Le mystère placebo

L’effet placebo est aujourd’hui bien accepté par la médecine officielle. Aucune étude clinique sérieuse ne peut se faire sans en tenir compte et, à chaque fois, on observe que le placebo soigne un nombre important de patients. Tous les médecins l’admettent et beaucoup utilisent même l’effet thérapeutique du placebo dans leur pratique quotidienne : lors d’une enquête publiée en octobre dernier aux USA un rhumatologue sur deux a reconnu avoir recours à un placebo pour calmer ses patients !

Mais comment agit donc ce fameux placebo ? Est-ce la conviction que l’on va s’améliorer, la force de pensée du thérapeute qui va vous convaincre que vous irez mieux, la certitude d’employer un médicament efficace ? Tout ceci c’est l’effet placebo. Ce sont autant de graines semées dans le subconscient qui vont germer en guérison.

La suggestion mentale est connue depuis plusieurs siècles en médecine. Déjà, au XIII° siècle, le moine savant Roger Bacon décrit parfaitement comment la guérison s’améliore si le malade s’approprie la médecine qui lui est prescrite, pour que son âme s’en réjouisse et trouve en elle la force de la guérison. Deux siècles plus tard, Paracelse va même plus loin et considère que le malade finit par devenir ce qu’il imagine. Il mettait en garde contre la peur qui, en période d’épidémies, peut renforcer la propagation et la gravité du mal. L’image mentale que nous nous représentons de nous-même ne contribue-t-elle pas à notre devenir ? « Imaginez-vous dans un corps sain et votre intuition vous portera à des choix naturels qui renforceront votre santé. Demeurez dans la tristesse et vous finirez par avoir mal au coeur », disait-il.

Depuis, on a largement occulté cette voie de recherche. Et pourtant, la puissance de l’effet placebo ne semble pas avoir de limite, au point que la renommée de certains médecins, guérisseurs ou thérapeutes permet encore à bien des patients de se sentir pratiquement guéris ou soulagés par le simple fait d’obtenir un rendez-vous !

A l’inverse, il n’y a pas pire thérapeute que celui qui fait peur à son patient, qui lui brosse sans ménagement les risques de voir son état s’aggraver. C’est l’effet nocebo. Ce mauvais thérapeute empoisonne le mental de son patient, souvent lors d’un chantage aux soins. Si vous ne faites pas ce que je vous dis ou si vous ne prenez ce médicament votre état va s’aggraver. Et il s’aggravera, c’est certain. Car cela va travailler le moral. Il y a de la peur et de la culpabilité, des doutes, et le patient se croit même plus malade qu’il ne l’est. En fin de compte tout cela distille en lui un poison source de pensées discordantes et de mauvaises suggestions.

Le principe actif du placebo ou du nocebo, c’est la force de l’autosuggestion telle qu’elle peut s’appliquer en médecine. C’est ce qui pénètre notre subconscient et que le corps exécute.

Les scientifiques matérialistes refusent toujours de l’admettre. Pour eux, le placebo n’a de valeur que par comparaison avec un produit actif. Mais ils ne peuvent pas empêcher le placebo de se manifester… Alors, chaque médecin devrait se demander si l’essentiel de ce qui procure le soulagement et la guérison ne se trouve pas en dehors du champ des explications rationnelles ?

La logique voudrait que ceux qui raisonnent ainsi soient poursuivis en justice pour charlatanerie, mais comme le placebo est au centre de toutes les expérimentations officielles, on préfère ne pas trop se pencher sur le sujet… de peur d’avoir le vertige.

Docteur Paul Dupont

in Pratiques de Santé n°84 novembre 2008

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