Que savons-nous du temps?

Etienne Klein, ingénieur-physicien français du CEA, directeur de recherche sur les Sciences de la Matière au sein du même CEA et professeur en philosophie des sciences, est aussi spécialiste des questions liées au temps dans le domaine de la physique. Vulgarisateur autant que spécialiste confirmé, il se fend de quelques ouvrages écrits mais aussi de conférences tout à fait instructives dans les grandes écoles. Aiguillé par des amis tout autant en recherche sur la nature de la réalité, Maître Loup en sa caverne caché a posé ses yeux bruns sur une conférence du monsieur donnée à l’école Polytechnique en mai 2006 à des professeurs (donc pas des quiches en la matière). Etienne Klein nous parle du temps et de ce que la science peut en dire aujourd’hui. Un exposé très stimulant sur l’état de l’art, comme on dit, d’autant plus qu’il remet en place certaines idées stupides qui courent de plus en plus les rues aujourd’hui, trop souvent et facilement relayées par des gens n’ayant aucune connaissance réelle de l’histoire des théories pas plus qu’ils n’en ont des champs d’application de ces même théories.

Ainsi, qu’est-ce que le temps, quelle est sa véritable nature? Grosse question à laquelle Etienne Klein convient qu’il est difficile de répondre, même au terme de cette longue conférence filmée.

Partie 1/4:

dans son introduction, Etienne Klein commence par faire le ménage et distingue habilement la notion même de temps du fatras des abus de langage liés, comme il dit, à la temporalité. Où l’on s’aperçoit de la subjectivité intrinsèque du langage et/ou de la littérature qui, contrairement au Verbe universel qu’est l’arithmétique, ne sont en rien des outils de savoir infaillibles et peuvent parfois enduire d’erreur par simple confusions de notions ou d’idées mal comprises.

Partie 2/4:

où il est notamment question du génie visionnaire d’Einstein et à quel point les théories de celui-ci conditionnent notre vision du temps aujourd’hui.

Partie 3/4:

où, grâce à l’équation de Paul Dirac en 1932 et la mise en évidence de l’antimatière et des positrons par la synthèse de la théorie relativiste et de la théorie quantique, on a la preuve de l’impossibilité de la réversibilité de la courbe du temps et donc du concept de voyage dans le temps, du moins dans le passé. Ainsi, le temps est totalement indépendant, et donc à distinguer, des phénomènes temporels qui ont lieu en son sein.

Partie 4/4:

le jeu des questions-réponses où il est question de l’invariance CPT et de l’impossibilité d’un monde intelligible sans causalité (c’est-à-dire sans irréversibilité de la courbe du temps).

Même si cet exposé remonte à quelques années, il a le mérite de poser les concepts de manière précise tout en étant compréhensible par le quidam ne possédant pas forcément une grande culture scientifique. Par simple dialectique et esprit logique, les idées deviennent plus claires. En cette ère de 2012 brandi à tout va et de croyances New Age édifiées à coups de « grandes théories » fumeuses et de sois-disant « révélations » vide d’essence, il est toujours bon d’entendre des scientifiques conscients de l’impact des recherches contemporaines et ouverts à l’évolution des idées. Histoire de séparer le grain de l’ivraie, la science de la fiction, et de remettre les pendules à leur place!

Franck Balmary.

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