Les anti-tout

Coordonnés grâce aux SMS, à Facebook et à Twitter, les sans-culottes du XXI° siècle disposent tous des mêmes moyens technologiques, mais ils diffèrent par leurs objectifs. « Un gamin m’a dit qu’il partait faire la révolution. J’ai vu un ami à moi portant cagoule et mouchoir sur le nez« , raconte une blogueuse de 23 ans. « Ce sont des anticapitalistes, mais je ne crois pas qu’ils sachent exactement ce qu’ils veulent. » La plus grave crise économique depuis la Grande Dépression s’assortit d’un mouvement de contestation qui lui est propre. Plusieurs villes, d’Athènes à Londres ou de Sofia à Dublin, ont connu des manifestations, voire des émeutes. Mais, dans l’histoire de la contestation, ce sont là des formes nouvelles. Bien que le FMI lui-même compare cette crise à celle des années 1930, les manifestations n’ont pas grand chose à voir avec la sinistre marche de la Faim qui, en 1936, avait traversé l’Angleterre depuis les chantiers navals de Jarrow, dans le Nord-Est, jusqu’à Londres. Ni avec l’idéalisme utopique de la génération de mai 1968. Pas plus qu’avec le nihilisme de la génération X, née dans les années 1970. On a affaire ici à des contestations politiquement engagées et antitout. « Ca y est, tout est anti. Le socialisme est devenu anticapitalisme et antimondialisation« , constate John Gray, philosophe à la London School of Economics et ancien conseiller de Margaret Thatcher. « Et les coalitions ratissent large. L’anticapitalisme englobe déjà des groupes qui ont des programmes non seulement différents, mais qui parfois aussi entrent en conflit les uns avec les autres. »

En France, le trotskiste Olivier Besancenot a merveilleusement bien capté l’air du temps en changeant le nom de son parti, passant de « communiste révolutionnaire » à « anticapitaliste« . Mais, pour certains observateurs, ces révoltes de la « deuxième Grande Dépression », plus « anti » que « pro », se révèlent très décevantes. « On a là des gamins pourris gâtés, représentants de la civilisation des loisirs, qui se filment avec une webcam en se faisant une banque ou un McDo« , résumait Jon Bew, rédacteur en chef du magazine Democratiya, lors d’un débat sur la culture contestataire sur la BBC. « Il n’y a aucune vision de l’après-capitalisme », déplorait l’historien Tristram Hunt.

L’intellectuel et écrivain Tariq Ali, qui était à la tête des manifestations étudiantes à Londres en mai 1968, n’y voit pas très clair non plus. « Le choix de l’anticapitalisme est un choix opportuniste qui vise à créer une alliance entre des gens qui ne savent pas nécessairement ce qu’ils veulent« , estime-t-il.

Andy Robinson, La Vanguardia
in Courrier International n°964 – 23 au 29/04/2009

Des mouvements contestataires déboussolés qui ne cherchent qu’à casser et s’amuser avant de retourner devant sa TV ou sa console de jeu. Totalement opportuniste, à l’image de nos sociétés actuelles. Le weekend dernier, englobant le 1° mai, a montré l’apathie générale en France, aux manifestations bien maigres parce que « il faisait beau, hein, c’est cool les longs weekend de mai »… Génération des loisirs, oui, sans consistance politique. La société de consommation a tout pourri ; consommer de la contestation sociale est devenu le nouveau mode de fonctionnement d’un monde qui meurt de cynisme.

Nicolas

2 Réponses to “Les anti-tout”

  1. Pour quoi dire « leave a reply »? Avez vous honte de parler français?
    Pourquoi Anticapitalisme? antimondialisation?
    La pire vérole, ce sont les hommes politiques de la planète.
    Partout, Ils vont décider comment partager les restes d’un gâteau dont ils ont pris la plus grosse part, sans avoir consenti le moindre effort pour le fabriquer.
    En plus, ils vont te donner des complexes quand, toi même, maître d’oeuvre, tu vas oser y toucher.

    • larocheauxloups Says:

      « leave a reply » fait partie de wordpress, support de ce blog.
      Les concepts de capitalisme et de mondialisation font partie de la panoplie libérale, et cachent la réalité de la commercialisation, de la marchandisation de tout et tous. Inutile d’aller chercher des pommes en Argentine alors qu’on en produit en Normandie. C’est ça la mondialisation absurde à combattre. Tout transformer en titres bancaires, tout transformer en capital a mené à la crise violente et systémique actuelle. C’est ça le capitalisme absurde, corollaire de la marchandisation du monde.
      Le capital, l’argent, sont des outils, pas des assujetissements des hommes. La mondialisation est le commerce mondiale, source d’échanges, de mixité, de progrès, pas détruire les emplois pour chercher le pays le plus accueillant et le moins cher.
      Nicolas

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