Bien mastiquer pour garder la ligne

Mastiquez, mastiquez, il en restera toujours quelque chose ! Plusieurs médecins mettent en avant les bienfaits de la mastication. Plus on mastique, moins on mange vite, or la satiété arrivant au bout de 15 à 20 minutes, cela influe sur la prise de poids et… sur les maladies.

« A consommateur égal, selon le temps et le degré de mastication, les aliments seront assimilés plus ou moins vite et auront un impact plus ou moins grand sur le poids », insiste le docteur Arnaud Cocaul, nutritionniste à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, qui publie, jeudi 7 mai, Le Régime mastication (Thierry Souccar Editions, 223 p., 17,50 €). « La mastication est indispensable pour stimuler la salivation, améliorer la digestion et assurer un bon degré de rassasiement. Plus on mastique, moins on mange », souligne le docteur Laurent Chevallier, spécialiste de la nutrition. « Une alimentation dure, difficile à mâcher, induit une élévation des dépenses énergétiques », constate par ailleurs une étude, menée sur les rats, par Marie-Agnès Peyron de l’Institut national de recherche agronomique (INRA).

En clair, en ne mastiquant pas assez, on mange trop. Cette tendance s’amplifie, car « les aliments n’ont cessé de se ramollir, de perdre leur texture, leurs fibres, leur dureté initiale », précise M. Cocaul. L’alimentation compte environ plus de 70 % d’aliments transformés et de plus en plus d’aliments mous : céréales du petit déjeuner dans du lait, plats préparés, hamburgers, purées, Smoothies « prêts à manger », etc.

L’alimentation est de plus en plus molle et de plus en plus nomade ; on la « gobe », surtout chez les jeunes, qui ont une alimentation souvent mécanique et qui ne prennent pas le temps de savourer. « On ne mange plus, on se remplit, résume M. Cocaul. Les aliments mous incitent ainsi à manger plus que ce dont le corps a besoin. »

Autre effet bénéfique de la mastication : elle favorise une meilleure digestion et souvent la disparition des coliques et des ballonnements. De plus, « mastiquer et broyer consciencieusement empêchent de déléguer ce rôle à l’estomac et à l’intestin, ce qui leur permet de moins travailler, donc, de moins pomper le sang et de laisser au cerveau la posssibilité de mieux penser », ajoute Arnaud Cocaul.

Les personnes qui mâchent bien auraient donc une meilleure vascularisation et une meilleure oxygénation du cerveau, assure le médecin. « Mais il est important de ne pas mastiquer « à vide« , c’est-à-dire en dehors des repas, ce qui signifie : pas de chewing-gums et pas de grignotage », prévient le docteur Valérie Magnin, cancérologue.

Lors du congrès Cancer et environnement – qui s’est tenu mi-avril à Aix-en-Provence à l’initiative de l’association Ressource -, le professeur Vincent Castronovo, de l’université de Liège, en Belgique, a recommandé de « manger lentement, sans stress et de bien mastiquer ». C’est l’un de ses quinze conseils pour réduire, notamment, le risque de récidive du cancer du sein. « Ces propos peuvent vous paraître loufoques, mais ils s’appuient sur de nombreuses études », indique-t-il.

Pascal Santi
© Le Monde 05.05.2009

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