Le mystère Marie-Madeleine

Marie-Madeleine a toujours fait couler beaucoup d’encre, comme un personnage clé ayant toute son importance mais « un peu tabou quand même ». A force d’hésitations, on ne sait plus vraiment que penser de ce personnage qui apparaît pourtant dans les 4 Evangiles canoniques. Une foule de livres et et de travaux de recherche sont sortis traitant de ce personnage ambigu.
Voici une analyse du personnage, légèrement « officialisante » sur les bords et quelque peu succinte mais néanmoins fort intéressante:

La fascination qu’exerce Marie-Madeleine sur l’imaginaire ne faiblit pas au cours des siècles. Mais sa réalité historique se résume à de rares données évangéliques, qui concernent, en fait, trois figures distinctes.
« La Magdaléenne ». C’est ainsi que l’Evangile de Luc nomme, dans une énumération des femmes qui accompagnent Jésus, celle que l’on connaîtra plus tard sous le nom de Marie-Madeleine (Luc, VIII, 1-3).
Que sait-on d’elle, exactement? Très peu de choses. Silence sur ses origines et ses liens familiaux. Marie de Magdala n’est identifiée que par le nom d’une ville, difficile à localiser, sans doute un port de pêche sur les bords du lac de Tibériade, en Galilée (région au nord de l’Israël actuelle). Elle semble être assez aisée, puisqu’elle fait partie des femmes « qui assistent de leurs biens » le groupe de disciples, souligne Régis Burnet, maître de conférences à Paris VIII et auteur de Marie Madeleine, de la pécheresse repentie à l’épouse de Jésus (Cerf, 2004, 2008). Luc précise par ailleurs que « sept démons étaient sortis » d’elle, entendant certainement par là « qu’elle était malade et que Jésus l’avait guérie ». Figure floue et discrète, donc, mais présente à des moments clés de l’existence de Jésus. Les quatre Evangélistes s’accordent sur le fait que Marie de Magdala est présente, avec d’autres femmes, au pied de la croix, quand les autres disciples ont fui (Mathieu, XXVII, 56; Marc, XV, 40; Luc, XXIII, 49; Jean, XIX, 25). Elle assiste à la sépulture de Jésus (Mathieu, XXVII, 61; Marc, XV, 47; Luc XXIII, 55) et fait partie des femmes venues au tombeau pour y accomplir des rites funéraires (Mathieu, XXVII, 1; Marc, XVI, 1-2; Luc, XXIV, 1; Jean XX, 1). Bien que Paul ne la mentionne pas dans la liste de ceux qui ont vu le Ressuscité (I CO, XV, 5-8), Marc, mais surtout Jean, en font le premier témoin de la résurrection du Christ. Accablée par la disparition du corps de Jésus, elle ne le reconnaît pas tout de suite: Elle, pensant qu’il s’agissait d’un jardinier, lui dit: « Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et moi je l’enlèverai. » Jésus lui dit: « Marie! » Se retournant, elle lui dit en hébreu: « Rabbouni! » (ce qui veut dire « Maître »). (Jean, XX, 1-18).
C’est sans doute à cause de cet épisode majeur que l’Eglise a cherché par la suite à donner à Marie de Magdala davantage de poids. Marie-Madeleine n’existe pas, assure Pierre-Emmanuel Dauzat, spécialiste de l’Antiquité chrétienne et auteur de L’invention de Marie-Madeleine (Bayard, 2001). C’est un personnage multiple, né du rapprochement de plusieurs figures féminines des Evangiles. Son acte de naissance date du VIème siècle; il est signé par le pape Grégoire le Grand. Sur le plan théologique, il était en effet tentant d’entretenir la confusion avec une autre Marie, Marie de Béthanie, soeur de Marthe et de Lazare, témoin de la première résurrection attestée dans les Evangiles, celle de son frère (Jean, XI, 1-44), qui annonce celle de Jésus. Dans un autre épisode décrit par Mathieu (XXVI, 6-13), Marc (XIV, 3-9) et Jean (XII, 1-11), elle verse un parfum de grand prix sur la tête et les pieds de Jésus, qu’elle essuie de ses cheveux, prophétisant ainsi la mort prochaine du Christ: Elle l’oint comme on oignait rituellement les morts, note Régis Burnet. Luc attribue quant à lui ce geste d’onction à une pécheresse anonyme (VII, 37-50), deuxième figure assimilée à Marie de Magdala, dont les « sept démons » sont alors interprétés comme les vices. Toutes trois se confondent pour ne former qu’une Marie-Madeleine, archétype de la femme pécheresse et repentie, interlocuteur privilégiée de Jésus, souligne Pierre-Emmanuel Dauzat. Au cours du Moyen Âge, une légende se crée, qui réinvente et tisse tous les épisodes de son histoire. La Vita Eremetica, composée sans doute au IXème siècle par des moines italiens, l’assimile à la figure légendaire de Marie l’Egyptienne, ancienne prostituée convertie, vivant en ermite dans le désert. D’autres vies lui sont prêtées, reprises par Jacques de Voragine (XIIIème siècle) dans sa Légende dorée. L’Église d’Orient la fait mourir à Éphèse, celle d’Occident à Marseille.
Mais le portrait de Marie-Madeleine, brossé notamment par les peintres à partir du XIXème siècle, est celui d’une femme plus ambiguë, libérée et sensuelle. La mythologie qui s’est emparée de ce personnage s’appuie en grande partie sur les textes apocryphes, qui la présentent, dès le IIIème siècle, comme une pécheresse avec laquelle Jésus aurait eu des affinités particulières, note encore Dauzat. Ces textes attestent d’un christianisme plus ouvert aux femmes, comme l’Evangile apocryphe de Marie, dans lequel Marie-Madeleine apparaît en forte opposition à Pierre. Dans l’Evangile de Thomas, rien ne la distingue des autres disciples (logion 114): Simon Pierre leur dit: « Que Mariam (Marie) sorte de parmi nous, car les femmes ne sont pas dignes de la vie. » Jésus dit: « Voici, moi je vais la guider afin de la faire mâle, en sorte qu’elle devienne, elle aussi, un esprit vivant semblable à vous les mâles, car toute femme qui sera mâle entrera dans le royaume des cieux. L’Evangile de Philippe entretient par ailleurs l’ambiguïté quant à sa relation avec Jésus: Le Sauveur l’aimait plus que les autres disciples et l’embrassait sur la bouche souvent. (45).
Icône contestataire des mouvements féministes au XXème siècle, épouse de Jésus dans le fameux Da Vinci Code de Dan Brown, Marie-Madeleine apparaît donc comme une figure composite sur laquelle toutes sortes de discours peuvent être projetés.

« Marie-Madeleine, les multiples aspects de la féminité », un article de Marie Dormoy
(©Le Point, hors série Jésus, décembre/janvier 2009)

 

Alors, pour certains Marie-Madeleine n’existe pas et se trouve être un pur personnage-concept mythifié au fil des âges par une Église en quête d’âmes « perdues » à convertir, tandis que d’autres s’évertuent toujours à localiser le tombeau de cette même Marie-Madeleine qui pourrait se trouver en France et se rattacherait aux découvertes de l’abbé Béranger Saunière dans son église de Rennes-le-Château. Pas facile de démêler tout çà…

Franck.

23 Réponses to “Le mystère Marie-Madeleine”

  1. larocheauxloups Says:

    Marie semble être le personnage clé du Nouveau Testament, allégorie métaphysique à défaut de preuves tangibles. Marie est l’archétype féminin qui fait peur aux Hommes, l’amante et la mère, la prostituée et la mariée. Il est tout de même étonnant que la Femme soit rejetée par les religions du Livre, considérée comme impure, forcément pêcheresse. Parce qu’elle enfante.
    L’évangile de Marie est superbe, à lire et à savourer après celui de Thomas. Beaucoup plus puissant que les évangiles canoniques.
    Objet de tant de fantasmes, Marie est la part féminine à accepter en nous. Quant à trouver son tombeau…
    Nicolas

  2. larocheauxloups Says:

    A noter, les recherches minutieuses et documentées de Catherine Pierdat sur Marie-Madeleine et notamment les dernières parutions dans le Mercure de Gaillon n°5 (c’est dans l’onglet « Curiosités » à gauche de l’écran).

    Franck.

  3. jean-Luc Says:

    Bjr,
    Ce que vous dites, et dont nul n’a jamais fait mystère, est connu depuis toujours. Ci-dessous un article, parmi d’autres, paru en 1999 dans ‘  » le monde des religions » :
    Marie-Madeleine, illustre inconnue des premiers siècles

    Marie-Madeleine ne cesse de fasciner nos contemporains. Pourtant, que connaît-on d’elle ? Quelques versets dans les Evangiles et dans les textes gnostiques qui nous renseignent davantage sur la place des femmes dans le christianisme que sur la sainte elle-même .

    Marie-Madeleine n’est pas née au premier siècle de notre ère, mais le jeudi de la semaine de Pâques 591, au milieu de la basilique Saint-Jean-de-Latran. Prêchant sur l’apparition au tombeau, le pape Grégoire le Grand déclare : « Cette femme que Luc nomme « la pécheresse » et Jean « Marie », nous croyons qu’elle est cette Marie dont Marc atteste que sept démons furent extirpés d’elle » ( Homélies sur l’Evangile, 33). Alors que la chrétienté est à feu et à sang, que le Lombard Agulf s’avance devant les murs de la ville, l’énergique pontife rdt en quête d’une figure de réconciliation. Aussi ratifie-t-il avec empressement l’identification de trois figures évangéliques : Marie de Magdala, Marie de Béthanie et la pécheresse de Luc.
    Il obtient ainsi une belle image : la force du pardon est tellement grande qu’elle transforme le pécheur en ami fidèle de Jésus.

    Les trois Marie des Evangiles

    Les Evangiles, eux, distinguent assez clairement trois figures qui nous donnent de précieux renseignements sur la place des femmes dans le christianisme primitif.

    La première figure est Marie de Magdala. Elle est citée dans les quatre Evangiles parmi les saintes femmes qui se tiennent au pied de la Croix; les trois synoptiques affirment qu’elle assista à la sépulture de Jésus. Tous reconnaissent donc sa fidélité et témoignent que le mouvement de Jésus faisait une part inhabituelle aux femmes. Marie-Madeleine et ses compagnes escortèrent leur rabbi jusqu’au calvaire alors que la majorité des hommes s’étaient enfuis. Aussi sont-elles gratifiées les premières de l’apparition du Ressuscité.
    Luc définit plus précisément la « bande à Madeleine » : il s’agit de femmes aisées ( l’une est même l’épouse de l’intendant -épitropos- d’Hérode ) qui assistent Jésus de leurs biens et qui semblent toutes avoir été guéries de possessions ou de maladies (Luc 8, 1-3 ). Bien qu’on ait longuement glosé sur les « sept démons » qui hantaient la Magdaléenne, la notice ne vise pas à lui donner de statut particulier: elle affirme que les disciples de Jésus survivent grâce au soutien financier de femmes guéries par le Maître. Le groupe apostolique était en quelque sorte « sponsorisé » par des femmes.

    Jean, lui, met en valeur Marie de Magdala par l’épisode près du tombeau (Jean 20, 11-18). La délicatesse psychologique du récit sert à délivrer un enseignement à celui qui en décrypte les symboles. Premièrement, l’horreur, face à la mort et la tristesse de la séparation, abuse le croyant (Marie ne semble pas s’apercevoir qu’elle parle à des anges) et l’emp^che de reconnaître son Seigneur (elle le prend pour le jardinier). Deuxièmement, la relation entre le fidèle et son Dieu est avant tout une relation personnelle (Jésus appelle Marie par son nom et celle-ci lui répond par l’affectueux Rabbouni dont elle avait coutume de le saluer) à l’image des relations terrestres, même si le mode de présence de Jésus au monde a changé ( ce qu’exprime le fameux « Ne me retiens pas ! ». Troisièmement, la Résurrection s’opère bien dans le même corps, puisque Marie reconnaît Jésus. Quatrièmement, le christianisme n’est pas une religion du passé et de la mort : Marie reçoit pour mission d’annoncer la bonne nouvelle, elle n’a plus rien à faire au tombeau. Figure de femme, figure de disciple : Marie de Magdala exprime l’inhabituelle place des femmes aux côtés de Jésus.

    La deuxième figure est Marie de Béthanie.
    Trois Evangiles ( Matthieu 16,6-13; Marc 14, 3-9; Jean 12, 1-11) la présentent comme prophétesse, selon une tradition fermement établie en Israël qui va de Myrial la soeur d’Aaron à Anne (Luc 2,36) en passant par Défora ou par Hulda. En effet, juste avant la dernière Pâque à Jérusalem, elle renoue avec la coutume du geste prophétique. Alors que Jésus est à table, elle brise un vase de parfum sur ses pieds et les essuie de ses cheveux. Aussitôt, le Maître commente ce qu’elle a fait : elle a parfumé par avance son corps pour l’ensevelissement.
    Luc ne présente pas cet épisode – il réserve le geste à la pécheresse- mais confère également à Marie de Béthanie une dimension spirituelle lors de l’épisode de Marthe et Marie ( Luc 10, 38-42). On a traditionnellement lu le texte comme une illustration de la différence entre la vie active et la vie contemlative; on peut y voir aussi le changement d’accent opéré par le discours chrétien. Avec la venue du Christ, Dieu n’a plus l’usage des hérauts ou de porte-paroles, car il se manifeste directement aux hommes: il requiert donc des auditeurs avides de sa parole. Apôtre ou prophétesse, Marie de Béthanie témoigne de la par spirituelle que doivent prendre les femmes dans l’Eglise naissante.

    La troisième figure est celle de la pécheresse pardonnée (Luc 8, 36-50)
    Le troisième Evangile reprend l’épisode de l’onction sur les pieds mais supprime sa résonnance prophétique en faisan de la femme une pécheresse. Le geste devient l’expression d’un pur acte d’amour et de reconnaissance. Le parfum n’est plus le « nard » de Béthanie servant à l’embaumement, il est un parfum de grand prix, l’hommage que l’on rend à Dieu. La pécheresse manifeste dans son geste qu’elle a reconnu en Jésus le Fils de l’Homme : cette reconnaissance annule son péché.
    Personnage sans nom et sans visage ( à peine quelques mèches sur les pieds du Christ), la pécheresse sert de modèle de contrition.

    Place des femmes dans la gnose

    Les Eglises gnostiques accordent elles aussi à Marie-Madeleine une place importante.

    Place des femmes dans la gnose

    Les Eglises gnostiques accordent elles aussi à Marie-Madeleine une place importante. Elle fait partie des apôtres dans l’Evangile de Thomas ou dans la Sophia de Jésus-Christ et semble jouir d’une position d’égalité avec les hommes. Dans la Pistis Sophia, elle est l’interlocuteur privilégiée de Jésus. Un évangélie porte son nom, l’évangile de Marie-Madeleine.

    Paradoxalement, ces mentions nous en apprennent plus sur les Eglises gnostiques que sur Marie-Madeleine : cette dernière est présentée comme un personnage sans épaisseur psychologique, ni particularité biographique. Elle est une pure abstraction, le support de la doctrine gnostique: elle représente la femme. La femme en tant qu’elle s’oppose à l’homme, d’une part; sa présence aux côtés des apôtres exprime sans doute la réalité sociologique des communautés gnostiques, plus ouvertes aux femmes. Aussi, Marie-Madeleine s’oppose-t-elle fréquemment à Pierre : l’apôtre représente le courant majoritaire contre lequel résistent les Eglises gnostiques qui ont fait de Marie-Madeleine leur porte-drapeau. Le femme en tant que pôle féminin d’autre part: avant la christianisation de la gnose, les gnostiques croyaient en l’existence d’un couple primordial et cette dualité passa dans le gnosticisme chrétien. A la complémentarité entre homme et femme lors de la Création répond une complémentarité lors du salut: en couple l’humanité fut créée, en couple et par couple elle sera suavée. Aussi nombre de gnostiques mirent-t-ils en avant un couple salvifique. Les disciples de Simon le Magicien révèrent leur maître en compagnie d’Hélène; d’autres conservent la mémoire du couple Jésus et Marie de Magdala.
    On est donc bien loin d’une question de relations sexuelles (ce qui est d’autant plus absurde que la plupart des gnostiques prônaient une stricte abstinence) !
    En dehors de ces éléments, nous ne savons pratiquement rien. Le culte de Marie-Madeleine est tardif. Grégoire de Tours affirme au 6ème siècle que l’on honorait son tombeau à Ephèse et il faut attendre Bède le Vénérable pour trouver la première mention d’une fête liturgique. Les premières attestations de sa légende remontent au 9ème siècle. Marie-Madeleine tient bien tout entière dans les figures textuelles féminines des premiers siècles.

    Régis Brunet (Ancien élève de l’Ecole normale supérieure, docteur de l’Ecole pratique des hautes études (sciences religieuses), enseignant à l’Institut universitaire de technologie de Montreuil (Paris VIII)

    • larocheauxloups Says:

      Je ne connais pas de catholiques qui mettent en doute l’existence de Marie Madeleine, de même que les fidèles d’autres religions ou simples athées. A part les protestants qui ne lui reconnaissent aucune valeur et quelques intellectuels, le personnage de Marie est central depuis la déclaration de son Immaculée Conception au 19°.

      Merci pour cet article succinct et intéressant du Monde des Religions, toujours à la pointe des recherches sur le fait religieux.
      Nicolas

  4. jean-Luc Says:

    Rebonjour !

    Vous savez, je suis catholique.

    Et dans le Nouveau Testament, si à plusieurs reprises on parle de Marie-Madeleine ( notamment dans « Marc » et dans « Jean » ), il faut savoir que jamais elle n’est identifiée avec la femme adultère ( qui est anonyme), ni avec la pécheresse ( qui est anonyme également ), ni avec une prostituée ( toujours anonyme ).
    D’ailleurs, comme dirait La Palisse, si elles sont anonymes, elles n’ont pas de nom, elles ne sont pas Marie-Madeleine !
    Cette dernière a un rôle primordial dans les Evangiles puisqu’elle est le premier témoin de la Résurrection du Christ, « l’apôtre des apôtres ». Et c’est là son titre de gloire.

    Le Nouveau Testament n’est pas misogyne : il cite bien des noms de femmes ( Marie, Hérodiate, Salomé, Marie-Madeleine, Julie, Nérée, Marthe, Eunice, Dorcas et bien d’autres ) . Si Marie-Madeleine avait été prostituée, le NT l’aurait dit.
    D’ailleurs, même dans le Premier Testament, il y a plusieurs prostituées. Le Nouveau Testament comme le Premier Testament parle librement des prostituées.
    Par ailleurs, si Marie-Madeleine avait été l’épouse du Christ, le NT le dirait : imaginez un peu quel aurait été son prestige ou celui de ses descendants dans les premières communautés chrétiennes ! Alors que l’on sent très bien que la proche famille de Jésus jouissait d’un grand prestige ( par exemple Jacques, le « frère du Seigneur » )

    Un mot aussi pour dire que si l’Eglise catholique ne rend pas un culte particulier à Marie-Madeleine ( sans l’occulter : l’église la plus proche de chez moi est dédiée à Marie-Madeleine ), elle nen rend pas davantage à Marthe, Nérée ou Zachée!
    Les saints les plus souvent cités sont bien évidemment Paul – probablement le plus grand des apôtres – et Pierre, ainsi que les évangélistes.
    Quant aux Eglises protestantes, elles appliquent à la lettre les préceptes des deux Testaments : seul Dieu est saint, donc pas question de vénérer quelque saint que ce soit.

    Si vous voulez voir des « vénérations » qui ressemblent à de l’adoration (!) des saints, c’est plutôt dans les Eglises orthodoxes que vous les trouverez.

    • larocheauxloups Says:

      J’ai suivi le catéchisme dans ma jeunesse, à aucun moment on ne m’a parlé de plusieurs Marie, anonymes ou pas. Le culte de Marie Madeleine est puissant, et amplifié dernièrement à cause de l’absurde Da Vinci Code qui détourne l’attention en provoquant facilement. Je n’ai jamais compris le personnage de Marie Madeleine comme un symbole, elle est bien présente dans les évangiles canoniques et dans la psyché collective catholique. De plus, il est facile de confondre Marie mère de Jésus et les autres Marie, celles qui découvrent le tombeau vide, celle qui essuie les pieds de Jésus avec ses cheveux, la soeur de Lazare… Si les traductions françaises étaient correctes, on devrait d’ailleurs dire Myriam ou Mariam pour mieux s’y retrouver.

      Le nouveau testament n’est pas misogyne, mais le fait de citer des prénoms féminins ne prouve rien. L’Eglise catholique par contre est misogyne, en déniant le droit aux femmes de maîtriser leur corps par l’avortement et le préservatif, et par le refus de les ordonner « prêtres ».

      Le premier testament, on dit Ancien Testament, n’est pas le fondement de la doctrine catholique, il ne faut pas tout mélanger. L’Ancien Testament se veut le livre d’histoire du peuple juif dont est issu Jésus. Les témoignages de sa vie sont le Nouveau Testament. Selon les traductions et les exégèses, le sens des mots diffère de toute façon, on peut faire dire ce que l’on veut aux évangiles. Nulle part il n’est dit que Jacques est le frère de Jésus, c’est une tradition ésotérique, tout comme Thomas Didyme le jumeau du Christ qui aurait pris sa place sur la Croix. Le Nouveau Testament a été façonné par le courant majoritaire des premiers temps mené par Paul qui y a mis ce qu’il a bien voulu, pour mythifier le personnage du rabbi Jésus. Et ce n’est qu’au 4° siècle que les 4 évangiles canoniques sont définitivement validés, rejetant tous les évangiles apocryphes, trop ésotérique. Précision : Paul n’est pas un apôtre, il n’a pas connu Jésus.

      Un débat difficile tant il est compliqué de s’y retrouver dans les personnages du NT, et leur signification. Mais un débat passionnant.
      Nicolas

      En ce qui concerne l’adoration, faites un tour à Lourdes ou Fatima. La Vierge Marie y est vénérée 24h/24.

  5. jean-Luc Says:

    – Marie-Madeleine ( Marie de Magdala, soeur de Lazare et de Marthe ) a bien existé.
    MAIS elle ne peut pas être la prostituée ( anonyme ! ) ni la femme adultère ( anonyme! ) ni la pécheresse repentie ( anonyme ! ) . Car, enfin, si ces femmes n’étaient pas anonymes, elles auraient un nom : CQFD !
    Marie-Madeleine est celle que le Christ a délivré de  » 7 démons » ( Luc, 8-2 )
    Elle est le premier témoin de la Résurrection du Christ ( Marc 16-1, Matthieu 28-1, Luc 28-10, Jean 20-1 ), ce qui est énorme mais strictement rien ne dit qu’elle eut des relations intimes, sexuelles avec le Christ et encore moins qu’ils furent mariés.

    – Plusieurs Marie suivaient Jésus ( à l’époque, il y avait très peu de prénoms, et celui de Marie était très courant ) . On peut citer  » Marie, mère de Jésus), Marie -Madeleine, Marie de Salomé .

    – D’une manière générale, on préfère dire  » le Premier Testament » actuellement que  » l’Ancien Testament », ceci pour rappeler l’héritage juid du christianisme ( « Les juifs sont nos frères aînés dans la foi en Dieu, les bénéficiaires de la Première Alliance » a dit à peu près Karol Wojtila-Jean-Paul II

    – On ne peut pas faire ce que l’on veut aux textes : il existe des traductions extrèmement fidèles, bien que d’aspect rugueux et peu littéraire. Mais ce qui compte, c’est la fidélité aux textes originaux grecs ! Je vous conseille – elle existe en ligne – la traduction d’André Chouraqui ( je vous rassure : il n’était pas catholique 😉 )

    – Jacques est bien le « frère du Seigneur » et non  » le cousin » : c’est repris dans les canoniques ( par exemple Marc 6-3, Matthieu 13-55, et certaines allusions très nettes de la part de saint Paul dans ses Lettres et de saint Luc dans les Actes des Apôtres )

    – Pour un chrétien, Paul est bel et bien un apôtre, et même le plus grand des apôtres ! Bien qu’il n’ait ps connu Jésus, il fit plus pour la diffusion de son message – après sa révélation sur le chemin de Damas et les 14 années qu’il passa à Antioche avec les apôtres qui connurent effectivement Jésus . Il est l’Apôtre des Gentils et sans lui, le christianisme aurait disparu depuis bien longtemps.

    – Je ne sais pas pourquoi vous citez expressément l’Eglise catholique en exemple de misogynie : à ma connaissance, les protestants évangéliques ( 500 millions de croyants tout de même ), les autres protestants, les 300 millions d’orthodoxes et les 100 millions d’anglicans ne sont pas, loin s’en faut, davantage favorable à l’avortement que l’Eglise catholique !!
    Et si les anglicans admettent que les femmes puissent être pasteurs,les protestants évangéliques voudraient bien que leurs épouses retournent à leurs casseroles. Tandis que l’Eglise catholique fait énormément appel à des laïques pour aider les prêtres dans la catéchèse ou assimilé, et la majorité de ces laïques sont des femmes.

    – Et pour finir, voici les dates de rédaction des livres du Nouveau Testament ( livres qui n’avaient pas, à l’origine, vocation à être réunis ensemble dans un ensemble appelé : Nouveau Testament )

    Les dates proposées ci -dessous sont tirées de l’ouvrage collectif « Introduction au Nouveau Testament » publié par les éditions Labor et Fides ( 3ème édition, octobre 2004 ) sous la direction de Daniel Marguerat .
    Les spécialistes insistent aujourd’hui sur la difficulté à établir une datation précise, sauf pour les principales lettres de Paul, rédigées incontestablement de sa main, et donc plus faciles à situer dans un contexte historique.
    Si les débats se poursuivent, pour « resserrer » l’intervalle de temps établi, cet ordre chronologique relatif d’apparition des textes les uns par rapport aux autres est désormais admis par la majorité des chercheurs .

    – 50-51 : Paul écrit la première épître aux Thessaloniciens
    – 52-54 : Première épître de Paul aux Corinthiens , Epître aux Philippiens, epître à Philémon
    – 53-55 : Epître aux Colossiens ( ou 70-80 ) attribuée à un disciple de Paul
    – 54-57 : Deuxième épître de Paul aux Corinthiens, suivie de son épître aux Galates.
    – 56-57 : Epître de Paul aux Romains

    Fin des années 50- début des années 60 : Epître de Jacques, attribuée à un chrétien d’origine païenne de la seconde ou troisième génération

    – 60-90 : Lettre aux Hébreux, auteur anonyme

    – 66-69 : Evangile canonique selon Marc

    -70-90 : Première Lettre de Pierre, attribuée à un judéo-chrétien de la communauté de Rome

    -70-100 : Deuxième Epître aux Thessaloniciens, attribuée à l’école paulinienne

    – 80 – 83 : Evangile selon Luc
    -80-90 : Actes des Apôtres, attribués à un disciple de Paul, également auteur de l’Evangile selon Luc.

    – 80-100 : Epître aux Ephésiens, attribuée à l’école paulinienne

    – 85-100 : Evangile selon Jean ( à noter que plusieurs fractions de cet Evangile composite sont antérieures, et dateraient des années 50 )

    – 89-96 : Apocalypse de Jean ( sous le règne de Domitien, mais certains auteurs pensent que certains chapitres sont antérieurs et datent du temps de Néron )

    – 100 : Evangile selon Matthieu ( mais il y a eu un « Matthieu » araméen plus précoce )

    – 100 : Les épîtres pastorales ( Timothée 1 et 2 , Tite ) attribuées à l’école paulinienne .

    – 100 – 110 : Première Lettre de Jean, attribuée à l’école johanique
    – 110 : Deuxième et troisième lettres de Jean, attribuées à l’école johanique

    – 125 – 130 : Deuxième Lettre de Pierre, attribuée à un auteur judéo-chrétien hellénistique

    Ces textes nous sont parvenus en grec, bien évidemment, mais il semble que certains passages de l’Evangile selon Matthieu aient été écrits en araméen.
    Les dates qui sont mentionnées correspondent aux dates les plus tardives possible, mais il est évident que certains passages de l’Apocalypse ou de l’Evangile selon saint Jean ont été écrits plus tôt.

    Il semble que Marc ait été témoin visuel de l’arrestation de Jésus. Il fut un disciple de Pierre et un compagnon de mission de Paul.
    Luc fut un compagnon de mission de Paul

    Le « retournement » – le chemin de Damas -de Saül-Paul est bien connu. De persécuteur des adeptes du Christ qu’il était, il en vint à en être le plus fervent zélateur.
    Et s’il ne connut pas le Christ pendant le ministère de celui-ci, il connut très bien de nombreux disciples de Jésus . Les relations qu’il eut avec Jacques ( le frère du Seigneur ) , Pierre et Philippe furent souvent tendues !

    • larocheauxloups Says:

      Je précise bien : dans les croyances populaires il existe plusieurs Marie liées au personnage de Jésus. Il n’existe aucune preuve historique de la réalité de Jésus et de Marie de Magdala. Le fantasme de Marie Madeleine femme de Jésus est ancien, mais connu du grand public que récemment. Nulle part effectivement il n’est dit dans le NT que Jésus et MM sont mari et femme. Les passages où Jacques est cité comme frère de Jésus ainsi que plusieurs autres frères et soeurs est très étonnant, symptomatique du fossé existant entre les écritures saintes et la foule de croyants. Je me demande quelle serait la réaction d’un curé face à ces passages très explicites. Finalement, la question est bien de savoir ce que dit le NT par rapport aux croyances populaires. Le débat est de fond, car les théologiens suivent des études poussées, tout comme les intellectuels et historiens, et vous aussi apparemment, mais nous, foule de croyants ou simples observateurs, sommes bien peu au courant de qui est vraiment écrit. Je n’ai JAMAIS appris au catéchisme que Jésus et JAcques sont nommément considérés comme frère par 2 évangiles. Fiondamental pourtant, quand bien même ce sont des demi-frères.

      Et c’est là que l’on fait dire ce que l’on veut aux textes : dans le contexte de l’époque le sens des mots « frère » et « soeur » est-il différent du nôtre ? Considère-t-on les cousins come frères et soeurs ? La manipulation est aisée pour justifier une ligne idéologique. La version de Chouraqui est fabuleuse, bien meilleure que les bibles catholiques « officielles ». Mais peu connue également en dehors d’un cercle restreint d’initiés.

      Pour la misogynie des religions, je m’en prend au catholicisme car j’en viens par l’éducation, et ce sont les paroles les plus médiatiques parmi les chrétiens. Le pape actuel et le précédent n’ont pas fait montre de tolérance envers les femmes, sauf quand cela les arrange (servir les offices dans une paroisse en manque de prêtre par exemple). Globalement, la femme n’est pas bien accueillie dans le fonctionnement des grandes religions à part comme mères.

      Paul se considère comme un apôtre dans un lettre aux Galates, apôtre désignant un témoin de la résurrection du Christ. Son auto-attribution de ce terme est abusive, il a simplement retourné sa veste pour se mettre au service d’une spiritualité qu’il fonde de toutes pièces à partir du personnage de Jésus pour en faire une église puissante. Je n’ai aucune sympathie pour Paul, contrairement aux 12 apôtres et au personnage central de Jésus, qui apporte beaucoup de fraîcheur dans le NT par ses actes et ses paroles. Paul est un opportuniste qui a l’instinct du moment et suit la voie facile. Il a combattu les voies de Pierre et Jacques pour imposer la mythologie de la résurrection physique, qui est le pire apport du NT à mon sens.

      Merci pour ces précisions historiques. Je n’ai jamais entendu le terme de Premier Testament, mais je ne suis pas théologien.

      Nicolas

  6. jean-Luc Says:

    Re bonjour,
    Vous savez, la théorie « mythologue » sur Jésus a fait long feu. Son dernier avatar fut le traité d’athéologie de Michel Onfray, tissu d’erreurs historiques ( je connais très bien l’histoire de l’Antiquité tardive et – un peu moins, mais quand même assez bien – celle du « tournant  » de notre ère, en Occident et au Moyen-Orient tout au moins ( je ne parle pas de l’Asie ou d’autres régions du monde )
    Bien des écrivains latins parlent du christianisme ( Pline le Jeune par exemple ) et à moins de croire à la génération spontanée, on est bien forcé de croire en la personne historique de Jésus. Flavius Josèphe en parle, dans  » la guerre des juifs » écrite vers 85 : on a voulu faire du passage incriminé un ajout postérieur ( une glose ), mais bien des érudits ( tel Daniel Marguerat déjà cité – je vous rassure : il n’est pas catholique 😉 ) sont parfaitement capables de restituer le texte original débarrassé des ajouts éventuels postérieurs, et la conclusion est que Josèphe parle bien de Jésus ( sans en faire la troisième Personne de la Trinité ! Josèphe est un juif ) . D’ailleurs, le même Josèphe parle aussi de Jean le Baptiste et là, bizarrement (?) personne ne prétend que ce passage est un faux !
    Oui, Jésus a bien existé. Il est extrêmement facile de « négationner » tel ou tel évènement historique, tel ou tel personnage historique. Certains s’y sont essayés et le résultat – que je pourrais vous communiquer si vous le voulez – est étonnant . On peut « prouver », avec mille preuves à l’appui, que le Débarquement allié du 6 juin 1944 sur les plages normandes n’a jamais existé, que Napoléon Ier n’a jamais existé et qu’il n’est qu’un mythe, que….Alain Delon ( ! ) n’existe pas et est également un mythe, que Louis XIV ( le roi-soleil) n’est qu’un avatar mythique de Phoebus qui conduisait le char du soleil, etc… Et cela, je vous le répète, avec les démonstrations impeccables d’historiens, les preuves archéologiques irréfutables, les citations de contemporains..C’est étonnant de véracité .

    Alors, dire qu’on n’est pas sûr de l’existence de Jésus, c’est aussi sérieux que de dire que l’on n’est pas sûr de l’existence de Vercingétorix ( seul Jules César en parle), que l’on n’est pas sûr de l’existence de Socrate ( il n’y a à peu près que Platon qui en parle, et les écrits de Platon nous sont parvenus des siècles ( 7 siècles, je crois ) après sa disparition .

    – les différents livres du NT nous sont parvenus en grec, et en grec, « frère » et « cousin » ne sont pas le même mot . Ce que je vous ai écrit, un prêtre catholique ne le renierait pas : Marie mère de Jésus fut vierge jusqu’à la naissance de Jésus, mais il n’est dit nulle part qu’elle le resta toute sa vie !

    – la foi chrétienne, c’est comme le reste de l’instruction générale : ça ne se limite pas à l’école ( on apprend toute sa vie ) , donc ça ne se limite pas au catéchisme ( saint Paul dira : lorsque j’étais enfant, je croyais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Aujourd’hui que je suis adulte, je crois comme un adulte, je raisonne comme un adulte .) Je ne veux pas froisser qui que ce soit, mais je suis toujours surpris de voir que certaines personnes parlent du Christ alors qu’ils n’ont même pas lu le N.T ( un peu comme si je voulais parler de la seconde guerre mondiale que je n’ai pas connue en me référant uniquement aux souvenirs de mon grand-père ! )

    – Vous en revenez au mot « catholique » : il n’y a pas de bibles « catholiques » ou de « bibles « protestantes » ou de bibles « orthodoxes » ( tout au moins en ce qui concerne le NT ) : la Bible de Jérusalem, la Bible de Louis Segond, la Bible du chanoine Osty (je prends les plus connues ) peuvent aussi bien servir aux orthodoxes, aux anglicans, aux protestants, aux coptes, aux catholiques : toutes ces confessions chrétiennes acceptent les mêmes textes du N.T. Toutes ces versions sont en ligne.
    La seule qui présente des différences notables est celle d’un mouvement marginal, les Témoins de Jéhovah, qui, contrairement à celles que je viens de citer et qui sont traduites directement des plus anciens textes grecs, araméens ou hébreux, est traduite de ……l’anglais ! ( il s’agit de  » la Bible du Nouveau Monde » , traduite de plus par des traducteurs anonymes)
    La différence entre Protestants, Catholiques et Orthodoxes porte sur l’Ancien Testament : généralement, les Protestants n’acceptent pas comme « canoniques » les quelques livres écrits en grec et qu’on appelle « deutérocanoniques » ( il n’acceptent que les livres écrits en hébreu, et excluent donc quelques livres – assez peu significatifs – tels « Tobie », « Judith », « Esther », »Machabées », »Sagesse », « Sirac et  » Baruch »)
    Mais catholiques, protestants, anglicans et orthodoxes s’entendent sur les Livres les plus importants de l’Ancien Testament ( Pentateuque, Psaumes, Prophètes)

    – Enfin, pour terminer, je répète que, sans Paul – qui fut le premier à écrire – il n’y aurait plus de christianisme ( notre christianisme est « paulinien » ) et que la croyance en la Résurrection du Christ ( répétée dans chacun des Evangiles, dans l’Apocalypse et dans toutes les Epîtres ) est une croyance commune à chacune des confessions chrétiennes et qu’elle est l’évènement fondateur du christianisme. Vous pouvez supprimer la naissance d’une mère vierge, vous pouvez supprimer l’Ascencion, vous pouvez supprimer tous les signes (« miracles ») du NT : le christianisme : ça ne serait pas gravissimme. Mais si vous supprimez la croyance en la Résurrection du Christ, vous supprimez le christianisme !
    Si on retrouvait un jour le squelette de Jésus ( prouvant par là qu’il n’est pas ressuscité ), le christianisme disparaîtrait immédiatement !

    Comme le dit encore Paul ( aux Corinthiens ) :  » Si vous ne croyez pas que Christ est ressuscité, vous êtes les plus malheureux des hommes, votre croyance est vaine , vaine votre prédication »

    • larocheauxloups Says:

      Rien n’est sûr en Histoire donc, les considérations des sources évoluent. Si une ligne de Pline le jeune suffit à accréditer l’existence du personnage de Jésus… que je considère pour ma part comme un composite, une création à partir de plusieurs personnes. Et je doute de Vercingétorix, ainsi que de Charlemagne avec les récentistes. Il est très facile de refaire l’Histoire au gré des besoins, je suis tout à fait d’accord. Quelle est la consistance de notre passé ? Napoléon est-il un génie ou un sombre va-t-en guerre ? Socrate n’est qu’un nom mais posé sur ldes textes géniaux. Peu importe les personnes, les écrits restent, tout comme les idées, les systèmes de pensée… Ce qui me gêne est la mythification d’un personnage « historique », quel qu’il soit.

      Les livres du NT sont écrits en grec à l’origine, langue précise, mais certains érudits parlent d’une traduction en grec d’un récit écrit en araméen pour certains livres, bien plus que certains passages. Et on fait dire ce que l’on veut aux textes, par insinuation ou double sens. Tout prêtre catholique n’admettra pas que Jésus avait des frères et soeurs. Ma culture fait que je l’ai su jeune, mais autour de moi personne ne sait ça. Je n’ai rien contre le catholicisme en soi, c’est une belle spiritualité, mais ses institutions sont sclérosés, comme les autres religions. L’éducation se fait mal, plongeant la masse de croyants dans une superficialité qu’elle n’approfondira pas. L’éducation est la base de la civilisation, mais elle est liée à une curiosité d’esprit, une envie d’apprendre et découvrir. Tout le monde n’a pas cette envie.
      Nicolas

  7. jean-Luc Says:

    Bien sûr, vous avez raison et je vous l’ai dit : la culture ne s’arrête pas à la scolarité ( ou au caté ) : c’est toute notre vie qu’il faut nous cultiver, approfondir nos connaissances – profanes, philosophiques ou religieuses.

    Le Nouveau Testament n’est pas très épais, en fait, il est assez vite lu.
    Je voudrais tout de même dire qu’il n’y a que dans l’Evangile de Matthieu qu’il y a des des passages en araméen : tout les autres textes sont en grec. Vous parlez peut-être l’anglais. Parce que c’est, en quelque sorte, la langue internationale de notre époque. Eh bien, le grec était l’équivalent de l’anglais au tournant de notre ère. Même les Romains cultivés s’exprimaient en grec. La culture grecque avait à cette époque un énorme prestige. Et on ne voit pas pourquoi un Paul ( né à Tarse, ville de langue grecque ), ou un Luc ( juif de la diaspora où le grec était la langue la plus commune ) se seraient exprimés autrement qu’en grec.
    Le cas de Marc – porte-parole de Pierre ( on pense que les deux Lettres dites de Pierre sont de sa plume ) et auteur du plus ancien évangile, est flagrant : c’est un auteur dont la langue maternelle n’est pas le grec et ça se sent dans ses maladresses de grammaire, de style.
    L’origine de l’Evangile selon Matthieu, vous la trouverez dans  » valeur heuristique de l’hypothèse du diacre Philippe ».
    Et l’Evangile selon Jean, ainsi que les Lettres de Jean et le livre de la Révélation ( l’Apocalypse ) ont été écrits en grec.

    – il n’y a pas qu’une ligne de Pline le Jeune, mais toute une lettre adressée à Trajan, par laquelle il lui demande quelle conduite adopter envers les disciples de Christ !

    – les différents livres du NT sont autant de livres séparés : au départ, ils n’avaient aucune vocation à être réunis et il faut les regarder comme autant de livres séparés. Par exemple, il est flagrant de constater que l’Apocalypse s’oppose aux Lettres de Paul ( l’Apocalypse s’oppose au fait que Paul prétend que le Christ est venu sauver TOUTE l’humanité, et rechigne à voir que les tabous alimentaires ont été supprimés pour les chrétiens venus du paganisme ). Ou encore, « Jacques » s’oppose aussi àla doctrine paulinienne ( Paul dit que l’on est sauvé uniquement par la foi en Christ, laquelle est un don de Dieu, tandis que Jacques insiste sur les oeuvres )
    C’est nous, avec le recul du temps, qui voulons voir le NT comme un ensemble ! J’en profite pour faire remarquer que le christianisme n’a jamais voulu « gommer » les différences évidentes, les contradictions même, qu’il y a entre ces différents livres.

    Mais, je le répète, TOUS insistent sur le fait que le Christ est ressuscité.

    P.S : Un jour, je vous enverrai ce que je vous ai dit : un texte prouvant de manière irréfutable que Napoléon Bonaparte n’a JAMAIS existé ( j’espère qu’il y aura assez de place sur ce fil, car vraiment les preuves sont nombreuses ) 😉

    Allez, bonne soirée !

    • larocheauxloups Says:

      Merci pour les précisions que vous apportez. Mon avis sur le personnage de Jésus et le christianisme est forcément teinté par mon expérience personnelle. J’apprécie le message du Christ par ce qu’il développe les spiritualités orientales, je ne cautionne pas du tout l’aspect salvateur de la résurrection, que Jésus n’a jamais prophétisé. Si le catholicisme est basé sur cette promesse, il est caduque pour moi. Il s’agit de vivre sa vie ici et maintenant sans attendre de revivre dans un monde meilleur à la fin des temps. Paul est le fondateur du christianisme, combattant plusieurs courants de pensée ainsi que ses successeurs pour arriver à l’Eglise chrétienne elle aussi divisée en courants de pensée. Je n’aime pas son personnage revanchard, adulé par la chrétienté.

      Le NT n’est pas à prendre au pied de la lettre, tout comme l’Ancien, sinon on croit que la Terre a été créée il y a 6 000 ans et qu’il faut lapider la femme adultère. Le NT est une parabole spirituelle à plusieurs niveaux dont il fait extraire soi-même la « substantifique moelle » qui nourrit notre esprit. Pline le Jeune parle des disciples du Christ, pas du Christ lui-même donc, il est facile de s’affubler d’une étiquette, comme les sectes des Témoins de Jéhova ou des Mormans. Finalement, nous n’avons pas de preuves non plus de l’existence de Mohammed ou du Bouddha Gautama, mais leurs spiritualités sont belles quand elles permettent à l’être humain d’évoluer et non de diviser.

      Je constate tout de même un fossé culturel entre les érudits et le grand public concernant la Bible (dont il existe plusieurs versions utilisées par différentes communautés, la Bible de Jérusalem, la Bible de Washington, la nouvelle traduction de Gallimard…). Je connais la 2° Guerre Mondiale par l’école, puis par des lectures ou des films. Je n’ai pas pour autant lu les mémoires de De Gaulle, Patton ou Churchill, ni tous les livres écrits dessus. Mais je connais cet évènement dans ses grandes lignes. Une théorie folle avance que Pearl Harbor a été fomenté par les services secrets US pour forcer la main à Roosevelt, voire que Roosevelt était au courant. Vrai ou faux ?
      Idem pour le NT. Il existe des détails troublants écrits dans le NT, mais les croyances populaires ne les admettent pas, ne les connaissent même pas. C’est le point que je voulais soulever. Et ce ne sont que des détails. L’essentiel réside dans l’assimilation par soi d’une doctrine religieuse et philosophique que l’on accepte ou rejette par convictions personnelles. La stature historique de Jésus n’est qu’épiphénomène.

      Jeanne d’Arc a-t-elle existé comme le veut la mythologie populaire ? Rien n’est moins sûr, elle serait un agent au service de la couronne française, parfaitement formée à la guerre d’après un livre récent. Mais la croyance populaire du personnage est forte. Saint Louis est-il vraiment un saint ? Apparemment plus un chef de guerre qu’un saint au vrai sens du terme. Jules César est un mythe populaire aussi, mais il a détruit la démocratie romaine pour asseoir une dictature impériale qui a vite périclité. L’Histoire façonne des héros, des mythes qui deviennent populaires en simplifiant. L’Histoire est multiple et différente selon les points de vue, toujours écrite par le gagnant, au détriment du perdant. En France, les frères Lumière ont inventé le cinéma, aux USA, c’est Edison. Point de vue culturel. Napoléon est un génie, il a apporté beaucoup de choses à la France dont le Code Civil et l’égyptologie, mais a ruiné le pays en guerres incessantes. Et son tombeau aux Invalides ne renferme peut-être pas son corps. Mythologie populaire. Au final, la réalité est multiple elle aussi, le regard de chacun est différent sur les évènements vécus. Tout est relatif dans notre monde.

      Je suis curieux de lire le texte dont vous parlez à propos de Napoléon. Souhaitez-vous participer à ce blog en écrivant des articles ?

      Nicolas

  8. jean-Luc Says:

    Jésus a prophétisé plusieurs fois sa résurrection !
    Les 4 évangiles, saint Jacques et saint Paul dans les 7 Epîtres qu’il écrivit lui-même, les auteurs des 6 Epîtres dites pauliniennes, l’auteur anonyme de l’Epître aux Hébreux le relatent amplement !

    Vous pouvez le vérifier : il suffit de lire le NT, quelle que soit d’ailleurs la traduction que vous préférez.
    Je vais rechercher dans mes archives personnelles, et vous transmets dès que possible les preuves que Napoléon Bonaparte ( Napoléon Ier ) est un mythe.

    Et encore une fois, je ne sais pas pourquoi vous vous focalisez sur le catholicisme seule, à l’exclusion des autres confessions chrétiennes (?) puisque TOUTES les confessions chrétiennes ( je dis bien  » TOUTES » ) sont d’accord sur le dogme fondateur du christianisme qui est la Résurrection du Christ, le matin de Pâques .
    Au fait, vous ignorez peut-être que saint Paul est bien plus lu chez les Protestants que chez les catholiques ? D’ailleurs, jusqu’au Concile Vatican 2, saint Paul était surnommé  » le saint des Protestants » !

    Bon, je vais rechercher Napoléon Ier 😉

    • larocheauxloups Says:

      Pour MOI, la résurrection est un apport de Paul à la pensée de l’entité Jésus introduite dans les livres officiels de l’Eglise naissante. Avis personnel s’il en est. Il est facile de modifier un texte. Je ne me focalise pas sur la catholicisme dans mes derniers commentaires, j’englobe la chrétienté, que je ne méprise pas non plus. Les religions sont belles dans leurs intentions spirituelles. Le bouddhisme promet la réincarnation, pourquoi pas la résurrection. Chacun croit ce qu’il lui plaît. Ce qui me gêne encore une fois est la mythification de personnes. Le monde actuel calcule sont temps d’après la naissance de Jésus, elle-même sujette à caution sur la date et l’année. Pourquoi pas Socrate ?
      Nicolas

  9. jean-Luc Says:

    Ca n’a pas été long : je suis plus ordonné ue je ne le croyais 😉

    LIRE L’AVERTISSEMENT

    ——————————————————————————–

    COMME QUOI

    NAPOLÉON
    N’A JAMAIS EXISTÉ
    ou
    GRAND ERRATUM
    SOURCE D UN NOMBRE INFINI D’ERRATA
    à noter dans l’histoire du XIXe siècle

    PAR

    M. J.-B. PÉRES, A. O. A. M.

    Bibliothécaire de la ville d’Agen.

    ——

    Publié pour la première fois en 1827

    ——————————————————————————–

    Napoléon Bonaparte, dont on a dit et écrit tant de choses, n’a pas même existé. Ce n’est qu’un personnage allégorique. C’est le soleil personnifié; et notre assertion sera prouvée si nous faisons voir que tout ce qu’on publie de Napoléon-le-Grand est emprunté du grand astre.

    Voyons donc sommairement ce qu’on nous dit de cet homme merveilleux.

    On nous dit:

    Qu’il s’appelait Napoléon Bonaparte;

    Qu’il était né dans une île de la Méditerranée;

    Que sa mère se nommait Letitia;

    Qu’il avait trois soeurs et quatre frères, dont trois furent rois;

    Qu’il eut deux femmes, dont une lui donna un fils;

    Qu’il mit fin à une grande révolution;

    Qu’il avait sous lui seize maréchaux de son empire, dont douze étaient en activité de service;

    Qu’il triompha dans le Midi, et qu’il succomba dans le Nord

    Qu’enfin, après un règne de douze ans, qu’il avait commencé en venant de l’Orient, il s’en alla disparaître dans les mers occidentales.

    Reste donc à savoir si ces différentes particularités sont empruntées du soleil, et nous espérons que quiconque lira cet écrit en sera convaincu.

    Et d’abord, tout le monde sait que le soleil est nommé Apollon par les poètes; or la différence entre Apollon et Napoléon n’est pas grande, et elle paraîtra encore bien moindre si on remonte à la signification de ces noms ou à leur origine.

    Il est constant que le mot Apollon signifie exterminateur: et il parait que ce nom fut donné au soleil par les Grecs, à cause du mal qu’il leur fit devant Troie où une partie de leur armée périt par les chaleurs excessives et par la contagion qui en résulta, lors de l’outrage fait par Agamemnon à Chrysès, prêtre du Soleil, comme on le voit au commencement de l’Iliade d’Homère; et la brillante imagination des poètes grecs transforma les rayons de l’astre en flèches enflammées que le dieu irrité lançait de toutes parts, et qui auraient tout exterminé si, pour apaiser sa colère, on n’eût rendu la liberté à Chryséis, fille du sacrificateur Chrysès.

    C’est vraisemblablement alors et pour cette raison que le soleil fut nommé Apollon. Mais, quelle que soit la circonstance ou la cause gui a fait donner à cet astre un tel nom, il est certain qu’il veut dire exterminateur.

    Or Apollon est le même mot qu’Apoléon. Ils dérivent de Apollyô, ou Apoléô, deux verbes grecs qui n’en font qu’un, et qui signifient perdre, tuer, exterminer. De sorte que, si le prétendu héros de notre siècle s’appelait Apoléon, il aurait le même nom que le soleil et il remplirait d’ailleurs toute la signification de ce nom; car on nous le dépeint comme le plus grand exterminateur d’hommes qui ait jamais existé. Mais ce personnage est nommé Napoléon et conséquemment il y a dans son nom une lettre initiale qui n’est pas dans le nom du soleil. Oui. il y a une lettre de plus, et même une syllabe; car, suivant les inscriptions qu’on a gravées de toutes parts dans la capitale, le vrai nom de ce prétendu héros était Néapoléon ou Néapolion. C’est ce que l’on voit notamment sur la colonne de la place Vendôme.

    Or, cette syllabe de plus n’y met aucune différence. Cette syllabe est grecque, sans doute, comme le reste du nom, et, en grec, né, ou nai , est une des plus grandes affirmations, que nous pouvons rendre par le mot véritablement. D’où il suit que Napoléon signifie: véritable exterminateur, véritable Apollon. C’est donc véritablement le soleil.

    Mais que dire de son autre nom? Quel rapport le mot Bonaparte peut-il avoir avec l’astre du jour ? On ne le voit point d’abord; mais on comprend au moins que, comme bona parte signifie bonne partie, il s’agit sans doute là de quelque chose qui a deux parties l’une bonne et l’autre mauvaise; de quelque chose qui, en outre, se rapporte au soleil Napoléon. Or rien ne se rapporte plus directement au soleil que les effets de sa révolution diurne, et ces effets sont le jour et la nuit, la lumière et les ténèbres, la lumière que sa présence produit, et les ténèbres qui prévalent dans son absence; c’est une allégorie empruntée des Perses. C’est l’empire d’Oromaze et celui d’Arimane, l’empire de la lumière et des ténèbres, l’empire des bons et des mauvais génies. Et c’est à ces derniers c’est aux génies du mal et des ténèbres que l’on dévouait autrefois par cette expression imprécatoire: Abi in malam partem. Et si par mala parte on entendait les ténèbres, nul doute que par bona parte on ne doive entendre la lumière; c’est le jour, par opposition à la nuit. Ainsi on ne saurait douter que ce nom n’ait des rapports avec le soleil, surtout quand on le voit assorti avec Napoléon, qui est le soleil lui-même, comme nous venons de le prouver.

    2° Apollon, suivant la mythologie grecque, était né dans une île de la Méditerranée (dans l’île de Délos) aussi a-t-on fait naître Napoléon dans une île de la Méditerranée, et de préférence on a choisi la Corse parce que la situation de la Corse relativement à la France, où on a voulu le faire régner, est la plus conforme à la situation de Délos relativement à la Grèce, où Apollon avait ses temples principaux et ses oracles.

    Pausanias, il est vrai, donne à Apollon le titre de divinité égyptienne; mais, pour être divinité égyptienne, il n’était pas nécessaire qu’il fût né en Égypte il suffisait qu’il y fût regardé comme un dieu, et c’est ce que Pausanias a voulu nous dire; il a voulu nous dire que les Égyptiens l’adoraient, et cela encore établit un rapport de plus entre Napoléon et le soleil; car on dit qu’en Égypte Napoléon fut regardé comme revêtu d’un caractère surnaturel, comme l’ami de Mahomet, et qu’il y reçut des hommages qui tenaient de l’adoration.

    3° On prétend que sa mère se nommait Letitia. Mais sous le nom de Letitia, qui veut dire la joie, on a voulu désigner l’aurore, dont la lumière naissante répand la joie dans toute la nature; l’aurore qui enfante au monde le soleil, comme disent les poètes, en lui ouvrant, avec ses doigts de rose, les portes de I Orient.

    Encore est-il bien remarquable que, suivant la mythologie grecque, la mère d’Apollon s’appelait Leto, ou Lètô. Mais si de Leto les Romains firent Latone, mère d’Apollon, on a mieux aimé, dans notre siècle, en faire Letitia, parce que loetitia est le substantif du verbe loetor ou de l’inusité loeto qui voulait dire inspirer la joie.

    Il est donc certain que cette Letitia est prise. comme son fils, dans la mythologie grecque.

    4° D’après ce qu’on en raconte, ce fils de Letitia avait trois soeurs, et il est indubitable que ces trois soeurs sont les trois Grâces, qui, avec les Muses, leurs compagnes faisaient l’ornement et les charmes de la cour d’Apollon, leur frère.

    5° On dit que ce moderne Apollon avait quatre frères. Or, ces quatre frères sont les quatre saisons de l’année, comme nous allons le prouver. Mais d’abord qu’on ne s’effarouche point en voyant les saisons représentées par des hommes plutôt que par des femmes. Cela ne doit pas même paraître nouveau, car, en français, des quatre saisons de l’année une seule est féminine, c’est l’automne, et encore nos grammairiens sont peu d’accord à cet égard. Mais en latin autumnus n’est pas plus féminin que les trois autres saisons, ainsi, point de difficulté là-dessus. Les quatre frères de Napoléon peuvent représenter les quatre saisons de l’année; et ce qui suit va prouver qu’ils les représentent réellement.

    Des quatre frères de Napoléon, trois, dit-on, furent rois, et ces trois rois sont le Printemps, qui règne sur les fleurs; l’Été, qui règne sur les moissons; et l’Automne, qui règne sur les fruits. Et comme ces trois saisons tiennent tout de la puissante influence du soleil, on nous dit que les trois frères de Napoléon tenaient de lui leur royauté et ne régnaient que par lui. Et quand on ajoute que, des quatre frères de Napoléon, il y en eut un qui ne fut point roi, c’est que des quatre saisons de l’année, il en est une qui ne règne sur rien: c’est l’Hiver.

    Mais si, pour infirmer notre parallèle, on prétendait que l’hiver n’est pas sans empire, et qu’on voulût lui attribuer la triste principauté des neiges et des frimas, qui, dans cette fâcheuse saison, blanchissent nos campagnes, notre réponse serait toute prête; c’est, dirions-nous, ce qu’on a voulu nous indiquer par la vaine et ridicule principauté dont on prétend que ce frère de Napoléon a été revêtu après la décadence de toute sa famille, principauté qu’on a attachée au village de Canino, de préférence à tout autre, parce que canine vient de cani, qui veut dire les cheveux blancs de la froide vieillesse, ce qui rappelle l’hiver. Car, aux yeux des poètes, les forêts qui couronnent nos coteaux en sont la chevelure, et quand l’hiver les couvre de ses frimas, ce sont les cheveux blancs de la nature défaillante, dans la vieillesse de l’année:

    Cum gelidus crescit canis in montibus humor.

    Ainsi, le prétendu prince de Canino n’est que l’hiver personnifié; l’hiver qui commence quand il ne reste plus rien des trois belles saisons, et que le soleil est dans le plus grand éloignement de nos contrées envahies par les fougueux enfants du Nord, nom que les poètes donnent aux vents qui, venant de ces contrées, décolorent nos campagnes et les couvrent d’une odieuse blancheur; ce qui a fourni le sujet de la fabuleuse invasion des peuples du Nord dans la France, où ils auraient fait disparaître un drapeau de diverses couleurs, dont elle était embellie, pour y substituer un drapeau blanc qui l’aurait couverte tout entière, après l’éloignement du fabuleux Napoléon. Mais il serait inutile de répéter que ce n’est qu’un emblème des frimas que les vents du Nord nous apportent durant l’hiver, à la place des aimables couleurs que le soleil maintenait dans nos contrées, avant que par son déclin il se fût éloigné de nous; toutes choses dont il est facile de voir l’analogie avec les fables ingénieuses que l’on a imaginées dans notre siècle.

    6° Selon les mêmes fables, Napoléon eut deux femmes; aussi en avait-on attribué deux au soleil. Ces deux femmes du soleil étaient la Lune et la Terre: la Lune, selon les Grecs (c’est Plutarque qui l’atteste), et la Terre, selon les Égyptiens; avec cette différence bien remarquable que, de l’une (c’est-à-dire de la Lune), le Soleil n’eut point de postérité, et que de l’autre il eut un fils, un fils unique; c’est le petit Horus, fils d’Osiris et d’Isis, c’est-à-dire du Soleil et de la Terre, comme on le voit dans l’Histoire du ciel, T. 1, page 61 et suivantes. C’est une allégorie égyptienne, dans laquelle le petit Horus, né de la terre fécondée par le soleil, représente les fruits de l’agriculture; et précisément on a placé la naissance du prétendu fils de Napoléon au 20 mars, à l’équinoxe du printemps, parce que c’est au printemps que les productions de l’agriculture prennent leur grand développement.

    7° On dit que Napoléon mit fin à un fléau dévastateur qui terrorisait toute la France, et qu’on nomma l’hydre de la Révolution. Or, une hydre est un serpent, et peu importe l’espèce, surtout quand il s’agit d’une fable. C’est le serpent Python, reptile énorme qui était pour la Grèce l’objet d’une extrême terreur, qu’Apollon dissipa en tuant ce monstre, ce qui fut son premier exploit; et c’est pour cela qu’on nous dit que Napoléon commença son règne en étouffant la révolution française, aussi chimérique que tout le reste; car on voit bien que révolution est emprunté du mot latin revolutus, qui signale un serpent enroulé sur lui- même. C’est Python, et rien de plus.

    8° Le célèbre guerrier du XIXe siècle avait, dit-on, douze maréchaux de son empire à la tête de ses armées, et quatre en non activité. Or, les douze premiers (comme bien entendu) sont les douze signes du zodiaque, marchant sous les ordres du soleil Napoléon, et commandant chacun une division de l’innombrable armée des étoiles, qui est appelée milice céleste dans la Bible, et se trouve partagée en douze parties, correspondant aux douze signes du zodiaque. Tels sont les douze maréchaux qui, suivant nos fabuleuses chroniques, étaient en activité de service sous l’empereur Napoléon; et les quatre autres, vraisemblablement, sont les quatre points cardinaux, qui, immobiles au milieu du mouvement général, sont fort bien représentés par la non-activité dont il s’agit.

    Ainsi, tous ces maréchaux, tant actifs qu’inactifs, sont des êtres purement symboliques, qui n’ont pas eu plus de réalité que leur chef.

    9° On nous dit que ce chef de tant de brillantes armées avait parcouru glorieusement les contrées du Midi; mais qu’ayant trop pénétré dans le Nord, il ne put s’y maintenir. Or, tout cela caractérise parfaitement la marche du soleil.

    Le soleil, on le sait bien, domine en souverain dans le Midi comme on le dit de l’empereur Napoléon. Mais ce qu’il y a de bien remarquable, c’est qu’après l’équinoxe du printemps le soleil cherche à gagner les régions septentrionales, en s’éloignant de l’équateur. Mais au bout de trois mois de marche vers ces contrées, il rencontre le tropique boréal qui le force à reculer et à revenir sur ses pas vers le Midi, en suivant le signe du Cancer, c’est-à-dire de l’Écrevisse, signe auquel on a donné ce nom (dit Macrobe) pour exprimer la marche rétrograde du soleil dans cet endroit de la sphère. Et c’est là-dessus qu’on a calqué l’imaginaire expédition de Napoléon vers le Nord, vers Moscow, et la retraite humiliante dont on dit qu’elle fut suivie.

    Ainsi, tout ce qu’on nous raconte des succès ou des revers de cet étrange guerrier, ne sont que des allusions diverses relatives au cours du soleil.

    10° Enfin, et ceci n’a besoin d’aucune explication, le soleil se lève à l’Orient et se couche à l’Occident, comme tout le monde le sait. Mais pour des spectateurs situés aux extrémités des terres, le soleil paraît sortir, le matin, des mers orientales, et se plonger, le soir, dans les mers occidentales. C’est ainsi, d’ailleurs, que tous les poètes nous dépeignent son lever et son coucher. Et c’est là tout ce que nous devons entendre quand on nous dit que Napoléon vint par mer de l’orient (de l’Égypte), pour régner sur la France, et qu’il a été disparaître dans les mers occidentales, après un règne de douze ans, qui ne sont autre chose que les douze heures du jour pendant lesquelles le soleil brille sur l’horizon.

    Il n’a régné qu’un jour, dit l’auteur des Nouvelles Messéniennes en parlant de Napoléon; et la manière dont il décrit son élévation, son déclin et sa chute, prouve que ce charmant poète n’a vu, comme nous, dans Napoléon, qu’une image du soleil; et il n’est pas autre chose; c’est prouvé par son nom, par le nom de sa mère, par ses trois soeurs, ses quatre frères, ses deux femmes, son fils, ses maréchaux et ses exploits; c’est prouvé par le lieu de sa naissance, par la région d’où on nous dit qu’il vint, en entrant dans la carrière de sa domination, par le temps qu’il employa à la parcourir, par les contrées où il domina, par celles où il échoua, et par la région où il disparut, pâle et découronné, après sa brillante course, comme le dit le poète Casimir Delavigne.

    Il est donc prouvé que le prétendu héros de notre siècle n’est qu’un personnage allégorique dont tous les attributs sont empruntés du soleil. Et par conséquent Napoléon Bonaparte, dont on a dit et écrit tant de choses, n’a pas même existé, et l’erreur où tant de gens ont donné tête baissée vient d’un quiproquo, c’est qu’ils ont pris la mythologie du XIXe siècle pour une histoire.

    P. S. — Nous aurions encore pu invoquer, à l’appui de notre thèse, un grand nombre d’ordonnances royales dont les dates certaines sont évidemment contradictoires au règne du prétendu Napoléon; mais nous avons eu nos motifs pour n’en pas faire usage.

  10. jean-Luc Says:

    Même chose pour Alain Delon, qui n’est qu’un mythe destiné à abuser les masses populaires et crédules :

    LIRE L’AVERTISSEMENT

    ——————————————————————————–

    Absurde, invraisemblable, ô combien perfide est la méthode utilisée par le supposé Alain Delon pour éviter de répondre à la question sous-jacente.

    Car la vérité, messieurs, c’est qu’Alain Delon n’existe pas. Il n’a jamais existé.

    Oh, certes, je ne suis pas peu fier de rapporter au monde cette nouvelle aussi bonne que celle de l’inexistence des chambres à gaz, révélée par mes soins il y a de cela une vingtaine d’années1. Mais il importait, pour le rétablissement de la vérité2 et le bien de la lutte contre le totalitarisme médiatico-préfectoral3, de remettre les montres Seiko à l’heure.

    Alain Delon est un mythe créé de toutes pièces par une cohorte de leaders sionistes, de membres d’officines gouvernementales pseudo-officielles, de tarés japonais, de maires lyonnais et de de cinéastes véreux. On appréciera tout de même la force de ces pléonasmes.

    Il suffira de confronter les photos du présumé Alain Delon jeune au Alain Delon moins jeune pour conclure qu’il ne s’agit pas du tout du même acteur, par exemple4. De même les films où apparaissent le présumé Alain Delon, comme « La Piscine », « Concorde », « Scorpio », « Ne réveillez pas un flic qui dort » : le montage et l’usage d’images de synthèse est évident. Dans aucun de ses films, Alain Delon ne parle à la 3e personne, ce qui démontre qu’il n’y a pas joué5. Et il faut noter que les moyens de truquage mis en oeuvre existaient depuis des décennies, tout fan de ‘Eva Poppins’ ne peut l’ignorer (les autres…).6

    Il reste ces supposés cultes dont ferait l’objet Alain Delon en Asie du Sud-Est. Votre humble serviteur a pris la peine d’enquêter, et peut apporter ses conclusions irréfutables :

    – Alain Delon n’est pas divinisé en Indonésie : il s’agit d’une confusion regrettable entre cet ‘acteur’ et un tout à fait réel Dieu de la Fécondité, Hahlindeulong. Les femmes indonésiennes, avant de remplir leur devoir d’agents natalistes, tiennent à se caresser avec des statuettes d’Hahlindeulong, c’est une coutume ancestrale remontant à plusieurs siècles7.

    – Alain Delon n’est pas honoré au Japon : les scènes filmées où l’on voit des dizaines de milliers de Japonaises et également de Japonais accueillir le supposé acteur à l’aéroport de Tokyo ont été mal interprétées. En réalité, ces Japonaises et ces Japonais attendaient impatiemment l’arrivée de leur monstre culte du moment, Codecivilla, après une magistrale campagne de publicité organisée par le producteur de l’avant-dernier rimayque du film8.

    – Alain Delon n’est pas répandu aux Philippines : la légende des jeunes filles atteignant le stade ultime du plaisir en se caressant avec des photos d’Alain Delon à Cannes a été depuis longtemps démentie par les maris eux-mêmes, principaux intéressés dans l’affaire, et par le gouvernement philippin, dans une déclaration à l’ONU en 19929.

    – Alain Delon n’est pas connu au Cambodge : aucun Khmer rouge n’a eu le souvenir de la suppression physique d’un fan club d’Alain Delon ces dernières années10.

    Quant aux fêtes deloniesques rendues en l’honneur d’Alain Delon en France, là encore, pures affabulations, montages éhontés : la version officielle de l’IHTP-CIA-CQFD est encore passée par là ! En effet, IL N’Y A JAMAIS EU DE FETE DELONIESQUE DANS LA MAISON DE RETRAITE « PATRICE LUMUMBA » DE LILLE !!! Or, il est dit : « dans toutes les Maisons de retraite du Nord-Pas de-Calais, Alain Delon est synonyme de Viagra, de fureur génésique et de délire sexuel ». Tous les témoins présents à la Maison de Retraite évoquée (consacrée au traitement de la maladie d’Alzeimer) ne se souviennent pas d’y avoir vu Alain Delon.

    Alors, si Alain Delon n’existe pas, pourquoi tant d’efforts pour nous faire croire le contraire ? La réponse est simple, évidente, lumineuse. Alain Delon sert les intérêts du Maire de Lyon, acoquiné avec les Sages de Sion et Dick Rivers of Babylon ! Alain Delon sert à présenter les Asiatiques pour des crétins finis afin de rassurer la boulangère d’Aubervilliers ! Alain Delon sert à donner une image rassurante de la police, et Alain Delon sert d’exutoire aux fantasmes masculins (qui n’avait en son temps pas fantasmé sur Romy Schneider puis Simone Signoret et Alice Sapritch ?) et féminins !

    En somme, le mythe Delon sert à endormir la conscience nationale dans la luxure et la sécurité, alors que le péril jaune est aux portes ! Mais les Français ont eu de la chance, car, moi, Faubert Robinson, Führer de l’Association des Anciens Amateurs de Récits de Gruge et de Canulars, j’ai eu l’intention de déboulonner ce mythe ! Il est temps que la vérité revienne à la surface, et comme le disait ce subtil plaisantin qu’était Lautréamont : « Puisque tu es libre de tes facultés, chérie, tu ne veux pas aller sortir la poubelle ? »

    Il vous en prie.

    ——————————————————————————–

    Notes.

    1. Faubert Robinson : « Auschwitz était un camp scout », in Le Monde du 30 février 1975.

    2. Dont l’ennemi le plus acharné est Pierre Donald-Mickey, l’historien de l’Antiquité qui n’a pas pondu un seul ouvrage en ce domaine, exception faite de ses nombreux livres sur la Grèce antique. A éviter égalemet, les Jean-Pierre Eczéma, les François Boudharida, les Daniel Corbier, les époux Aubricabrac…

    3. On se souvient tous de ce malheureux historien qui avait prétendu que le seul crime des SS à Oradour était d’avoir refusé d’aider une vieille femme à traverser la grand place pour se rendre à l’église et ainsi rejoindre les femmes et les enfants… euh…

    4. Notre expert en photographies, Otto Fokuss, ancien directeur de la section « Casser du Bolchévik » de la Propagandastaffel, a depuis confirmé définitivement qu’il ne s’agissait pas de la même personne. Cf. FOKUSS : « Au delà des images, le mythe Delon », Editions La Bigleuse Taupe.

    5. Cf. Claude Autant-Lerat : « Alain Delon comme je l’ai vu », p. 571-1012, éditions Plomb.

    6. Il existe une certaine Zone 53 où les conspirateurs américains qui ont fabriqué de fausses chambres à gaz se sont depuis longtemps exercé au montage et au truquage photographiques et cinématographiques. S’il apparaît établi que les dinosaures de Jurassic Parl étaient bel et bien des animaux dressés pour l’occasion, les images montrant un Ronald Reagan en pleine forme physique à la fin de son mandat ont été dénoncées comme venant de la Zone 53.

    7. Cf. Dr Ruth : « Sexualité et fétichisme en Indonésie », Editions du CNRS, p. 122-3,14.

    8. Cf. critique cinéma du journal de la Bigleuse Taupe, édité à compte d’auteur, p. 12.

    9. La Déclaration est disponible à la Bibliothèque de la Bigleuse Taupe, adresse confidentielle. Les conspirateurs américains se sont acharnés à remplacer le discours prononcé par le représentant philippin par un autre bêtement consacré aux conditions de vie à Manille.

    10. Pol Pot : « Je suis innocent des crimes qu’on me députe », Editions du Progrès, Vitry sur Seine, 1995.

  11. jean-Luc Says:

    Sur le prétendu Débarquement en Normandie du 6 juin 1944 :

    Le débarquement en Normandie n’a
    jamais eu lieu !
    Par Faubert Robinson1

    LIRE L’AVERTISSEMENT

    ——————————————————————————–

    Il est des mythes qui ont la vie dure. Sans doute parce que le martèlement a remplacé le vraisemblable et que nos doucereuses âmes bercées par la société de consommation instaurée par la Conspiration des Sages de Sion by the Rivers of Babylon se réfugient paresseusement dans la réception sommeillante des même mensonges que les différents Gouvernements de la planète lui assènent quotidiennement.

    L’un de ces mensonges porte sur un fait considéré comme un événement majeur de la Deuxième Guerre Mondiale. Je veux parler, non pas du mariage entre le Führer (Heil !) et la plantureuse Eva Braun2, mais de cette opération militaire décrite comme l’une des plus colossales de tous les temps, à savoir l’opération Overlord, le débarquement des Alliés en Normandie.

    On connaît l’histoire officielle : le 6 juin 1944, près de 135 000 hommes ont pris d’assaut les plages normandes défendues par le fameux et fumeux Mur de l’Atlantique, première étape vers l’invasion de l’Europe par Coca Cola, Hollywood Chewing-Gum et Hollywood tout court. La culture allemande, à base de Schnaps, de Kronenburg et de Deutsche Wochenschau n’allait jamais se remettre de cette offensive en règle. Les films de qualité, tels Suce le juif ou bien encore ces charmantes comédies comme L’Afrikakorps fait du ski , L’Afrikakorps chez les nudistes et le troisième volume de la trilogie Mais où est donc passé l’Afrikakorps , allaient laisser place à de douteuses séries télévisées à l’insipidité rebutante, comme Derrick ou bien même Le Renard… Je n’insiste pas : l’enjeu est bien la suprématie de la culture américaine.

    Et pourtant, à la lumière de mon enquête, après avoir falsif… lu des dizaines de documents, je suis en mesure de démonter ce nouveau mensonge qui a assis cette suprématie. Non, le Débarquement n’a pas eu lieu. Oui, c’est un mensonge servi par des officines travaillant en étroite collaboration avec les Sages du Mémorial de Caen. J’y reviendrai. En attendant, place à la démonstration.

    I. Une logique insoutenable
    Il faut parfois savoir faire preuve du bon sens le plus élémentaire. Or, la thèse du Débarquement en Normandie, ainsi que nous le verrons, est une atteinte au bon sens. Logique. Historique. Ethique.

    1/ Tout débarquement sur les côtes normandes est impossible
    Si l’on en croit la version officielle, le débarquement aurait eu lieu dans le Cotentin. C’est absurde.

    a) Impossibilité physique

    Qui connaît le Cotentin sait très bien que cette zone est parsemée de falaises qui la rendent difficile d’accès. Naturellement, les désinformateurs ne l’ignorent pas, et tentent de nous montrer malgré tout que si le débarquement a été accompli, il ne s’en est pas moins soldé par de lourdes pertes. L’assaut de la Point du Hoc, par exemple, aurait été menée par 225 Rangers, qui auraient perdu les 4/5e de leurs effectifs.

    b) Impossibilité logique

    On voit mal pourquoi les Alliés auraient tenu à débarquer en Normandie. Cette zone était difficile d’accès, la traversée était plus longue, et les avions militaires avaient moins de temps à consacrer au soutien du Débarquement.

    En fait, tout militait pour une attaque dans le Pas de Calais, qui, lui, était plus proche, plus facile d’accès. Certes le Mur de l’Atlantique y était plus fourni, mais les Alliés, qui n’ont pas hésité à sacrifier des milliers d’hommes durant la Grande Guerre, auraient-ils reculé ?

    Pourtant, l’on s’efforce de nous faire croire que les Alliés auraient bien attaqué la Normandie, c’est à dire qu’ils auraient choisi la voie la plus difficile… Ou l’histoire du cambrioleur qui préfère ne pas passer par la porte d’entrée en dépit de son attirail et qui ne songe qu’à traverser le jardin de la propriété malgré la présence du chien dangereux, ce pour franchir la fenêtre du deuxième étage… Rappelons en effet que les U-Boote de l’Amiral Dönitz patrouillaient dans le secteur. Traverser la Manche était donc très risqué.

    c) Impossibilité météorologique

    Le 4 juin 1944, Rommel, commandant en chef du Groupe d’Armées B, se rendait en Allemagne pour fêter l’anniversaire de sa femme. Pourquoi cet officier si talentueux a-t-il pris sur lui de quitter son poste deux jours avant le Jour le Plus Long pour une si piètre banalité ? D’abord parce qu’il souhaitait également rencontrer le Führer (Heil !). Mais surtout, parce qu’il savait que les Alliés ne débarqueraient jamais ce mois-ci. Car le temps était défavorable.

    Tous les bulletins météo le confirment : la journée du 6 juin fut soumise à un temps exécrable. Pas une photo de ce soit-disant événement ne montre un temps globalement clément, pas une.

    Certes, les services météo alliés avaient prévu une nette embellie, mais elle ne durerait que 24 heures3. Or, quiconque sait qu’il ne suffit pas de débarquer, il faut encore pouvoir se maintenir. Et en raison de la puissance de feu de l’armée allemande, les Alliés auraient besoin de leur supériorité aérienne. Or le temps de juin serait plus que maussade, restreignant les facultés d’intervention de l’armée de l’air alliée, au passage très douée dès qu’il s’agit de détruire d’innocentes villes allemandes. Les Alliés ne pouvaient assurément pas risquer un désastre, en sachant que leurs troupes ne pourraient être soutenues par l’aviation.

    2/ La Normandie moins bien défendue ? Autopsie d’un mythe
    L’un des arguments avancés par les tenants de la thèse « normande » est de dire que les Alliés ont débarqué en Normandie parce qu’elle était moins bien défendue que le Pas de Calais. L’on a vu que ce point de vue était logiquement intenable, compte tenu des précédentes affaires où les politiciens judéo-alliés n’ont pas hésité à sacrifier des centaines de milliers d’hommes dans des opérations hasardeuses, comme les Dardanelles durant la guerre de 14/18 ou même l’intervention britannique en Grèce de 1941.

    Historiquement, on peut même éprouver des doutes. Il est établi que la 352e division allemande, formation de qualité, avait été affectée au secteur de Vierville sur Mer. Si l’on en croit Pierre Montagnon : « les défenses de Vierville à Coleville [sont constituées de] 8 casemates dotées de canons d’un calibre supérieur à 75 ou d’armes automatiques ; 17 positions antichars munies de canons de 37 à 75 ; quatre positions antichars munies de canons de 37 à 75 ; 4 positions d’artillerie de campagne ; 6 fosses à mortiers ; 38 fosses à tubes lance-fusées ; 85 emplacements de mitrailleuse. »4. Autrement dit, des défenses importantes.

    Les chroniqueurs (escroqueurs devrait-on dire) ne le nient pas. Mais ils invoquent l’ignorance des Alliés pour justifier l’envoi de leurs troupes dans ce secteur ! C’est là qu’intervient l’un des plus grands canulars de ce dossier, canular mis en œuvre par Paul Carell dans son livre Ils arrivent !5 consacré au rôle qu’aurait joué l’armée allemande dans la prétendue bataille de Normandie. Que dit Paul Carell ? Que la Résistance a effectivement transmis le renseignement sur la présence de la 352e division, mais par voie de pigeon voyageur. Or, nous dit cet historien, un sniper allemand a abattu ce malheureux pigeon… Naturellement, Paul Carell ne nous fournit aucun détail supplémentaire, aucune source pour vérifier la pertinence de son affirmation. L’Allemand n’est même pas nommé, pas plus que le pigeon. Aucune trace, ni de l’Allemand, ni de la sépulture du pigeon, n’a été retrouvée. Par ailleurs, puisque ledit pigeon travaillait pour l’ Intelligence Service , on aurait pu retrouver dans les archives du Public Record Office une preuve de l’existence dudit pigeon, comme une fiche de salaire granulé, par exemple. En dix minutes de recherche au sein de ces archives, je n’ai rien trouvé de tel. Précisons qu’aucune médaille de la Résistance n’a été versée à ce pigeon, obscur héros du devoir, comme s’il avait été oublié de tous…

    L’affirmation de Paul Carell s’effondre lorsque l’on se réfère à un autre ouvrage normandiste, celui de Georges Blond6. On trouve en effet à la page 255 de l’édition en poche de 1994 ces propos du général Huebner, chef de la 1 ère division américaine prétendument requise pour l’attaque d’Omaha7 : « D’après nos renseignements, [la 352e division] est une bonne unité, comprenant de nombreux vétérans du Front russe. » Ces propos, Huebner les tient avant le prétendu Débarquement. Ce qui prouve donc que les Américains savaient que la Normandie était très bien défendue !

    Rappelons également que le Führer (Heil !) avait un temps estimé que les Alliés attaqueraient en Normandie. Le Feldmaréchal Rommel avait aussitôt renforcé les défenses dans le secteur et trois divisions de Panzer étaient en mesure d’y intervenir rapidement : la 21e, la 12e SS et la Panzerlehr. Autant de bonnes formations, notamment la deuxième, dirigée par d’anciens cadres de la Leibstandarte Adolf Hitler qui avaient fait leurs premières armes sur le front russe, et surtout la 3e, dirigée par un ancien adjoint de Rommel, Bayerlein, à qui Guderian avait dit, en parlant de sa division blindée : « Avec cette division-là, vous rejetterez à vous tout seul les Anglo-Américains à la mer. »8.

    La thèse selon laquelle les Alliés auraient attaqué en Normandie parce qu’elle était censée être moins bien défendue que le Pas de Calais ne tient donc pas la route.

    Les Alliés n’ont donc pu, logiquement, débarquer en Normandie. Il s’agit dès à présent de prouver que ce Débarquement n’a, dans les faits, jamais eu lieu.

    II. Inexistence historique
    Soyons clairs dès le départ : il n’existe aucun élément fiable à l’appui de la thèse normandiste : aucune trace, aucune photo, aucun témoin, aucun document.

    1/ Les traces de la bataille
    Une bataille, c’est connu, ça laisse des traces : ruines, cadavres, carcasses de véhicules.

    Or, en Normandie, rien de tel. L’on chercherait en vain des ruines dans la ville de Caen, par exemple, alors que la bataille est censée avoir été l’une des plus terribles de la guerre et avoir ravagé la ville. De même ne trouve-t-on que peu de blockhaus sur les plages… Et dans un état si pitoyable parfois que l’on peut raisonnablement se poser la question de savoir qui les a détruits. Rien ne prouve en effet que ces bunkers n’aient été intentionnellement démolis par le Génie civil français pour faire avaler la version d’un affrontement au jour du 6 juin 1944.

    L’on trouve certes un nombre plutôt impressionnant de cratères sur la Pointe du Hoc, censée avoir été bombardée par la Flotte et l’aviation alliée, avant d’être prise d’assaut par les Rangers. Là encore, ce ne sont que des cratères. Rien ne prouve que ces cratères résultent de tirs d’artillerie effectués le 6 juin 1944. Les tests au Carbone 14 ont montré que ces cratères avaient fort bien pu apparaître entre 1850 et 2000…

    C’est en vain, donc, que l’on chercherait des traces de cette bataille. Preuve qu’elle n’a pas eu lieu.

    2/ Les photographies de la bataille
    L’on connaît les photographies présentées comme étant celles du Jour J où l’on aperçoit des dizaines de GI’s prenant pied sur les plages.

    Oui mais quelles plages ? Après tout, les Alliés ont débarqué en Afrique du Nord, en Sicile, en Italie, et dans une myriade d’îles du Pacifique. Rien ne prouve que ces photos ne représentent pas ces campagnes.

    L’on se souvient également de ces six photos prises par Robert Capa. Elles font d’ailleurs la couverture d’un ouvrage récent publié aux éditions Gallimard et sobrement intitulé Le Débarquement en Normandie , de Anthony Kemp (1994). Rien ne prouve que ces photos datent bien du 6 juin 1944, d’autant qu’il convient de signaler que Capa ne pourra jamais plus confirmer ce fait, ayant trouvé la mort durant la guerre de Corée. Un décès opportun…

    Précisons de plus que ces photos sont de fort mauvaise qualité et peuvent aussi bien décrire un bizutage de West Point qu’un match de water-polo. Chose curieuse, Capa a affirmé avoir pris beaucoup plus de photos que cela, mais prétend que les négatifs furent détruits par accident…

    Ben voyons.

    3/ Les témoins de la bataille
    Il est infiniment regrettable que les témoins a priori les plus fiables soient décédés : Eisenhower, Montgomery, Rommel, Hitler… Je n’ai pu les interroger, de sorte que l’on peut être en demeure d’avoir des doutes sur leur rôle réel dans toute cette histoire.

    Les lecteurs du best-seller de Cornelius Ryan, Le Jour le plus long , se souviennent du très grand nombre de témoins cités. Cependant, Ryan n’en cite aucun, se contentant, apparemment, de reproduire ce que les protagonistes lui ont déclaré. Il n’existe aucun moyen de savoir si les faits relatés par Ryan :

    sont bien ceux racontés par les prétendus interviewés ;
    sont bel et bien véridiques
    Ryan cite tout de même deux témoins qui relatent les mêmes faits : l’ancien éclaireur de la 82e division aéroportée, Robert M. Murphy, et Mme Levrault, qui l’a vu atterrir « à vingt mètres d’elle »9. Mais il est permis de douter de la véracité du témoignage de ces deux personnes. D’une part en effet, Ryan prend en effet soin de préciser que Murphy est devenu, dans les années 1950, un « éminent avocat de Boston ». Comment un jeune parachutiste, puisque l’on connaît l’esprit borné des militaires, a-t-il pu devenir un ténor du Barreau de Boston en une dizaine d’années ? Tout un chacun sait qu’il faut encore des années d’études pour obtenir un diplôme puis adhérer au Barreau, et encore plus encore pour acquérir une bonne réputation. Ajoutons à cela que M. Murphy étant avocat, l’on peut se demander si ce qu’il dit est bel et bien vrai, car l’on sait à quel point les avocats peuvent être vils et menteurs10. D’autre part, Mme Levrault, de l’aveu de Cornelius Ryan, était une « vieille dame » en 1944. Une quinzaine d’années plus tard, lorsqu’elle aurait été interrogée par Ryan, elle devait donc être plus vieille encore : 60 ans en 1944, 78 ans en 1958. Ce fait est démenti par les statistiques de l’INSEE, qui montrent bien que les personnes âgées, dans les années 50, atteignaient rarement les 70 ans. De plus, bien qu’âgée de 78 ans, il aurait fallu que Mme Levrault fasse preuve d’une excellente mémoire, ce qui est plutôt difficile à croire11.

    Le reste du livre de Cornelius Ryan, qui n’est qu’un journaliste, non un historien, est de même facture : affirmations invérifiables, témoins douteux… L’on a vu ce qu’il fallait penser du livre de Paul Carell, censé reproduire la bataille de Normandie vue du côté allemand. D’autant que Carell contredit bel et bien Ryan et les autres ! Selon lui, le débarquement n’a même pas réussi ! L’on trouve en effet, à la page IV de l’édition de 1994 de son best-seller Ils arrivent ces propos iconoclastes : « L’opération qu’Eisenhower et Montgomery voulaient réaliser en l’espace de quelques jours échoua devant la résistance des troupes allemandes du front. »12 Alors qui croire ? Ryan, qui montre que le Débarquement a réussi ? Ou Carell, qui prétend que le Débarquement a échoué ?

    Carell base tout le point de vue allemand de la « bataille des plages » sur les témoignages de Hein Severloh et du lieutenant Jahnke, du bunker W-5 (709e division). Le bunker W-5 est censé avoir reçu l’assaut de toute la 4e division d’infanterie du général Theodore Roosevelt. Le problème est que la 4e division du général, si l’on se réfère aux prétendus plans originaux de l’opération Overlord, devait attaquer à deux kms plus au sud, face aux bunkers W-4 et W-2… Le bunker W-5 n’était pas la cible directe !

    De deux choses l’une : ou bien les plans d’Overlord sont des faux, ou bien Jahnke ment. Dans l’un ou l’autre cas, il y a comme une grave falsification de l’Histoire. Il est fort probable que Jahnke mente, puisque l’on trouve dans les mémoires d’Eisenhower : « Les opérations dans le secteur d’Utah […] et l’opération aéroportée des Américains progressaient de façon satisfaisante. »13. Or le W-5 ne se trouvait pas dans le secteur d’UTAH ! Là encore, la vérité officielle a du mal à trouver une version unique… Preuve manifeste de dissimulation.

    L’autre témoin, Hein Severloh, est décrit par Carell comme étant un « bon gros paysan, sans plus »14. Caporal de 21 ans (bien jeune, pour un caporal), il est supposé se trouver sur la plage répondant au nom de code d’Omaha lors de l’assaut américain. Tout cela est beau et bon, mais il ressort que Severloh n’est peut-être pas si fiable. Capturé le 7 juin 1944, il prétend avoir été confié à un soldat noir15. C’est là que survient la première invraisemblance : en effet, de l’aveu du célèbre historien français, Philippe Masson, au cours de la Deuxième Guerre Mondiale, « les Noirs seront utilisés dans les services ou comme serveurs ou chauffeurs »16. Les Américains auraient-ils donc cessé de pratiquer la ségrégation ?

    Il faut également préciser que Severloh passera un certain nombre d’années en captivité. Impossible alors de faire confiance à un Allemand qui a été gardé aussi longtemps en captivité : il peut très bien s’agir d’un agent double, retourné par le FBI ou l’OSS. Il est frappant que Severloh ait relaté à Daniel Costelle qu’il avait été capturé par un officier germano-américain qui avait prétendument déserté il y a quelques années pour fuir la Justice allemande et qui avait émigré aux Etats-Unis17. Tout respire la récupération d’agent secret comme la CIA, le MI-6 ou le KGB se sont habitués à en faire.

    En somme, pour résumer et toutes choses égales par ailleurs, les deux témoignages invoqués par Paul Carell n’ont absolument rien de « reliable ».

    4/ Les documents prouvant qu’il y a eu bataille

    Un tel affrontement devrait générer une montage de rapports, de documents d’archives ! Eh bien force est d’admettre que les ressources documentaires sont bel et bien pauvres. Cornelius Ryan, par exemple, le reconnaît : « Les principales sources d’information de ce livre proviennent des survivants alliés ou allemands, de résistants français et de civils »18.

    L’on a vu plus haut que les plans d’Overlord ne correspondaient pas non plus aux récits d’un témoin allemand, ce qui permet de relativiser leur authenticité.

    Martin Blumenson, dans sa volumineuse Histoire de la Libération (Charles Corlet Editeurs, 1993), cite pour sa part un nombre impressionnant de pièces d’archives. Cela étant dit, rien ne nous indique ces pièces existent. Un individu à l’imagination débordante peut toujours trouver le moyen d’inventer des sources (prenez mon cas, par exempl… euh, NON, C’EST UNE ERREUR !). De même, le lecteur attentif aura remarqué la consonance juive de Blumenson : enlevez le « enson », vous obtenez « Blum ». En d’autres termes, Martin Blumenson et Léon Blum ne feraient qu’une seule et même personne ! Je renvoie le lecteur à ce grand journal à l’objectivité jamais démentie qu’est Gringoire pour qu’il se fasse une idée de la nature maléfique de ce Président du Conseil français qui a osé imposer deux semaines de congés payés annuelles pour des flemmards d’ouvriers !

    Les témoins allemands ? Walter Warlimont, du GQG de Hitler, cite en effet bien des documents allemands, mais là encore, n’en cite aucun dans son intégralité, n’en montre aucune trace. Quant au Journal de Guerre de l’OKW, le fameux Kriegstagebuch, aucune preuve de son authenticité n’a été rapportée.

    Autrement dit, aucun élément fiable n’est en mesure de corroborer la thèse normandiste.

    III. Une logique insoutenable
    1/ Le mythe des messages personnels

    Une légende très connue soutient que le débarquement avait été annoncé à la BBC par deux « messages personnels » adressés à la Résistance. Ces messages étaient une reproduction des vers de Verlaine de sa Chanson d’Automne :

    Les sanglots longs des violons de l’automne

    Blessent mon cœur d’une langueur monotone

    (cf. Les Plus Belles Pages de la Poésie française , Sélection du Reader’s Digest, 1982, p. 510)

    Ce message était considéré comme devant pousser la Résistance à entrer en action contre l’armée allemande.

    Le problème est que cette version de l’Histoire est intenable.

    Il existait une règle à la BBC : ne jamais passer plus d’une fois un « message personnel ». Les « messages personnels » devaient être utilisés à la manière d’un préservatif : retirés et jetés après usage. Or, dans le cas de la Chanson de Verlaine, ce message, ainsi que l’établit formellement Antony Cave Brown, avait déjà été affecté à un réseau, le réseau Butler, en 1943. Les Allemands, combinant efficacité et courtoisie avaient réussi à anéantir ce réseau. Ils avaient mis la main sur les « messages personnels » affectés à ce réseau, et savaient à quoi ils correspondaient. Londres le savait. Et retira la Chanson d’Automne des messages encore en vigueur19.

    De sorte qu’il est impossible que ce message ait pu être adressé à la Résistance en 1944. Ce serait le SEUL cas d’erreur de ce genre commise par l’administration, et pour le Débarquement !? Invraisemblable.

    De plus, les versions divergent. Ryan cite par exemple le cas de Guillaume Mercader, chef de renseignements pour la zone côtière de Normandie, qui passe à l’action après avoir entendu, non pas le message Verlaine, mais celui-ci : « Il fait chaud à Suez. »20. Alors, de quel message s’agissait-il ?

    Concluons : les Alliés n’ont pas annoncé le débarquement par les messages de Verlaine.

    2/ Deux mois et demi pour arriver à Paris ?

    Tout un chacun sait que de Deauville à Paris, il y a à peine 3 heures de route. Or la Vérité officielle voudrait nous faire croire que les armées alliées ont mis plus de deux mois et demi pour faire le trajet ! Alors que dans le même temps, on nous montre la même armée franchir une distance supérieure pour arriver en Hollande à la mi-septembre !

    Cette thèse est à mettre en rapport avec l’invocation d’une Normandie moins bien défendue que le Pas de Calais. Si tel avait été le cas, pourquoi les Alliés ont-ils mis autant de temps pour franchir une distance relativement courte ?

    3/ Hitler et le Jour J

    Les historiens ont dressé un portrait de Hitler le présentant comme un dictateur excité, nullité militaire aussi consistante qu’une gelée à la menthe. Certains généraux, comme Guderian, ont relaté quelques grandes colères du Führer.

    Or, en la présente espèce, rien de tel. D’abord, malgré la nouvelle du débarquement, le général Jodl ne l’avertit pas, ne le réveille pas. Il faut attendre 9 heures du matin pour que le Führer daigne se lever. Surprise, il ne fait pas preuve d’une nervosité particulière ! Mieux : il ne prend aucune décision. Est-ce si vraisemblable ? Oui, si l’on part de l’idée qu’aucun débarquement ne s’est produit le 6 juin 1944…

    4/ Le para de Sainte-Mère l’Eglise

    Les fans du Jour le Plus long connaissent cette scène du parachutiste américain doté de la voix de Max la Menace et de Bugs Bunny, dont le parachute s’est accroché au toit de l’église.

    Ce soldat s’appelait, à en croire Cornelius Ryan, John Steele, du 505e régiment de la 82e Airborne. Dans le film de Darryl Zannuck, on nous le montre, à moitié sourd (du fait du son produit par les cloches), récupéré par les Américains. Le problème est que Ryan n’est pas du même avis : « Steele resta dans cette position plus de deux heures, avant d’être dégagé par les Allemands et fait prisonnier. »21. N’y aurait-il pas là comme une contradiction ? Qui des deux a donc menti ? On ne le saura jamais. En tout état de cause, l’histoire du soldat Steele, qui n’est aucunement corroborée (Ryan ne cite aucun autre témoignage à l’appui de cette version des faits), et ne tient pas la route une seule seconde (comment imaginer un seul instant que les snipers allemands auraient épargné une cible aussi parfaite ?), doit à son tour être considérée comme relevant du mythe.

    5/ Un bilan ô combien variable…

    Prenons un autre mythe connu : celui de l’encerclement des forces allemandes à Falaise, en août 1944. Si l’on en croit Eisenhower : « Une énorme partie des 1 ère SS, 2e SS, pe P. SS, 12e P. SS, Panzer Lehr, 2e, 9e et 116e Panzer réussirent à s’échapper. Mais les 326e, 353e, 363e, 271e, 277e, et 89e divisions et une partie de la 331e ainsi que certains hommes des 10e SS Panzer et de la 21e Panzer furent pris au piège. » 22

    Notons déjà un premier mensonge d’Eisenhower. Il n’existe pas de division d’infanterie 1 ère et 2e SS. Si l’on se penche sur les dossiers allemands, l’on remarque que seules existent la 1 ère SS Panzer et la 2e SS Panzer. L’on sait également depuis la remarquable étude de Vincent Ringard23, que la 2e SS Panzer se contentait de réguler la circulation dans le Limousin et que les accusations selon lesquelles le général Lammerding aurait refusé d’aider une vieille dame à traverser une rue sont infondées. Quant à la 1 ère SS Panzer, Jean Mabire rappelle que « la Leibstandarte [restait] dans la zone frontière entre Flandre et Hollande. »24 Ike pris en flagrant délit de mensonge éhonté !

    Mais poursuivons. Eisenhower prétend, on l’a vu, que bien des Allemands ont réussi à s’échapper de l’encerclement. Or, le Journal du Groupe d’Armées B, à se référer à Eddy Florentin, « estime que les 6 ou 7 divisions blindées qui réussirent à filtrer hors de la poche, ne regroupaient plus que 2 000 hommes, 62 tanks et 26 pièces d’artillerie. »25 Où se trouve « l’énorme partie » des divisions Panzer, je vous le demande !

    L’un des auteurs normandistes parmi les plus réputés, le major-général Richard Rohmer, dans son best-seller The Patton’s Gap26, que l’un des piliers de la thèse normandiste, Eddy Florentin, a qualifié d’ « ouvrage retentissant » , est cependant en désaccord avec tous ces messieurs. Si l’on suit Rohmer, 200 000 Allemands ont réussi à fuir la poche. John Keegan fournit grosso merdo les mêmes chiffres : 300 000 échappés. Le problème est que les chiffres ont été visiblement revus à la baisse : 50 000 selon l’Allemand Carell, 20 000 à 40 000 selon Blumenson, 30 000 à 35 000 selon Pogue, 20 000 selon Carlo D’Este, 20 000 selon Max Hastings27.

    Cela en devient presque risible. Pas un auteur ne donne de chiffre semblable : plus de 200 000 Allemands échappés d’un côté. De 20 000 à 50 000 de l’autre. Tout indique le montage : l’encerclement de Falaise n’a pas eu lieu, aucun Allemand n’a donc pu s’en échapper. Seulement, la vérité officielle connaît, une fois de plus, se lézarde. De l’intérieur.

    Et la vérité reste ailleurs…

    Il est temps de conclure. Alors conclucons :

    1/ Il est physiquement impossible que le débarquement ait eu lieu en Normandie ;

    2/ Il est logiquement insoutenable que le débarquement ait eu lieu en Normandie ;

    3/ Il est historiquement indéfendable que le débarquement ait eu lieu en Normandie.

    Un seul débarquement s’est effectivement produit : le débarquement de Provence (ce qui explique pourquoi les Alliés ont mis moins de dix jours pour arriver à Paris, du 15 au 24 août 1944).

    Maintenant que le mythe a été réduit à néant, il reste à en voir les origines.

    A dire vrai, tous les belligérants avaient intérêt à créer pareil mythe. Les Alliés, tout d’abord, pour justifier aux Russes la création d’un Second Front tant réclamé par le Kremlin. Le débarquement de Provence étant survenu bien tard, le 15 août 1944, les Occidentaux avaient intérêt à montrer qu’ils avaient également contribué à écraser en tous temps et en tous lieux le régime hitlérien. De plus, les bombardements de l’endroit et du Nord Pas de Calais, destinés à camoufler le fait que les Alliés débarqueraient en réalité dans le Sud, trouvaient enfin une justification.

    Les Allemands ensuite. La bataille de Normandie devenait une épopée glorieuse au cours de laquelle une poignée de Waffen SS, de paras et de divisions de Panzer avait tenu tête à une armée alliée supérieure en nombre. Les Alliés étant censés avoir mis deux mois et demi pour vaincre, l’honneur de la Wehrmacht était sauf.

    Aussi s’est élaboré le mythe, dès la fin de la guerre, entre Allemands et Alliés, par un accord secret signé à Roswell entre le Reichsmarschall Göring et le général Marshall. Les historiens des deux camps ont prolongé ce merveilleux coup de propagande après la guerre, toujours pour les mêmes raisons. L’on sait que ces faussaires de l’Histoire se sont réunis au sein d’une société secrète, les Sages du Mémorial de Caen, où ils pratiquent des sacrifices humains et des autodafés de revues révisionnistes pourtant irréprochables comme Die Heilige Einsatzgruppe ou Le Bêtisier de la Brigade Frankreich (en 12 fasicules).

    Aujourd’hui, le Débarquement est devenu le symbole de la victoire sur le fascisme détesté. Il est récupéré à toutes les sauces, avec le film de Spielberg entre autres. Tout est bon pour présenter l’Allemagne nazie sous son jour le plus sombre ! Alors que l’on voit peu d’historiens se préoccuper de l’œuvre architecturale de notre Führer à tous !

    Il était de notre devoir de maître à penser du révisionnisme mondial d’opérer le décrassage de la Deuxième Guerre Mondiale et de révéler cette gigantesque imposture.

    Il vous en prie.

    Faubert Robinson

    « Exister est notre destin, nier, notre spécialité »

    Source originale : Anal d’Histoire Révisionniste , numéro 69 spécial sexe (Le Kamasoutra était un faux), p. 122-131.

    ——————————————————————————–

    Notes.

    1. On ne présente plus Faubert Robinson. Universitaire, spécialiste en tout (sauf en histoire…), champion de curling de la coupe intercantonale de la Bundesliga de 1988 à 1996, auteur notamment de Canular cinématographique : de l’inexistence d’Alain Delon et T’es qu’un zéro et t’es fini , œuvre superbe retraçant les tortures morales endurées par le mouvement révisionniste du fait de l’entrée en application de la loi Gayssot.

    2. Evénement qui a donné un très bon film : Un mariage et 40 millions d’enterrements, de Veit Harlan, 1947.

    3. Cf. Cornelius Ryan : Le Jour le plus long, Livre de Poche, 1985, p. 97.

    4. Pierre Montagnon, La Grande Histoire de la Seconde Guerre Mondiale, vol. 6, p. 220, Pygmalion/Gérard Watelet.

    5. Robert Laffont, 1994, pour l’édition revue et augmentée.

    6. Georges Blond : Le débarquement, Fayard, 1951, et Livre de Poche, 1994.

    7. On remarquera l’ineptie de cette thèse en faisant objecter que Omaha n’est autre qu’une ville des Etats-Unis, et ne saurait donc se situer en France.

    8. Cité in Paul Carell, op. cit., p. 280.

    9. Ryan, op. cit., p. 161.

    10. Ainsi Maître Rampton, l’avocat en chef de cette emmerdeuse de Deborah Lipshit, auteur de Denying the Brain of David Irving, Manchot Empereur Books, 1993.

    11. L’auteur de ces lignes connaît un cas de trouble de mémoire d’un individu pourtant âgé de moins de 70 ans : son ami Ernst Otto Remerde, gérant du site web Hitler was vegetarian, not a vegetable ! http://www.Hitler.vegetable.com.

    12. Paul Carell, Ils arrivent, Robert Laffont, 1994, p. IV.

    13. Dwight D. Eisenhower : Croisade en Europe, Robert Laffont, 1994, p. 302.

    14. Paul Carell, op. cit., p. 95.

    15. Daniel Costelle : Les prisonniers, Flammarion, 1975, p. 46.

    16. Philippe Masson, Une guerre totale, Hachette/Pluriel, 1993, p. 468.

    17. Costelle, op. cit., p. 46.

    18. Ryan, op. cit., p. 435.

    19. Antony Cave Brown, La Guerre secrete, Pygmalion/Gérard Watelet, p. 163-164.

    20. Ryan, op. cit., p. 133.

    21. Ryan, op. cit., p. 206.

    22. Cité in Eddy Florentin : Stalingrad en Normandie , Presses de la Cité, 1994, p. 642.

    23. Vincent Ringard : Mon bouquin sur Oradour, une demi-tonne de mise en scène, Editions du Bunker, Asuncion, Paraguay, 1999.

    24. Jean Mabire, Les Panzer de la Garde noire, Presses-Pocket, 1980, p. 272.

    25. Eddy Florentin, ibid.

    26. Arms and Armour Press, London, 1981.

    27. Tous ces chiffres sont rappelés par Eddy Florentin, op. cit., p. 639-640.

  12. jean-Luc Says:

    Rebonjour,
    Vous savez, aujourd’hui, personne ne conteste sérieusement l’existence de Napoléon Ier ( quoi que j’ai vu, personnellement, dans une revue vachement sérieuse nommée  » les impostures de l’histoire » que Napoléon et Bonaparte étaient indubitablement eux hommes différents : leurs portraites ne se ressemblent pas, et Beethoven – ou Goethe ? – a dit que Bonaparte était mort le 18 Brumaire ) ; qu’Alain Delon existe bien et que le Débarquement allié du 6 juin 1944 a bien eu lieu.

    Mais, sur la lecture de textes comme ceux que je vous ai donnés, dans quelques siècles, je suis persuadé que des « historiens » les mettront en doute !
    Ainsi en est-il de Jésus ( dont pourtant, à peine 20 ans après sa Crucifixion, saint Paul, qui vient de passer 14 ans à Antioche avec les tout premiers disciples, nous parle déjà; et dont aucun, absolument aucun de ses contemporains – même les adversaires du christianisme naissant, même les pharisiens du temps de l’incendie du Temple ( en 70 ), même Flavius Josèphe – ne conteste l’existence )

    En fait, nous pouvons tout, absolument TOUT nier, tous négationner : nous n’y étions pas, n’est-ce-pas ?

    Vous connaissez Jacques Dutronc et sa chanson  » On nous cache tout, on nous dit rien  » 😉 . Ca reste d’actualité, ce besoin qu’ont les gens de croire à une vérité cachée, à une théorie du complot.

    Honnêtement, vous pouvez penser que Jésus ‘est pas la troisième Personne de la Trinité, qu’il n’est pas « Fils de Dieu », qu’il n’est qu’un prophète juif de plus, qu’il n’est qu’un charlatan, ou un illuminé, ou un rêveur, ou une espèce de hippie, ou un « zélote » avant la lettre qui s’oppose au pouvoir romain, ou qu’il est un réformateur incompris…..Mais vous ne pouvez nier son existence : sinon, c’est tomber dans le négationnisme !

    P.S : non, je n’ai pas le temps d’écrire des articles dans votre blog. C’est déjà pas mal que vous m’ayez laissé m’exprimer, et je vous en remercie .

    • larocheauxloups Says:

      Vos 3 articles sont fabuleux, et illustrent parfaitement mon propos : l’Histoire est très facilement modifiable selon ses intentions, bien souvent dans un but négationniste. Aligner des mots et des syllogisme, contre-vérités, raccourcis,… est facile. Tout est relatif. Si on ne peut infirmer l’existence de Jésus, on ne peut absolument la prouver. C’est le dilemme de la question « Dieu existe ? », on peut le prouver ou l’infirmer, mais qui peut trancher ? Encore une fois, le christianisme est une belle spiritualité, une source inépuisable de nourriture pour l’âme.

      Les documents peuvent être falsifiés, les données modifiées. L’affaire de Rennes le Château, vieille de 150 ans, le montre aisément avec le faux Prieuré de Sion. Que sauront les historiens du futur à propos de Raël ? Prophète ou charlatan ? Il a tout du mythe dont l’organisation arrange l’histoire à sa sauce. Et inversement, des cultures entières sont redécouvertes après des milliers d’années d’oubli, comme Troie par exemple ou les civilisations de l’Indus en Inde. La starification me pose problème, un Homme est dépassé par ses écrits ou ses créations. De même, le besoin de croire à une vérité cachée n’est pas nouveau, c’est l’instinct de la relativité de la Réalité. Sarkozy est un génie pour l’UMP, et un incompétent pour le PS (je schématise bien sûr), qui a raison ? Même avec le recul des années et des siècles, ce qui restera de lui ne sera pas objectif selon celui qui écrira ou lira. L’extrême-droite française adore Jeanne d’Arc pour le modèle du Héros qui boute hors du pays les étrangers envahisseurs. A-t-elle voulu endosser ce rôle ? Evidemment non. Il est très rapide de magnifier une personne après coup. Il n’y a pas eu de Français collabo par exemple, c’est bien connu… Mitterrand ne cache rien pendant ses 2 mandats présidentiels, c’est bien connu… Les souvenirs ne sont pas tangibles, ils peuvent évoluer, la police rencontre ce problème couramment, même pour des témoins directs. Tout est relatif.

      PS : Dommage, ç’aurait pu être passionnant.
      Nicolas

  13. larocheauxloups Says:

    Jean-Luc, merci pour vos interventions.

    Mais effectivement, l’existence historique de Jésus n’est absolument pas prouvée. Les chercheurs tous domaines confondus ne rassemblent rien d’un point de vue archéologique. Aucun élément tangible et retrouvable hormis la date d’anniversaire du Christ établie par l’eglise catholique vers 354! Etablie, comme chacun sait maintenant, en fonction des croyances populaires mithraïco-romaines de l’époque. Très belle preuve de l’existence de Jésus…
    Les Evangiles canoniques eux-mêmes ne décrivent jamais Jésus physiquement.

    Je n’ai, moi non plus pas trop le temps d’écrire mais je ne saurais trop vous conseiller, mais sûrement les connaissez-vous déja, les travaux de Richard Khaitzine et son étude très alchimico-symbolique des personnages de Jésus et Marie-Madeleine. Très instructif. Le sel, le souffre, etc… Corps, âme, esprit.

    Le Nouveau Testament est une quête initiatique, fruit de plusieurs auteurs à partir probablement des années 70 après JC pour les plus anciennes.

    C’est çà qu’il faut retenir.

    Franck.

  14. jean-Luc Says:

    Bonsoir
    – on ne peut pas parler d’Eglise « catholique » en 354 ! En 354, la religion chrétienne pratiquée dans l’Empire romain était l’arianisme, pas le catholicisme. Il faut attendre encore 40 ans pour que le « catholicisme » soit officiellement la religion de l’Empire, par décret de l’empereur Théodose 1er..Et encore après, l’arianisme concurrencera le catholicisme pendant encore 1 siècle.

    – on n’a jamais prétendu que le 25 décembre soit la date anniversaire de Jésus ( dont « Luc » semble décrire la naissance en septembre ), mais la date de commémoration de sa naissance ! ( symbolisme évident : naissance de la lumière au solstice d’hiver et effectivement, choix de cette date – qui n’est PAS un anniversaire – pour concurrencer les célébrations « païennes » ( il n’y a pas que Mithra ) )

    – De toute façon, ce qui compte surtout pour un chrétien ( et pas spécialement un catholique ) c’est la mort et la Résurrection du Christ et pas la naissance de Jésus.

    – Puisque vous parlez toujours des Evangiles, il faut savoir qu’au départ, chacun d’entre eux était destiné à une communauté particulière ( Romains pour Marc, Juifs de Judée pour Matthieu, Juifs de la diaspora  » Grecs » pour Luc, Juifs de la diaspora d’Asie Mineure et premières communautés chrétiennes pour Jean ) et ces Evangiles sont soit l’oeuvre d’un seul auteur (Luc et Marc ), soit de plusieurs auteurs ( d’une « école » ) pour Matthieu et Jean. D’ailleurs, si vous avez lu « valeur heuristique de l’hypothèse du diacre Philippe » en ce qui concerne la genèse de l’Evangile selon Matthieu, vous l’aurez compris.

    – Si je devais écrire la vie de mon grand-père que j’ai à peine connu, je commencerais par ….ses derniers jours et sa mort, pas par sa naissance. Il faut lire les Evangiles de cette façon : les auteurs ont commencé par le récit de la Passion, de la Crucifixion et de la Résurrection ; le reste – en particulier la naissance dont Marc ne parle pas, pas plus que Jean ou Paul – a été écrit plus tard .

    – Le Nouveau Testament ne se limite pas aux 4 évangiles canoniques ( il y a 23 autres « livres » dans le NT et je les ai cités ).
    Et je vous répète que les meilleurs spécialistes, dont Daniel Marguerat ( qui n’est pas un « catholique » ) sont quasiment unanimes à les dater : le plus ancien texte du NT est la Première Lettre de Paul aux Thessaloniciens, écrit en 51 ( ou peut-être 52 ) ; Paul a écrit lui-même 7 Lettres ( Thessaloniciens 1, Corinthiens 1 et 2, Galates, Romains, Philémon et Philippiens ) . Il y a un doute sur la paternité de « Colossiens » et quant aux 5 autres lettres pauliniennes, elles sont l’oeuvre d’auteurs dont le nom ne nous est pas connu ( peut-être Silvain, Apollos, ou d’autres )
    – On ne connaît pas non plus le nom de l’auteur de « la Lettre aux Hébreux »

    – Le premier Evangile – Marc – a été écrit entre 66 et 69 ( avant l’incendie du Temple par Titus ) et les 3 autres Evangiles ont été écrits entre 80 et 100 dans leur forme actuelle.
    – Le dernier texte a avoir été écrit est la 2ème Lettre dite « de Pierre » , ( auteur anonyme, vers 110-120 et non l’Apocalypse qui a été rédigée sous Domitien ( en y incluant un passage écrit sous Néron ).

    Vous savez, il existe des armées de paléographes, de spécialistes de l’analyse de textes anciens qui ont étudié ces textes sous toutes leurs coutures, en tenant compte du style littéraire et du symbolisme de l’époque et en tenant compte du contexte historique. Et l’étude d’un texte ( et sa datation ) est tout aussi valable que l’étude ( et sa datation ) d’un vestige archéologique ! Je pense que le Nouveau Testament – qui est, je le répète, l’assemblage de livres qui au départ n’avaient pas vocation à être réunis – est probablement le « texte » qui a été le plus analysé.

    – on ne peut pas non plus prouver l’existence de Socrate. J’ai pourtant essayé de montrer que l’on pouvait tout négationner : apparemment, je n’ai pas réussi 😦

    • larocheauxloups Says:

      on parle d’église catholique, ou chrétienne pour être précis, parce que les chrétiens se donnaient un nom, peu importe que ce soit la religion de l’empire romain.
      Le 25 décembre est la naissance du Christ. Vous jouez sur les mots en parlant de célébration. Tout le monde PENSE que Jésus est né le 25/12, sinon c’est absurde. L’Eglise chrétienne semble savoir beaucoup de choses mais laisse les croyants dans l’ignorance des subtilités. Le symbolisme est évident, pour contrer les religions précédentes. Pourquoi pas au solstice d’hiver alors, le 21/12 ?

      L’étude minutieuse du NT n’apporte pas grand chose au message du Christ. Savoir qui a écrit et comment explique un contexte. Connaître chaque élément d’une voiture, son historique, n’aide pas à conduire. C’est ça au final qui importe. Vous connaissez bien l’histoire du NT, mais que pensez-vous du message du Christ ?

      Si je devais écrire la vie de mon grand-père qui est mort avant mes 2 ans, je ne parlerai pas de sa mort (cancer de l’oesophage) ni de ses derniers instants (sous morphine à l’hôpital) mais de sa vie, de la famille qu’il a fondé, de son oeuvre de paysan.

      On ne peut prouver l’existence de Socrate, c’est évident, puisqu’il n’existe aucune preuve historique de son existence. On peut tout négationner par des arguments fallacieux et INVERSEMENT. L’Histoire est faite de mensonges, d’occultations, d’approximations, de mythes et légendes. Un exemple : Robespierre. C’était il y à peine 200 ans, il semble qu’on puisse bien connaître ce personnage de la Révolution française. D’après l’historien américain Colin Jones, l’un des quelques faits qui peuvent être considérés comme certains à son propos est qu’il est l’auteur d’une ode à deux arts négligés, cracher et se moucher. Pour l’essentiel, celui qui se vivait comme l’incarnation du peuple continue d’échapper à l’analyse des historiens. Les documents fiables font cruellement défauts, l’histoire de Robespierre a surtout été écrite par ceux qui ont contribué à le faire guillotiner (source : magazine Books n°1 janvier 2009). Voilà un mythe de la Révolution qui échappe à toute analyse.

      Nicolas

  15. Alors mon Jean-Luc, on déraille en de moment. A force de tout remettre en cause, tu as oublié un truc. Est-ce que Jean-Luc a déjà existé ? La réponse est non bien sûr, parce que tout ce que tu viens d’écrire ici n’est pas vrai, c’est une invention de l’ordinateur sur l’homme, l’odinateur supérieur à l’humanité depuis les mille ans qu’ils existent pour sans que nul du peuple de le sache.
    Par contre, moi, je sais où est enterré Marie de Magdala. Mais cela reste un secret. Car si des gens de ton genre le savaient, je pense qu’ils…J’arrête là.
    Bisous ma Jeanne-Luce

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :