Archive for the Désinformations & manipulations Category

Quand le profit passe avant la santé : la propagande

Posted in Désinformations & manipulations with tags , , , , , , , on 9 décembre 2009 by larocheauxloups

Dans de nombreuses situations, le principe de précaution n’est pas pris en compte malgré les connaissances dont on dispose. Voici les phases de déroulement de ces catastrophes :

phase 1  Acceptation du produit et euphorie.

phase 2  Signaux précoces : premières découvertes de la nocivité du produit.

phase 3  L’industrie lance une offensive de publicité et de  minimisation du danger.

phase 4  Expertises d’innocuité.

phase 5  Choc de la réalité : signaux puissants, alertes sans équivoques.

phase 6  Tromperie gouvernementale et répression.

phase 7  Priorité aux intérêts économiques.

phase 8  Provoquer la confusion.

phase 9  Signaux tardifs : paralysie par l’analyse.

phase 10  Les catastrophes – l’interdiction du produit.

L’histoire de l’amiante donne un excellent exemple de l’évolution du processus de déni – qui serait distrayant s’il n’était tragique. Une idée de la stratégie argumentaire de l’industrie qui pourrait s’appliquer à d’autres domaines.

phase 1  L’amiante ne nuit pas à la santé.

phase 2  OK, elle nuit à la santé, mais ne provoque pas le cancer.

phase 3  OK, l’amiante peut provoquer le cancer, mais pas le type d’amiante que nous commercialisons.

phase 4  OK, notre amiante peut provoquer le cancer, mais pas le type de cancer dont ces personnes souffrent.

phase 5  OK, notre amiante peut provoquer le cancer, mais pas aux doses auwquelles ces personnes ont été exposées.

phase 6  OK, l’amiante peut provoquer le cancer à ces doses, mais ces personnes ont contracté le cancer à la suite d’autres causes, comme par exemple le tabac.

phase 7  OK, ces personnes ont été exposées à l’amiante et ont contracté le cancer, mais nous n’étions pas au courant des dangers au moment où ces personnes ont été exposées.

phase 8  OK, nous étions au courant des dangers, mais les délais montrent qu’il y a prescription.

phase 9  OK, il n’y avait pas prescription, mais si nous sommes jugés coupables nous ferons faillite et la situation sera pire pour tout le monde.

phase 10  OK, nous sommes d’accord pour accepter la faillite, mais uniquement si l’on ne touche pas à certains départements de la compagnie et si on accepte de limiter notre part de responsabilité par rapport aux dommages que nous avons causés.

source : Sheldon Rampton, John Stauber « Trust us, we’re experts » p.86

in Nexus n°74 mai-juin 2009

Le téléachat, désir de compulsion

Posted in Désinformations & manipulations with tags , on 22 septembre 2009 by larocheauxloups

Le téléachat a peu à peu colonisé les télévisions françaises, d’abord obscurément cantonné à TF1 ou M6, il est maintenant partout sur la TNT, de NT1 à TMC ou NRJ12. Il sert même de placard pour animateurs déchus, comme Marie-Ange Nardi sur la Une, ou le fils Bellemare sur M6. Placards dorés, stands de foire, retour aux grands moments des marchés avec les bonimenteurs et autres aboyeurs pour vendre une camelote douteuse tant elle est miraculeuse. Des programmes faciles à fabriquer, pas chers, et pourvoyeurs de chiffre d’affaire pour un secteur en mal de diversification.  Le groupe TF1 s’y est bien réussi, comme son concurrent M6. La TNT se contente de diffuser du téléachat américain (mal) doublé, disponible en Europe grâce à un réseau de distribution maintenant mondialisé.

Degré zéro de la création télévisuelle, le téléachat n’en reste pas moins fascinant par sa répétition incessante de phrases chocs et d’arguments massues. On peut en rire en coin, le mépriser ou le snober, le téléachat est la mécanique parfaite de l’achat compulsif, raisonné à grands coups d’arguments imparables, sur des thèmes qui nous touchent tous : le ménage, la santé, la forme, le bricolage… Le symbole parfait de la société de consommation à flux continu. Le téléachat est un programme hypnotique, nous sommes abreuvés à chaque instant de témoignages (mauvais et peu crédibles, mais qui fonctionnent dans l’esprit du spectateur), de chiffres, de facilités de paiement, d’une logorrhée incessante et enjouée qui nous empêche de réfléchir correctement. Le principe de la musique en supermarché : ne pas réfléchir pour acheter compulsivement.

Je me souviens d’un programme de téléachat sur une chaîne locale à New York. Avec un ami, on était resté scotché plus d’une demi-heure devant l’écran par la démonstration ubuesque d’un cuiseur pour viande (quoi d’autre aux USA !), en une débauche d’appareils sur le plateau envahi de quartiers de boeuf, de poulets, de travers de porc… Presque une insulte à tous les crève-la-faim de ce pays et du monde entier. Un public ébahi applaudissait sur commande (principe télévisuel de base) le bonimenteur au summum de l’hystérie commerçante, une prestation continue de sa capacité à parler et donner envie d’acheter. Un gimmick bien rôdé, « you set it, and… forget it ! », censé asséner l’intérêt primordial de ce cuiseur : pas la peine de s’en occuper, il cuit tout seul, juste comme on aime ! Une séance hypnotique.

Le téléachat est la téléréalité du pauvre, une zone utopique où les intérieurs crades deviennent paradisiaques grâce à un aspirateur révolutionnaire, où les corps flasques se transforment en étude de nu idéale, où le quotidien pénible est transfiguré en un parcours de santé par l’intermédiaire d’un outil révolutionnaire. Tous ces produits semblent géniaux et incontournables, bien que seulement vendus dans ces nouvelles foires télévisuelles, la notion d’exclusivité devenant argument de vente, alors qu’elle n’incite qu’à la méfiance pour ma part.

Le téléachat est une arnaque terrible, malgré les garde-fou commerciaux légaux, comme « satisfait ou remboursé », ou une garantie minimale dans la transaction. Il existe une hotline de commande, le consommateur est sécurisé, on n’est pas sur internet que diable ! Les tarifs sont prohibitifs pourtant, tant la qualité des produits paraît mauvaise, et sournoisement découpés pour s’afficher moins chers. Payer 3 mensualités de 36 euros, c’est pas énorme psychologiquement, mais la somme totale dépasse les 100 euros, qui n’est plus négligeable. Toutes les bonnes vieilles recettes de la vente sont exploitées, le téléachat devient alors le manuel du parfait commerçant, à défaut d’un autre intérêt.

Programme du matin, quand il faut ranger la maison, faire le ménage, préparer le repas, dans l’imaginaire des programmateurs TV, le téléachat se regarde d’un oeil, au risque de tomber dans une spirale hypnotisante qui emporte l’esprit dans une frénésie de désir de consommation. Répétition compulsive, rediffusion en boucle, témoignages biaisés ou joués, démonstrations douteuses, le spectateur ne peut échapper à l’emprise du téléachat, boîte à idées magique.

Le pire du téléachat, vu ce matin sur NRJ 12 : une ceinture abdominale qui ressemble à une grosse bouée bleue, reliée à une machine qui génère de la vapeur. Vapeur pulsé sur le corps, qui va permettre de maigrir sans effort, comme un sauna miniature. La démonstration dure plusieurs minutes, voyant défiler des hommes et des femmes aux corps superbes et parfais porter cet hideux appareil, complètement ridicules. Ils semblent « enceintes » d’un alien bleuâtre. Une scène montre même une sorte de cafétéria où des couples discutent tranquillement, cet appendice sur le ventre. A mourir de rire, n’était-ce l’argument malsain qui se dégage : perdre du poids sans effort, sans perdre de temps. Culte de l’immédiateté, du moindre effort. Le corps n’est qu’un véhicule, entretenu vite fait, mais qui doit être parfait. Du grand n’importe quoi, tim is money dans sa démonstration flamboyante la plus stupide. Un appareil à plus de 100 euros, qui ne doit pas coûter grand chose à la fabrication, et ne doit pas fonctionner longtemps. L’illusion de la réussite facile. Ecoeurant.

Nicolas

Médias, la manipulation

Posted in Désinformations & manipulations with tags , , , on 12 août 2009 by larocheauxloups

vidéo sur les média et leurs façons de déformer la réalité…

Sur la télévision, Pierre Bourdieu

Posted in Désinformations & manipulations with tags , , , , , , on 7 août 2009 by larocheauxloups

En ces temps où les médias dits « mainstream » sont vivement critiqués, il est intéressant de voir ce que Pierre Bourdieu disait à leur propos. Selon lui, « la télévision est un lieu de censure » mais pas simplement de censure politique ou économique (cette analyse étant d’après lui trop simpliste). Il tente de démontrer « toute une série de mécanismes qui fait que la télévision cache ». Pour Bourdieu, la connivence est inconsciente et « les manipulateurs sont aussi manipulés qu’ils manipulent ».

Robin des Villes – Agoravox 20/06/09

Les Yes Men

Posted in Désinformations & manipulations with tags , , , , on 22 juin 2009 by larocheauxloups

Les Yes Men, maîtres du canular ou hoax politique, activiste et festif (on se souvient avec émotion du costume doré à l’énorme bite déployé au cours d’une conférence de l’OMC en 1999), se sont distingués récemment en s’attaquant à Exxon, géant de l’industrie pétrolière. Pour la première fois, ce 14 juin 2007 à Calgay, Canada, ils ont été démasqués avant la fin de leur intervention. Est-ce le début de la fin de l’efficacité du hoax ? La prolifération et le débordement du canular à la télé diminuent-ils son efficacité stratégique ? Poptronics est allé poser ces questions à André Gattolin, doctorant et enseignant à Paris 3, qui termine actuellement une thèse sur les « modes d’inscription médiatique des formes canularesques en Europe et en Amérique du Nord » et affirme que les activistes ont volontairement été jusqu’à se faire arrêter. Pour un impact maximal.

A quoi reconnaît-on un canular ?

Bien avant d’être utilisé par les avant-gardes artistiques et plus récemment de proliférer sur Internet, le canular est d’abord une technique polémique assez sophistiquée de détournement des codes et des préjugés qui permettent habituellement aux individus de « cadrer » une situation nouvelle à laquelle ils se trouvent confrontés. Dans un monde en proie à l’ultra-médiatisation, nous ne jugeons plus qu’une chose est vraie en fonction de ce qu’elle est objectivement, mais suivant le degré de crédibilité qu’on daigne accorder à ceux qui la présentent. Le canular s’amuse du conflit permanent qui existe entre réalité objective et réalité médiatée. En créant un objet ou une information fausse, exposé(e) ou relayé(e) par l’entremise d’un intermédiaire réputé « objectif » (c’est-à-dire une instance possédant une autorité légitime pour accréditer la prétendue véracité de l’objet ou de la nouvelle), les auteurs d’un canular soulignent que la manipulation de toute chose est à présent possible. De fait, le hoax ou le canular vont plus loin que la simple imposture ou la pure escroquerie, car ils intègrent la révélation de la supercherie comme le moment capital du processus mis en œuvre. La rhétorique propre au hoax, c’est de faire prendre le faux pour le vrai (ou le crédible), afin de pouvoir ensuite en dénoncer publiquement la fausseté et surtout la capacité de la victime à s’être laissée tromper.

Cette façon de faire n’est donc pas née avec l’Internet ?

Sans en porter encore le nom, les premiers canulars remontent au XVIIIe siècle. Le terme de canular est apparu dans la langue française durant la deuxième moitié du XIXe siècle et le mot a pris le sens que nous lui connaissons actuellement au cours des années 1950. Mais comme toujours le vocabulaire est en retard sur les pratiques et les réalités sociales. Les canulars surgissent en Angleterre et en France dans une société pré-industrielle où les relations sociales et les échanges économiques connaissent de profondes transformations. Pour faire simple, les échanges et les transactions ne s’opèrent plus dans un univers fermé où les gens se connaissent, mais dans un monde qui s’ouvre sur l’étranger, où les échanges sont médiatés et où chacun est contraint d’accorder sa confiance à autrui sur la base de représentations et d’apparences bien davantage que sur des faits avérés et une expérience directe des choses.

Le canular a-t-il toujours une dimension politique ?

Le canular a pour nature – quand il est réussi – d’être à la fois transgressif et spectaculaire. Cela en fait un formidable instrument de guérilla communicationnelle, une arme non conventionnelle de perturbation du discours dominant. Depuis sa naissance, il a essentiellement été utilisé par des groupes minoritaires et contestataires pour ébranler la pensée instituée du moment. Au cours des deux derniers siècles, chaque période de transformation profonde de la société a produit une recrudescence significative de canulars. Ainsi, l’émergence d’un nouveau média s’accompagne presque systématiquement d’un moment de prolifération canularesque : ce fut le cas avec la démocratisation du livre au 18 e siècle, avec la naissance de la presse populaire au XIXe siècle, avec l’essor de la radio et la téléphonie durant la première moitié du XXe siècle (rappelons-nous la célèbre émission d’Orson Welles sur la « Guerre des Mondes » en 1938), avec l’explosion du média télévision à partir des années 1960 et plus récemment avec l’irruption d’Internet et des nouveaux outils numériques de communication.

L’Internet a tout de même démultiplié le phénomène ?

Sans conteste, oui. La rencontre du canular avec l’Internet s’inscrit dans l’évolution logique des rapports qui ne cessent de se tisser entre la société et le phénomène communicationnel. La communication occupe une place centrale dans notre vie et dans celle de la société. Les codes sont devenus plus subtils et les publics plus avertis. Les hoaxers doivent faire preuve d’une grande créativité pour contourner les protections mises en place par les pouvoirs et les institutions communicantes. En même temps, chacun – grâce au numérique – a désormais accès à la fonction de producteur ou de diffuseur d’informations. L’information va de plus en plus vite sur une base non plus nationale ou régionale, mais véritablement planétaire. Ceux dont le métier est de vérifier l’information (les journalistes) et ceux dont la fonction est de la contrôler (les censeurs) sont soumis à un flux et à une immédiateté qui rend le système médiatique global extrêmement perméable aux intrusions facétieuses des canuleurs.

Les Yes Men à moitié démasqués lors de leur intervention contre Exxon, est-ce le début de la fin de l’efficacité du hoax en tant que mode d’action activiste ?

Le dernier hoax des Yes Men contre Exxon Mobil et l’industrie pétrolière est un beau cas d’école pour comprendre ce qu’est un canular médiatique aujourd’hui. D’abord, parce que si le hoax répond globalement à une mécanique qui fait se succéder une phase de mystification de la cible ou du public, puis une phase de révélation de cette mystification, il existe néanmoins à partir de ce schéma de base toute une série de déclinaisons possibles qui font la richesse du procédé. Une de ces déclinaisons majeures porte sur le moment et la nature de celui qui provoque la révélation. Une des démarches fréquente des hoaxers actuellement est de laisser durer la mystification pour pouvoir procéder eux-mêmes et dans un second temps à la révélation de leur imposture. Entretemps, la fausse nouvelle a quelques chances de se propager, d’être relayée par les médias, de créer une sorte de « buzz » qui rendra la révélation à suivre plus « impactante » et plus spectaculaire. Mais cette dissociation entre le temps de l’imposture et celui de sa révélation, entre le moment où le faux devient vrai et celui où la révélation de la falsification devient vérité, a pour inconvénient de contraindre le hoaxer à ne pas aller trop loin dans la mystification initiale. S’il pousse l’exagération et la caricature trop avant lorsqu’il réalise sa performance, il court le risque d’être pris sur la main dans le sac. D’un autre côté, si, pour garantir la crédibilité de sa mystification, il se livre à un pur et simple exercice de mimétisme de sa cible, sa performance perdra l’effet d’amplification de l’événement que confère le recours à la satire et à la caricature. Le hoaxer aura certes loisir de laisser courir sa supercherie, mais la puissance de la dénonciation à laquelle il procédera à la suite de la révélation perdra beaucoup de sa valeur transgressive et subversive.

Les intentions des deux auteurs, Andy et Mike sont-elles politiques ou artistiques ?

Les Yes Men aiment procéder à ce qu’ils nomment une « rectification d’identité » (identity correction). Leurs cibles privilégiées sont les grandes corporations industrielles, commerciales ou financières aux politiques sociales et écologiques parfaitement cyniques. Afin de ne pas provoquer la vindicte de l’opinion publique, et voir leur image publique affectée, perdre des parts de marché et en subir les conséquences financières sur les places boursières, ces institutions internationales « habillent » généralement leur discours d’atours politiquement corrects. La démarche des Yes Men consiste à prendre la parole en lieu et place desdites corporations (c’est-à-dire en se faisant inviter en leur nom à de grandes conférences professionnelles) pour leur faire tenir en toute liberté et avec le plus parfait cynisme des propos en conformité réelle avec leur idéologie et leurs pratiques. Les Yes Men sont des activistes qui visent à sensibiliser un large public aux problèmes posés par la mondialisation et par le pouvoir exorbitant pris par certains groupes industriels au sein de la société. Même s’ils ne dédaignent pas l’étiquette d’art-activistes qui leur est souvent accolée et qu’ils font preuve d’une grande créativité et d’un sens inné de la performance, ils se revendiquent d’abord comme des acteurs politiques. Leurs performances sont au service du message et des idées qu’ils entendent véhiculer, bien plus qu’au service de leur renommée personnelle ou artistique.

S’attaquer à Exxon Mobil, est-ce bien raisonnable ?

Les Yes Men n’en sont pas à leurs premières passes d’armes avec Exxon Mobil. La multinationale pétrolière est depuis de nombreuses années sous le feu des critiques pour sa politique et ses liens étroits avec l’administration américaine. Redoutant des attaques du type de celles des Yes Men ou d’autres groupes activistes, elle s’est dotée d’importants moyens pour contrer ce type d’opérations et contrôler au mieux leur communication publique. Lors d’un récent entretien que m’ont accordé les Yes Men, ils reconnaissaient que leurs premières tentatives de piéger Exxon Mobil début 2007 avaient échoué et que plusieurs de leurs faux sites Exxon avaient été repérés et effacés du cyberespace. En réussissant à créer ce printemps de nouveaux sites-leurres auxquels les organisateurs de la conférence de Calgary se sont laissé prendre et en parvenant à déjouer tous les contrôles de l’organisation jusqu’à leur intervention finale, les Yes Men sont donc déjà parvenus à réaliser un véritable exploit.

Tu veux dire qu’ils s’attendaient à être emmenés par la police ?

Leur intention préalable dans le cas de ce canular n’était visiblement pas d’échapper à une éventuelle découverte de leur imposture au moment où ils la perpétraient devant une assemblée composée notamment de certains hauts cadres d’Exxon Mobil. Contactés après leur forfait, les Yes Men confirment en effet la chose. Bien que très importante dans le petit milieu de l’industrie pétrolière, cette grande conférence annuelle est en général bien peu médiatisée. S’ils avaient opté pour une stratégie plus profil bas, c’est-à-dire plus réaliste et moins morbide, l’auditoire serait peut-être resté dans l’illusion jusqu’à la fin de leur speech, mais l’impact de la révélation a posteriori aurait été plus faible et l’événement aurait pu passer inaperçu. En forçant le trait et la provocation, en se faisant arrêter sous les yeux du public et d’une opportune caméra présente sur les lieux, puis séquestrer quelques heures par les services de sécurité, les Yes Men sont parvenus à réaliser un happening au retentissement international. Une publicité négative dont se serait bien passé la direction d’Exxon Mobil !

La médiatisation de l’arrestation serait donc une arme supplémentaire contre Exxon ?

Nous retombons là sur une des caractéristiques essentielles du canular qui le distingue de la simple imposture ou supercherie : l’auteur du canular accorde une importance capitale au fait que sa mystification, une fois réussie (et cela fut le cas dans le hoax contre Exxon), fasse l’objet d’une révélation publique. En l’occurrence, il importe peu que l’imposture ait été débusquée par un membre de l’assistance ou plus tard par les Yes Men eux-mêmes, puisque ces derniers avaient préalablement souhaité cette forme d’issue.[…]

© Poptronics 26/09/2007

Des génies du canular médiatique poussé jusqu’à l’extrême, au service de bonnes causes humanistes et environnementales. Le must de l’activisme professionnel humoristique. Incontournable. Un documentaire très bon a été tourné sur leurs activités, »The Yes Men ». Complément hilarant sur cette bande d’olibrius de talent, qui fournissent des réflexions intéressantes sur les médias et la politique.


www.theyesmen.org

Nicolas

Le 9/11 remis en cause par d’anciens hauts responsables US

Posted in Désinformations & manipulations with tags , , , , , , on 12 juin 2009 by larocheauxloups

Réseau Voltaire explique :

Plus de 40 citoyens états-uniens ayant travaillé pour différents services de Renseignement et de Contre-terrorisme ont sévèrement critiqué le compte-rendu officiel du 11-Septembre ; la plupart d’entre eux demandent une nouvelle enquête. Il est scandaleux que la majorité des États-uniens [et des populations des pays de l’OTAN] soient maintenus dans l’ignorance totale de leurs déclarations publiques, conséquence immédiate du refus des organismes de la presse comme des médias de masse de traiter cette question d’une extrême importance. La crédibilité de ces personnes et leur loyauté envers leur pays ne peuvent être mises en doute, ce que démontre les années de service passées à collecter et analyser l’information, à planifier, et à effectuer des opérations cruciales pour la sécurité nationale des États-Unis.

Ces 41 personnes ont travaillé pour le Département d’État, l’Agence de la sécurité nationale (NSA), l’Agence centrale de Renseignement (CIA), le Bureau fédéral d’investigation (FBI), l’Administration fédérale de l’Aviation (FAA), Le Bureau des douanes et de la protection des frontières ainsi que pour diverses sections de l’armée des États-Unis.

Liste à consulter dans l’article. Impressionnant, les langues se délient de plus en plus aux USA. Pendant ce temps-là, en France, petit pays des Droits de l’Homme, il ne faut surtout pas mettre en doute la thèse officielle du 9/11. Certaines stars en ont fais les frais… Conformisme hexagonale !

Nicolas

Collection « Les dix plus gros mensonges »

Posted in Désinformations & manipulations with tags , , , , , , on 2 juin 2009 by larocheauxloups
« Il y a deux histoires : l’histoire officielle, menteuse…
puis l’histoire secrète où sont les véritables causes des évènements, l’histoire honteuse. »
Honoré de Balzac
Illusions perdues

Erreurs, approximations, mensonges délibérés, vérités partielles ou partiales, prédominance d’une seule pensée : peu de domaines aujourd’hui échappent à ces phénomènes. Paradoxalement, la surinformation y contribue. Tant de choses s’écrivent et se publient qu’aucun de nous ne peut tout vérifier. Paradoxalement aussi, alors qu’on aurait pu espérer que la démultiplication de l’information s’accompagnerait d’une pluralité de points de vue, nous voyons au contraire proliférer cette pensée unique qu’il est de bon ton de dénoncer… sans pour autant qu’on lui propose de remède.

L’ambition de cette collection n’est pas de substituer une pensée dogmatique à une autre, ni des croyances à d’autres. En mettant en lumière divers mensonges, elle n’a pas pour but de proposer à leur place des vérités absolues. Son objectif premier est de contribuer à développer en chacun le discernement, la curiosité ; à accepter – quand nous n’avons pas d ‘autres choix – l’incertitude ou la pluralité d’opinions qui caractérisent tous les domaines intellectuels et scientifiques.

Les points de vue exprimées ici et les mensonges mis en évidence peuvent nous surprendre, voire parfois nous choquer. Devons-nous alors croire ou rejeter ce qu’affirme tel auteur ? Ni l’un ni l’autre : il ne s’agit pas de « croire », mais de constater, dans un premier temps, que sur un même sujet existent des informations divergentes. De chercher, ensuite, de se documenter et de réfléchir ; chaque ouvrage comporte une bonne bibliographie à cet effet. De vérifier, quand c’est possible. De tenter de se forger une opinion – ou plusieurs. D’accepter l’inconfort du doute, enfin, quand on ne peut pas faire autrement.

Il faut deux yeux pour voir en relief, deux oreilles pour entendre en stéréo. Il est sain, sur un même sujet, de pouvoir cultiver au moins deux points de vue différents, voire opposés, comme le pratiquaient les sophistes de la Grèce antique. « Le signe d’une intelligence supérieure« , disait Scott Fitzgerald, « est de pouvoir entretenir simultanément deux idées contradictoires dans son esprit, et de continuer d’agir« . CONTINUER D’AGIR. La diversité d’opinions ne doit pas nous paralyser, mais nous donner envie d’aller plus loin, jusqu’à développer une vision plus plus claire et plus complète.

Si cette collection pique votre curiosité, si elle titille vos méninges et vous stimule à remettre en question certaines idées, à douter de croyances déguisées en savoir et à donner plus de relief à vos opinions, elle aura atteint son but.

Olivier Clerc

Formidable initiative des éditions Dangles, des livres passionnants qui décryptent et décortiquent des sujets sensibles mais tellement intéressants : les vaccins, les médicaments, le sida, la sclérose en plaques, l’accouchement, l’allaitement, l’amour et la vie de couple, mais aussi l’économie ou l’école à la maison. Nécessaire.

Nicolas