laisse pantois à la fin.

Tous ces livres sont disponibles en poche.

La très bonne (pléonasme ?) émission de Jean-Claude Carton sur Romain Sardou :

http://etoilesducoeur.fr/edc/part/carton_jc/idfm/emission_play.php?emission=tleep&%20date=2008-11-27&type=E&serveur=car

Nicolas

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