La croix chez John Dee

Il nous faut maintenant philosopher un peu en vue de notre sujet, sur la CROIX. Bien que notre CROIX soit formée de deux droites (comme nous l’avons dit) et vraiment égales entre elles, celles-ci cependant ne se décomposent pas mutuellement en longueurs égales. Mais nous avons voulu employer en la distribution mystique de notre croix des parties tant égales qu’inégales. Elles montrent ainsi qu’une vertu se cache aussi dans la puissance des divisions binaires de la croix Æquilatère, puisqu’elles sont d’égale grandeur. Car, en général, la croix devant être formée de droites égales, la justice de la nature elle-même demande qu’elle soit faite par la décussation parfaitement égale des lignes. Selon la norme de cette justice, nous proposons d’examiner avec soin ce qui va suivre, sur la Croix Æquilatère (qui est la vingt et unième lettre de l’alphabet latin). Si, par le point commun de section et les angles opposés par le sommet de la Croix Rectiligne, Rectangulée et Æquilatère, on suppose une droite la traversant de part en part, de chaque côté de la ligne ainsi traversante, se trouvent formées deux parties de la Croix, parfaitement égales et semblables. Et la figure de celles-ci est semblable à cette lettre des Latins qui est regardée comme la cinquième des voyelles et qui était très usitée par les très anciens Philosophes Latins pour représenter le nombre cinq. Ce que je conçois n’avoir pas été fait par eux hors de propos, puisqu’elle est l’exacte moitié de notre Dénaire. De ces parties de la figure ainsi doublée (par cette division hypothétique de la Croix) qui en provient, nous sommes conduits par la raison qu’elles représentent chacune le Quinaire (bien que l’une soit droite, l’autre renversée) à imiter ici la multiplication carrée des Racines carrées. (ce qui advient ici merveilleusement dans le nombre circulaire, c’est-à-dire le Quinaire) ; d’où le nombre vingt-cinq se trouve, en effet, produit (puisque cette lettre est la vingtième de l’alphabet et la cinquième des voyelles). Nous considérerons maintenant un autre aspect de cette même Croix Æquilatère ; c’est le suivant, qui est semblable à la position de notre Croix Monadique. Nous supposons qu’une semblable division de la Croix en deux parties, est faite ici (comme plus haut). Alors se montre la figure géminée d’une autre lettre de l’Alphabet Latin : l’une droite, l’autre renversée et opposée ; cette lettre est usitée (d’après la très ancienne coutume des Latins) pour représenter le nombre cinquante. De là me semble qu’il faut d’abord établir ceci : de ce que ce signe du Quinaire est essentiellement tiré de notre Dénaire de la Croix, mais que celle-ci est placée au sommet de tous les mystères, il s’ensuit que cette CROIX est le signe hiéroglyphique parachevé. D’ou, renfermant dans sa force quinaire la puissance du dénaire, elle s’éjouit du nombre cinquante comme de sa propre production. O mon DIEU, combien profonds sont ces mystères ! et le nom EL donné à cette lettre ! Et même, pour cette raison, nous voyons qu’elle se rapporte à la vertu dénaire de la Croix, puisque, à partir de la première lettre de l’Alphabet, elle marque ce même dénaire de la Croix, et qu’elle se trouve également au dixième rang, en partant de la dernière. Et puis que nous montrons qu’il y a dans la Croix deux parties inté grales semblables à celle-ci (en considérant maintenant leur seule vertu numérale), il est très clair que le nombre centenaire en est produit. Et si, par la loi des carrés, ces deux parties supportent une multiplication mutuelle, elles nous donnent comme produit deux mille cinq cents ; et ce carré, comparé au carré du premier nombre circulaire et appliqué à lui, présente encore une différence d’un centenaire, de sorte que la Croix elle-même, s’expliquant suivant la puissance de son dénaire, est reconnue être une centurie ; et cependant, puisque tout ceci n’est que dans une seule et même figure de la Croix ; elle se trouve représenter aussi l’Unité. Ici donc, par ces théories de la Croix (les plus dignes de toutes), nous sommes déjà induits à nombrer et progresser de cette manière : Un, dix, cent. Et c’est ainsi que la proportion dénaire de la Croix se présente à nous.

in La Monade Hiéroglyphique de John Dee, traduction de Grillot de Givry parue qux éditions Chacornac en 1925

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