Centrale solaire spatiale

Futura-Sciences lève le voile sur un projet fou : Une société américaine promet de réaliser dans quinze ans une centrale solaire en orbite capable d’envoyer l’énergie au sol sous forme de puissantes émissions de micro-ondes. Un accord est déjà conclu avec une compagnie californienne de distribution d’électricité.

Depuis des décennies, l’idée de capter l’énergie solaire dans l’espace plutôt que sur Terre revient comme une antienne. En soi, le principe est logique. Dans l’espace, il est possible de s’affranchir du rythme jour-nuit et les nuages ne viennent jamais assombrir le ciel. De plus, en théorie, on ne manque pas… d’espace. Rien n’empêche d’augmenter la surface des panneaux, à peu près autant que l’on veut, l’absence de gravité (et de voisins) facilitant le déploiement de vastes structures. Enfin, les militaires y voient un moyen d’expédier une généreuse quantité d’énergie sur un champ de bataille, pour semer la pagaille dans les matériels électroniques de l’adversaire ou bien pour alimenter les troupes.

Les difficultés sont tout aussi faciles à imaginer. L’assemblage dans l’espace exige un grand nombre de lancements de fusées. L’orbite géostationnaire, seule envisageable puisque les capteurs doivent pointer toujours le même endroit au sol, est déjà bien occupée et sa dimension est limitée, ce qui réduit à peu de chose l’argument de l’espace disponible (sauf à imaginer des capteurs qui n’enverraient pas leur énergie vers la Terre, ce qui est une toute autre histoire).

La transmission vers le sol devra se faire avec un faisceau concentré de micro-ondes, ce qui occasionnera des dangers sérieux pour les satellites en orbites basses, ainsi que les avions et autres volatils évoluant dans l’atmosphère. Au passage, les pertes d’énergie seront assez conséquentes. La station au sol, faute d’un faisceau très concentré (à moins de penser à un laser), devra être de grande taille. Enfin, un tel engin spatial constituerait une arme redoutable si le faisceau venait à être dévié, volontairement ou non, sur une zone peuplée d’êtres vivants, humains ou non.

Pourtant, les projets de centrales solaires spatiales n’ont pas manqué aux Etats-Unis, où la Nasa et le Pentagone s’y intéressent depuis longtemps (voir les liens en bas de cet article), ainsi qu’en Russie et au Japon. L’affaire semble revenir outre-atlantique avec le projet de la compagnie d’électricité PG&E (Pacific Gas and Electric Company), simplement – et vaguement – rapporté sur son blog.

Cette société s’est approchée de Solaren, une très discrète entreprise californienne, créée en 2001 par des spécialistes du secteur spatial. Comme le confirme son PD-G Gary Spirnak dans un entretien publié par PG&E, Solaren espère mettre en orbite en 2016 une centrale capable de produire 200 mégawatts. PG&E vient de demander aux autorités de l’Etat de Californie (California Public Utilities Commission) la permission d’utiliser ce fournisseur d’un nouveau genre.

Une idée déjà ancienne qui revient au goût du jour grâce à la vague verte du développement durable. Idée lumineuse certes, mais qui pose beaucoup de problèmes de sécurité, et dont l’armée lorgne d’un mauvais oeil. Je comprends mieux pourquoi les théories de Tesla sont ignorées : elles sont appliquées légèrement différemment par des sociétés privées en soif de profits juteux. A quoi bon créer de telles centrales spatiales si c’est pour gaspiller encore et toujours l’énergie que l’on croit être abondante et bon marché ? Le serpent se mord la queue indéfiniment, la solution étant une vraie maîtrise de  l’énergie plutôt que de chercher de nouvelles sources d’approvisionnement plus dangereuses que le nucléaire.

Nicolas

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