L’énergie comme moteur de l’économie

Contre Info publie le point de vue de Michael Lardelli sur la crise économique et ses conséquences énergétiques. Michael Lardelli est Senior Lecturer en génétique à l’université d’Adelaïde. Depuis 2004 c’est un militant de la prise de conscience de l’impact du déclin de la production d’énergie résultant de l’épuisement du pétrole.

Sommes nous victimes de l’illusion consistant à croire qu’une quantité d’énergie infinie est à notre disposition ? Le véritable moteur de la croissance, souligne Michael Lardelli, c’est la quantité d’énergie disponible. Dans les scénarios couramment utilisés, le renchérissement des énergies fossiles devrait permettre la rentabilisation de sources de plus en plus onéreuses en terme d’extraction. Mais qu’en sera-t-il du bilan énergétique global de l’humanité ? Serons nous à mêmes d’augmenter indéfiniment la ressource ? Dans cette équation, intervient la rentabilité énergétique. Celle-ci décroit avec le temps. Il faut de plus en plus d’énergie pour extraire des ressources primaires raréfiées et difficiles d’accès. Ainsi, si nous n’y prenons pas garde, nous pourrions nous trouver dans une situation de goulot d’étranglement énergétique, avec une quantité globale disponible stagnante – ou pire déclinante – une population qui continue à croître et élever son niveau de vie, et une auto-consommation du secteur énergétique devenant non négligeable.

Voici les conclusions auxquelles aboutit Lardelli, à la suite de son raisonnement.

1) L’économie mondiale se contractera pendant au moins les 50 années à venir puisque la production de pétrole diminue, dès lors que le pétrole représente une proportion aussi importante de l’énergie mondiale utilisée et que c’est elle qui permet la production des autres formes d’énergie (par exemple l’extraction du charbon). Il peut y avoir une croissance économique locale et provisoire pour certaines régions disposant de concentrations locales d’énergie disponible mais, dans l’ensemble, la contraction sera la règle.

2) Les gouvernements peuvent essayer furtivement de détourner l’investissement énergétique nécessaire pour les infrastructures d’énergie renouvelable et nucléaire en ponctionnant le reste de l’économie. Ils peuvent faire cela par l’impression d’argent additionnel, puis en utilisant cet argent pour les investissements d’infrastructures de production d’énergie. Cependant, en faisant ainsi ils n’auront pas changé la quantité d’énergie dans l’économie. Tout ce qu’ils auront fait sera de diluer la contre-valeur d’énergie de chaque unité de devise. La valeur nominale de la richesse dans le reste de l’économie (la part non énergétique des infrastructures) n’a pas changé, mais la richesse réelle en termes d’énergie dans le reste de l’économie a diminué dès lors que de l’énergie a été détournée hors de ce secteur.

3) Une fois que la production d’énergie est en régression, le mensonge économique dominant actuel qui proclame que chacun peut devenir de plus en plus riche n’est plus soutenable. Dorénavant la richesse accrue d’une personne ne peut seulement advenir qu’aux dépens de la pauvreté accrue de quelqu’un d’autre. En fait, c’est pire qu’un jeu à somme nulle puisque l’économie ne faillit pas simplement à se développer – elle se contracte en réalité au fur et à mesure que le nombre de consommateurs (la population) augmente. Nous sommes arrivés à une fourche du chemin où nous pouvons soit partager la richesse (énergie) en voie de contraction d’une manière égalitaire, soit la voir se concentrer dans les mains de quelques uns au détriment de nombreux autres. Certains commentateurs financiers affirment que les renflouements des institutions financières aux Etats-Unis ainsi que l’impression inflationniste d’argent sont un exemple de transfert continu de la richesse à l’élite. Vu la forte stratification sociale de nos sociétés, nous prendrons le plus probablement la voie de l’inégalité.

4) Puisque les gouvernements et les milieux économiques ne réaliseront pas les investissements nécessaires en infrastructures de production d’énergie, il sera laissé aux individus et aux communautés locales de faire face au déclin de l’énergie disponible. En tant qu’individus nous pouvons réduire significativement nos besoins en énergie (notre dépense d’argent) en cultivant notre propre nourriture, en vivant plus près de notre lieu de travail et ainsi de suite. Cultiver notre propre nourriture est, naturellement, une méthode pour capturer l’énergie solaire, et donc une méthode pour gagner un revenu énergétique. Cette énergie incorporé en nourriture peut alors être échangée pour d’autres formes d’énergie incorporée telles que des articles fabriqués par d’autres. Pour les êtres humains, la nourriture est la monnaie finale.

Impressionnant ! Encore un scientifique qui prône l’autosuffisance et des principes de décroissance pour survivre à la crise économique mondiale et (sur)vivre au détournement global des richesses par quelques hiérarques. Le chemin est tout tracé pour un retour vers le féodalisme médiéval.

Nicolas

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