Brisez les carcans mentaux

Un article coup de poing à l’intention des jeunes amorphes de notre pays gavés aux jeux vidéos, internet et tv, abrutis par leurs ipod à fond, pour les inciter à se réveiller, ouvrir leur conscience et renverser les idéaux des vieux cons apathiques. Stimulant !

Hého les jeunes, vous m’entendez ? C’est à vous que je m’adresse. Vous avez une chance inouïe. Vous allez sans doute vivre une des époques trépidantes comme l’Histoire n’en procure pas une par génération. Des moments inoubliables de transition civilisationnelle vers une nouvelle époque, un nouveau monde. Tout peut tourner boudin comme tout peut sourire. Ça dépend aussi de vous. Et de votre capacité à briser ces damnés schémas mentaux, enracinés par notre éducation, qui nous paralysent. Explications…

Vous avez beau vous proclamer comme des révolutionnaires les plus jusqu’au-boutistes, brailler que les vieilles valeurs ont vécu leur temps, que vous vous n’en avez rien à battre, impossible de vous en défaire. Au dernier moment, les vieux carcans inconscients de votre éducation vous reviennent comme une montée d’ail, des réflexes incontrôlables à la Pavlov, des fils inextricables dans lesquels vous vous empêtrez. Regardez autour de vous, c’est tout le monde pareil. Exemples…

L’argent, d’abord, la valeur suprême de ce monde finissant. Ce que vous avez pu le maudire celui-là, le vouer aux gémonies. Pourtant, il nous colle à la peau. Que demandent nos braves partis de la « vraie gauche » en ces temps de prétendue pénurie ? Une réévaluation des bas-salaires pour relancer la consommation ! Sans argent, on ne peut rien obtenir, rien acheter, nous assène-t-on. Il faut « mieux répartir les richesses », surenchérissez-vous, en confondant allègrement richesses et argent. Et les autres sournois, en face, d’en rajouter : il faut faire « des économies » (d’argent), l’argent manque, la dette…

En réalité, l’argent n’est pas rare du tout. Les patates, la viande, le pétrole, l’or peuvent être rares. L’argent, lui, est une pure invention des humains. À l’origine, un simple moyen d’échange des biens et des services produits. On le traduisait alors en pièces, puis en billets. La rareté de l’argent était censée refléter la rareté des biens et des services que l’état des techniques permettait alors de se partager. Mais aujourd’hui ? Notre planète croule littéralement sous l’indigestion de « richesses » que nous avons fabriquées à la pelle. Et l’argent n’est plus qu’un jeu pour un clan d’oisifs repus. L’argent n’est rien d’autre que des jeux d’écritures sur du papier ou dans des ordinateurs.

L’argent n’est pas rare. Il n’est rendu rare que pour certains, généralement par ceux qui pensent se l’être approprié et qui se servent de cette fausse « rareté » pour dominer les premiers. Le jeu, toujours. Pourtant, paradoxalement, cet argent n’existe pas ! Si aujourd’hui, tous les riches du monde se précipitaient dans les paradis fiscaux pour en retirer leurs tas de fric, ils n’obtiendraient rien ! J’explique…

Quand vous mettez mille euros sur votre compte, la banque a le droit d’utiliser cette somme cinq fois. C’est-à-dire qu’elle va prêter cette somme une fois à quelqu’un qui, par ses dépenses ou ses placements, va le ré-injecter dans le circuit bancaire qui va le reprêter… Et ainsi de suite cinq fois ! Aujourd’hui, pour alimenter leur machine économique goinfresque, la valse des sous va jusqu’à neuf tours. Et jusqu’à une bonne trentaine dans les circuits les plus dingues (les subprimes, Madoff…)

L’illusion ne fonctionne que si la machine économique tourne à plein régime. Mais supposez que celle-ci cale, comme en ce moment, et que cinq gugusses viennent chacun réclamer vos mille euros de départ. Eh bien, les cinq zigs se foutent sur la gueule et la banque est en faillite ! Pareil pour les paradis fiscaux. Ça vous en bouche un coin, n’est-ce pas ?

La dictature mentale de l’argent, n’est pas le seul carcan dont nous devons nous défaire. Prenez le travail, cette foutue arnaque qu’est la valeur-travail. « Pas d’emplois, pas de sou », nous serine-t-on, de droite comme de gauche, ou d’extrême-gauche. L’économie ne consisterait plus à produire des biens et des services utiles, mais à garantir des emplois ! Alors que les technologies nouvelles et la productivité permettraient évidemment de limiter les heures de travail et de soulager le monde d’une bonne partie du stress qui en résulte. Alors que, vous le savez bien, il y a des tas de choses qu’on peut maintenant s’échanger sans avoir d’argent : les logiciels libres, la musique, les films, les infos du web…

Évidemment, ceux d’en face ne manquent jamais de hurler à l’ « illégalité » ou à la « nocivité » de ces échanges économiques hors argent. Mais l’illégalité, la légalité, la « nocivité », c’est souvent affaire de perspective. Quelle différence entre vous qui fauchez « illégalement » une paire de Nike qui croupissait dans un magasin et les marlous qui s’octroient « légalement » des millions et des millions en stock-options ou en parachutes dorées ? Qui est le plus nocif à la collectivité ?

Et la croissance. « Sans croissance, pas d’emplois, et sans emplois pas de pépettes. » Mais quelle croissance ? Pour produire quoi de plus ? Et pour quoi ? Nous avons déjà bousillé toutes nos ressources naturelles et nos conditions climatiques de vie.

Et la fameuse inéluctabilité du processus, « leur » processus. La mondialisation triomphante, la destruction de toute régulation sociale au nom de la modernité…

Non non, les petits jeunes, tout ça c’est des embrouilles ! Si vous n’arrivez pas à éradiquer ces billevesées de vos cerveaux, vous allez droit dans le mur. Regardez les banlieues. On a lobotomisé tous ces loupiots avec les valeurs/carcans qu’ils devaient respecter pour « réussir ». Ils se rendent bien compte que c’est des charres, qu’ils n’ont aucune chance de sortir de leur ghetto. Mais en même temps, au plus profond d’eux-mêmes, ils ne parviennent pas à se délivrer d’un insidieux sentiment de culpabilité. Voilà pourquoi ils détruisent leur propre univers, leurs cages d’escaliers, leurs écoles, leurs quartiers. Voilà pourquoi beaucoup méprisent leurs parents qui, souvent en toute innocence, du fond de leur chômage chronique, leur ont inculqué ces imbouffables salades.

Ne passons pas d’un extrême à l’autre. Bien sûr que nous n’allons pas supprimer l’argent, le travail, les efforts… Mais arrêtons de prendre pour argent comptant les sornettes avec lesquelles ces salauds nous tenaient en respect. Avant de leur voler dans les plumes et de les mettre hors d’état de nuire, commençons par nous débarrasser de nos propres carcans mentaux. Se réapproprier les « valeurs » perverties, les mettre sur le tapis en toute conscience revenue. Les réorganiser. Dédommager ceux qui se coltinent les boulots nécessaires, mais surtout permettre à tous de pouvoir vivre décemment, y compris les chanceux qui, par la force des choses, échappent aux corvées. Rendre à l’argent sa vraie fonction : un simple moyen d’échange.

Voilà la véritable mission, la « révolution », que vous avez maintenant à mener, les jeunots. Nous, les plus chenus, nous allons prendre nos cannes et tenter de vous suivre. On va se marrer, vous allez voir…

http://yetiblog.org/index.php?post/LES-CARCANS-MENTAUX

Nicolas

Une Réponse to “Brisez les carcans mentaux”

  1. […] des nôtres. Le Mika déchaîné libère donc la parole authentique de ses chaînes (et donc de ses carcans mentaux) et nous dévoile les Antilles sous toutes leurs facettes, comme cet article impressionnant sur les […]

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