Le paradoxe des énergies renouvelables

Construire des éoliennes, c’est bien, mais cela ne suffit pas à réduire les émissions de CO2. L’exemple allemand.

« En Allemagne, environ 15 % de l’électricité du pays provient de l’énergie solaire, éolienne ou de la biomasse. Le secteur à créé 25 000 emplois et génère un chiffre d’affaires de 35 milliards d’euros. Mais il y a hic : cet essor n’a en rien profité au climat. » Le magazine allemand Der Spiegel jette un pavé dans la mare : « Aussi étonnant que cela puisse paraître, les éoliennes et les panneaux solaires récemment installés n’ont pas permis de réduire la production allemande de CO2. » Et d’expliquer : « Plus il y aura d’éoliennes en service, plus les centrales à charbon pourront réduire leur production. C’est en soi une chose louable. Le problème est que le nombre total de permis d’émission de CO2 reste le même. En conséquence, l’Allemagne a vendu ses permis inutilisés en Europe, notamment à des pays qui, comme la Slovaquie ou la Pologne, s’appuient beaucoup sur l’énergie du charbon. Grâce aux éoliennes allemandes, ces pays ont pu produire plus de gaz à effet de serre que prévu initialement. » Au travers du cas allemand, constate Der Spiegel, c’est « toute la politique de l’UE, vantée comme la plus novatrice au monde, qui est à blâmer. Quel que soit le nombre d’éoliennes installées, la quantité totale de CO2 qui peut être émise par les producteurs d’énergie et les industries ne change pas. » Il s’agit d’un secret de Polichinelle, précise le magazine. Il s’est procuré des courriels échangés en 2008 par des experts du parti des Verts allemands, qui tous soulignent l’inefficacité des législations en vigueur. Pour Der Spiegel, une solution serait  de « retirer des permis du marché dès qu’une éolienne entre en service. » Plus facile à dire qu’à faire. Une source interne au Parti social-démocrate (SPD) a confié à l’hebdomadaire que, « selon, lui, l’Etat ne pouvait retirer aux industriels les permis de polluer qui leur avaient été alloués sans susciter une bronca. ‘Que pensez-vous que les industriels nous diraient ?, interroge-t-il. En tant qu’homme politique, il y a tout simplement des tempêtes que vous ne pouvez pas affronter’. »

in Courrier International n°964 – 23 au 29/04/2009

Voilà l’envers du décor des énergies renouvelables : on a créé un système d’échange de droits de polluer, pour se donner bonne conscience et faire du business avec le réchauffement planétaire (quel cynisme…), et les efforts écolo tombent à plat. A quoi bon investir dans l’éolien ou le solaire ? La hausse de la demande énergétique balaie l’augmentation faiblarde des énergies renouvelables dans la part global de l’électricité produite dans le monde. Comment remplacer des dizaines de centrales nucléaires et des centaines de centrales au gaz et au charbon ? Le paradoxe des énergies renouvelables est le problème fondamental des énergies alternatives. Et la volonté politique ne suit pas en plus… Voilà qui conforte un peu plus les tenants du tout nucléaire.

Nicolas

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