Archive for the Politis Category

Karl Marx, mise au point

Posted in Politis with tags , , , , , , on 14 octobre 2009 by larocheauxloups

couv MarxQue savez-vous sur Karl Marx ? Qu’il a inventé le concept de lutte des classes ? Erreur : le mot a été cité pour la première fois par le philosophe positiviste Auguste Comte. Qu’il est à l’origine du parti d’avant-garde ? Faux, c’est son ami Friedrich Engels qui a inventé ce concept repris ensuite par Lénine. On croit tout savoir sur Karl Marx : il est si connu ! Aucun penseur n’a suscité autant d’exégèses, aucun révolutionnaire n’a éveillé autant d’espoirs. Qui, à part les grands fondateurs de religions comme Bouddha, Jésus ou Mahomet, peut se targuer d’avoir eu une telle influence ?Après vingt ans de purgatoire, dû à l’effondrement de l’empire soviétique, le voilà à nouveau en vogue grâce à la crise financière. Un film britannique sur la vie du jeune Marx à Paris est en cours de tournage, un producteur chinois est en train de lancer une comédie musicale sur Le Capital, et, au Japon, un éditeur vient de publier avec succès une version romancée et simplifiée du Capital sous forme de manga… Marx, icône hollywoodienne ? Faut-il craindre de nouveaux contresens ? Rarement, en effet, un auteur aura été autant et si vite trahi.

Le Point propose un hors série complet sur Karl Marx, personnage fascinant, auteur prolixe et penseur fondamental d’un monde en plain changement, qui nous a mené des révolutions industrielles anglaises à la crise financière mondiale qui n’en finit pas d’agoniser. Un document passionnant qui permet de mieux comprendre et cerner l’homme et ses écrits, et d’éclairer nombre d’approximations colportées depuis la mort de Marx

Disciple de Hegel, Marx s’en affranchit très vite, en écrivant plusieurs textes qui annoncent le génie à venir. Avec son ami de toujours Engels, ils signent Le manifeste du parti communiste. Dans l’ombre du génie, Engels soutiendra toute sa vie un Marx bordélique, qui écrit beaucoup et n’importe où, toujours en avance sur son temps, mais dépassé par les contingences financières. Un Marx plus humain, que nous découvrons mari amoureux et père de famille, mais aussi leader socialiste et syndicaliste. Un Marx qui s’imprègne des idées socialiste lors de son séjour à Paris, lisant Saint-Simon, Proudhon, Louis Blanc, Bakounine… Marx vit « le printemps des peuples » en 1848, soutient les ouvriers français et allemands. Mais l’échec de ce mouvement le conduit à Londres, d’où il va pouvoir créer et diriger la Première Internationale.

Marx est aussi un économiste brillant, analysant l’argent et ses mouvements dans son oeuvre magistrale, Le Capital, somme de réflexion sur le capitalisme naissant, éditée en plusieurs volumes jusqu’après sa mort, tant ses écrits sont nombreux. Des textes novateurs qui veulent comprendre le fonctionnement de l’argent et de la société capitalistique en devenir. Sa mort va le propulser au firmament des penseurs et philosophes socialistes, ses idées sont récupérées par toute la mouvance révolutionnaire qui mène à la révolution russe de 1917 et la première société communiste. Peu à peu dévoyées, altérées, assaisonnées, les idées de Marx sont tordues au point d’être utilisées à contre-sens du principe originel voulu par Marx. Des malentendus qui le transforment en ridicule créateur du communisme moribond après 1991.

Il faut revenir aux textes, à l’oeuvre  foisonnante de Marx pour comprendre sa pensée, complexe et moderne, substrat d’un 20° siècle bouleversé et sanglant. Les révolutions sont toujours violentes et sanglantes, et Marx a trop été le prétexte à des agissements violents sou couvert d’une prise de pouvoir. Lénine et surtout Staline vont se servir des concepts de Marx pour justifier d’un pouvoir étatique brutal soi-disant au service du prolétariat. Marx est trop connoté gauchiste révolutionnaire pour être pris au sérieux maintenant, alors que débarrassé de ses oripeaux superficiels, il révèle une pensée profonde et vivifiante. Même si largement dépassée : la dictature du prolétariat n’aura pas lieu, l’humanité a changé (malgré des comportements universels et intemporels). Qui sera le prochain Marx pour analyser le 21° siècle naissant et préparer l’après-crise ?

Nicolas

Pétitions, pièges à cons

Posted in Politis with tags , , on 4 octobre 2009 by larocheauxloups

Faire une pétition, la signer pour montrer sa colère, son opposition, son coup de gueule, à quoi ça sert finalement ? Un gaspillage de papier au mieux, un brassage de vent au pire. Qui s’intéresse vraiment à la pétition qu’il signe ? Ce sont toujours des thèmes banals et tellement évidents que personne ne peut refuser de signer la pétition proposée. Qui peut soutenir la faim dans le monde ou l’épidémie du SIDA ?

La pétition dans son principe même est une perte de temps, rares sont ces bouts de papier qui ont eu une véritable force capable de changer quoi que ce soit à la marche du monde. On a dit longtemps que les politiciens y portaient un regard particulier, soucieux de leur image de marque et de leur réélection. Mais leur légitimité puise sa force dans leur élection : un bulletin de vote a un poids démocratique et républicain, c’est le choix des électeurs, malgré les pressions et autres manipulations possibles. La pétition n’est que la représentation d’un avis populaire, d’un point de vue de la foule sur des phénomènes qui la dépassent.

La pétition est une émotion vécue par le peuple qui alerte maladroitement ses édiles sur des thèmes importants à ses yeux. Elle n’a vocation qu’à être un signal, sur un sujet précis. Signer une pétition contre la faim dans le monde est absurde, tant le sujet est complexe et mondial. Signer une pétition contre une antenne-relais sur le toit d’une école est un signal fort envers un maire ou un député. Mais il existe des moyens plus efficaces pour faire savoir ses griefs aux dirigeants que nous avons élus. Tel est le principe de la démocratie après tout : le peuple choisit.

Et le peuple de citoyens doit montrer son intelligence envers ses dirigeants. Envoyer des kilos de papiers noircies de milliers de noms, prénoms et signatures n’élève pas le débat démocratique. La pression du peuple se joue dans les urnes, pas par la Poste. Savoir communiquer avec nos dirigeants s’apprend, mais s’avère nécessaire au fonctionnement de la démocratie. En France, pays bureaucratique, nous avons trop l’habitude de s’appuyer sur le papier, graal de l’usage politique. D’autres solutions plus dynamiques existent, dont la démocratie participative. Derrière un nom pompeux et maintenant galvaudé depuis les dernières présidentielles, se cache une réponse fondamentale à la politique de l’autruche citoyenne. S’engager véritablement dans le fonctionnement démocratique, en réunions locales pour communiquer et faire remonter ses griefs, remarques et désirs du local au national.

Utopie politique ? Non, juste un manque de volonté des citoyens bien assis dans leurs fauteuils d’occidentaux. Nous avons des problèmes plus importants à régler que la politique ? Oui, bien sûr, mais ceci n’empêche pas cela. Ailleurs, des êtres meurent de faim, de soif, de coups, de torture sous des régimes plus violents ou coercitifs. En sommes-nous là en France ? Non. La mollesse citoyenne est juste un symptôme. Nous sommes désabusés de la politique ? Il n’y a pas de fatalité. Le citoyen doit se prendre en charge au lieu de toujours pleurer, les politiciens ne viendront pas le chercher et le prendre par la main. Nous ne sommes plus en cour de maternelle.

Nicolas

Diogène, les philosophes et le service des tyrans

Posted in Politis with tags , , , , on 2 octobre 2009 by larocheauxloups

Article passionnant sur le blog de Eric Poindron, Le cabinet des curiosités, des étrangetés et des singularités, à propos de Diogène et du mouvement anti-philosophique qu’il a initié : le cynisme. Attention, pas le cynisme moderne, trop fortement connoté « ironie mordante », non, le vrai cynisme originel : faire le chien, imiter le CHien, surnom du maître Diogène.

Philosophie non systématique et non dogmatique, tout entière résumée dans le comportement de son fondateur, le cynisme est présenté par les doxographes de l’Antiquité comme un « raccourci » vers le bonheur ou vers la vertu : rejetant la « voie longue » et plus fréquentée que préconisaient les autres philosophies, voie qui passait par l’étude et l’acquisition de connaissances théoriques, le cynisme prétendait mener au bonheur par la seule pratique de l’ascèse. Aussi s’est-il vu reprocher simultanément sa facilité (parce qu’il rejetait apparemment l’« effort » intellectuel) et sa difficulté (parce qu’il avait la prétention de commencer par ce qui passait pour le plus dur : la mise en pratique de la théorie) ; et on lui a même souvent refusé, dès l’Antiquité, le statut de « philosophie » pour lui attribuer celui de « mode de vie ».

Le cynisme est plus ainsi un mode de vie qu’une théorie philosophique compliquée et par trop intellectuelle. Diogène prone la mise en pratiquen pure et simple d’une banalité pourtant difficile à appliquer : le rejet de toutes conventions publiques. Déféquer et uriner en public, voire faire l’amour, n’est plus un problème. Foin de la morale, le cynique est libre de tout, et surtout de l’image publique qui corsète les individus, les groupes et finalement la société toute entière. Diogène ne s’implique pas dans les batailles philosophiques stériles, et balaie d’un revers de main les arguties et autres syllogismes qui essaient d’embrouiller les esprits. L’Homme est avant tout incarnation terrestre.

La devise de Diogène est « Falsifier la monnaire », ou plus précisément « Mettre la monnaire hors circulation », cad dépasser l’argent (et donc la monnaie) comme base de la société pour vivre pleinement sa liberté. Il suffit de mendier pour se nourrir, de boire à même les mains dans les cours d’eau, de dormir à la belle étoile pour être heureux. Une pensée proche de la simplicité volontaire ou du bouddhisme finalement : se débarrasser de tout le superflu pour exister en tant qu’être humain, maître de son destion et non plus esclaves des objets, des traditions et des dirigeants de ce monde.

Une philosophie radicale, ascétique même, qui ne s’embarrasse pas de fioritures intellectuelles et va droit au but : viver ! Un carpe diem radical en quelque sorte, le cynique transportant son nécessaire de (sur)vie dans un baluchon jeté en travers des épaules. Les anecdotes sont nombreuses à ce sujet : Diogène voit un chien manger à même la terre, sans écuelle, et jette la sienne. Diogène voit un enfant boire avec ses mains en coupe, et jette son gobelet devenu inutile. Purifier son existence pour atteindre le coeur de l’expérience physique, de l’incarnation terrestre : pouvoir vivre véritablement et librement. En ce sens, on peut aussi parler d’une ascèse « sociale », consistant à endurer la mauvaise réputation, l’exil, les insultes, le mépris, à vivre dans la pauvreté et l’obscurité, à pratiquer la mendicité ; et non seulement à endurer ces « maux » mais à les devancer et à les rechercher joyeusement. Le cynique ne lutte pas uniquement contre les « faux plaisirs », mais aussi contre les « fausses peines », celles qu’impose la société.

Diogène a des couilles comme on dit, et exprime totalement sa pensée en actes forts et donc libres. Alexandre le Grand veut l’inviter à sa cour ? Diogène rétorque que le chemin est le même de sa cour à Athènes, et peut faire le déplacement lui-même. La philosophie diogénienne demande un engagement total et une véritable conversion. Si Alexandre a réellement l’intention de prendre part à la vie cynique, qu’il fasse le déplacement et abandonne sa position de roi ; dans le cas contraire, qu’il ne compte pas sur Diogène pour lui apporter une quelconque caution philosophique.

Fascinant. Et si le cynisme était une réponse positive à la crise financière et économique mondiale ? Une façon de retrouver sa Liberté en détruisant les chaînes de siècles d’esclavage envers la monnaie, les biens et la consommation de plus en plus aliénante. Anecdote savoureuse : dans La République qu’il aurait écrite, Diogène proposait de remplacer l’argent par des osselets. Dont acte.

Nicolas

Manifeste pour la création d’une organisation hacker en France

Posted in Politis with tags , , , , , , , on 31 août 2009 by larocheauxloups

MANIFESTE POUR LA CRÉATION D’UNE ORGANISATION HACKER EN FRANCE

Devant l’évidence de la catastrophe, il y a ceux qui s’indignent et ceux qui prennent acte, ceux qui dénoncent et ceux qui s’organisent. Nous sommes du côté de ceux qui s’organisent. – Anonyme, Appel

En pratique, le Contre-Net et la TAZ peuvent être considérés comme des fins en soi – mais, en théorie, ils peuvent aussi être perçus comme des formes de lutte pour une réalité différente. – Hakim Bey, TAZ : zone d’autonomie temporaire, 1991

I – La contre-culture hacker

Il n’a jamais été question d’être méchants ou destructeurs, même quand nous combattions les contre-vérités diffusées par les média de masse. Nous formions un ensemble de gens bizarres, qui exploraient un univers nouveau et partageaient leurs découvertes avec qui voulait bien l’entendre. Nous étions dangereux. – Emmanuel Goldstein, The Best of 2600: A Hacker Oddyssey, 2008

Oui, je suis un criminel. Mon crime est celui de la curiosité. Mon crime est celui de juger les gens par ce qu’ils pensent et disent, pas selon leur apparence. Mon crime est de vous surpasser, quelque chose que vous ne me pardonnerez jamais. – The Mentor, The Conscience of a Hacker, 1986, paru dans le numéro 7 du magazine électronique Phrack.

Les préjugés sur le mouvement hacker sont si profondément ancrés dans l’inconscient collectif qu’ils se suffisent à eux- mêmes. Le grand public oscille entre d’une part l’image terroriste véhiculée par le complexe médiatico-policier, et d’autre part celle d’un explorateur des frontières du cyber-espace transmise par la mauvaise science-fiction. À tel point que très peu connaissent le sens réel du mot hacker, et moins encore ont une vue globale de ce dont il s’agit. Comme souvent, c’est l’étymologie qui permet le meilleur éclairage : hacker est un vieux mot anglais, issu du jargon des bûcherons, signifiant littéralement hacheur. Hacheur de bois. Le hacker est celui qui produit de petits objets sophistiqués à partir du bois qu’il coupe. C’est celui qui « bidouille » sa matière première. La langue anglaise a conservé l’usage de ce mot dans ce sens.

C’est dans les années 1960, aux États-Unis d’Amérique, que ce mot apparut dans le contexte des technologies de l’information. Dans les prestigieuses universités de ce pays, l’informatique commençait enfin à produire des résultats intéressants pour d’autres disciplines, et elle était donc de plus en plus reconnue en tant que science à part entière. Les informaticiens cherchèrent alors à s’affirmer aux yeux du reste de la communauté scientifique, et se demandèrent donc ce qui pouvait les caractériser, les différencier. Ils en vinrent à se dire que, finalement, la méthode scientifique (poser un problème, proposer une hypothèse, imaginer une expérience pour la confirmer ou l’infirmer, recueillir puis interpréter les données, et éventuellement recommencer, encore et encore) s’apparente largement à de la « bidouille », surtout dans leur spécialité.

C’est ainsi que le mot hacker devint le marqueur identitaire de toute une génération de scientifiques. Cette génération, c’était celle de la jeunesse née juste après la Seconde Guerre Mondiale. Pour majorité aisée et cultivée, elle fréquentait les grandes universités telles que Berkeley ou le MIT. Une jeunesse insouciante qui souhaitait élargir ses horizons, et fit exploser les morales anciennes grâce aux idées nouvelles issues de la contre-culture apparue au cours de la décennie précédente : la Beat Generation de Burroughs et de Kerouac. À l’Université de Californie du Sud (Berkeley), on expérimentait le LSD, on développait BSD UNIX, le premier système informatique open source (quoi que pas encore un logiciel libre) et, au sud de la Baie de San Francisco, on créait la Silicon Valley ; c’est dans cette même San Francisco qu’en 1967 fut célébré le Summer of Love et l’avènement de la musique psychédélique.

La contre-culture imprégna petit à petit la totalité de la communauté hacker, et son impact reste visible de nos jours à divers degrés. Ancien phreaker, Steve Wozniak co-fonda Apple (sa blue box, dispositif de fraude aux télécommunications, est aujourd’hui exposée dans un musée). Créé dans un but strictement militaire, l’ancêtre d’Internet devint le terrain de jeu des hackers du monde entier, qui bâtirent au quotidien les briques de base d’un réseau dont plus personne ne peut se passer de nos jours. D’un réseau de communication militaire, ils firent le plus formidable outil de libération de l’individu jamais créé. Né dans les années 1960, le mouvement hacker s’étendit et se propagea partout dans le monde pendant les années 1970.

La décennie suivante vit la politisation du mouvement, avec l’apparition du genre Cyberpunk, la formation des premiers groupes de hackers tels que le Chaos Computer Club en Allemagne (1984), et la naissance des magazines Phrack (1985) et 2600 : The Hacker Quarterly (1984). Des associations (Electronic Frontier Foundation, etc.) se créèrent afin de réfléchir à l’impact des nouvelles technologies sur nos sociétés. Les États se sentirent menacés et commencèrent à se doter d’un arsenal répressif (en France, la loi Godfrain du 5 janvier 1988). Richard Stallman formalisa un certain nombre d’idées flottant dans l’air de l’époque et accoucha du concept de « logiciel libre ».

Les années 1990 furent celles de l’explosion du nombre d’accès à Internet, notamment suite à l’invention du Web, et la première décennie du XXIe siècle est une époque de folie sécuritaire frappant sans discernement. Mais on constate que la France est tout bonnement absente de l’histoire de ce mouvement, car elle a tout fait pour empêcher l’émergence d’un milieu hacker sur son territoire. En favorisant le Minitel au détriment d’Internet, en s’armant d’un arsenal répressif irrationnel, en créant de faux groupes de hackers afin de ficher et d’arrêter les éléments « actifs » (on se souvient du Chaos Computer Club France, fondé par Jean-Bernard Condat, agent de la DST), elle brise net toute velléité d’organisation et de structuration.

À part quelques sites web comme le regretté madchat.org, et quelques magazines électroniques tels que Noway, Noroute ou encore Cryptel, le milieu français, systématiquement privé du moindre point de fixation, peine à se faire connaître. De nos jours, quelques organisations isolées, quelques hacker spaces (ou hacklabs), quelques meetings 2600, et une poignée d’événement annuels font vivre un milieu qui ne se renouvelle que difficilement. Finalement, de nombreux hackers préfèrent rester dans l’ombre, se rabattant parfois sur les associations de défense et de promotion du logiciel libre (APRIL), ou des collectifs de vigilance citoyenne (La Quadrature du Net).

Le monde militant, pleinement victime de la désinformation ambiante, ne se sent pas vraiment concerné par le discours hacker, et va parfois même jusqu’à le rejeter, au nom de préjugés totalement infondés. Enfin, et malheureusement, la contre-culture hacker est largement confondue avec la sous-culture geek, ce qui a le désastreux effet de briser net tout élan revendicatif, toute velléité militante. En ce début de XXIe siècle, en France, être un hacker c’est être isolé et constamment menacé par la folie sécuritaire ambiante.

II – Des organisations peu représentatives

L’organisation révolutionnaire est l’expression cohérente de la théorie de la praxis entrant en communication non-unilatérale avec les luttes pratiques, en devenir vers la théorie pratique. Sa propre pratique est la généralisation de la communication et de la cohérence dans ces luttes. – Guy Debord, La Société du Spectacle, 1967

Il est actuellement presque impossible de se revendiquer ouvertement hacker. L’immense majorité des formations politiques refuse de prendre ce mouvement au sérieux, certaines allant même jusqu’à le juger dangereux. Les seules organisations susceptibles d’accueillir des hackers sont des organisations ne recoupant que partiellement les préoccupations des hackers.

Commençons par l’organisation la plus évidemment proche du milieu hacker : Indymedia. Sa genèse (Bataille de Seattle, décembre 1999) et son évolution sont intimement liées au milieu hacker, surtout en ce qui concerne 2600 : Indymedia New-York fut, à sa création, hébergé dans les locaux-mêmes du magazine, et Jello Biafra, auteur du célèbre slogan « Don’t hate the media, become the media. », est un ami d’Emmanuel Goldstein. En France, de nombreux hackers se sont impliqués dans la création des divers groupes Indymedia actifs localement, mais leurs idées n’ont jamais réellement pu influencer au-delà de l’organisation strictement interne de ces groupes. Au final, ces plates-formes de publication ouvertes ne reflètent que très rarement d’autres opinions que celles de la gauche militante historique.

Indymedia a largement porté le mouvement anti/altermondialiste, dans lequel peu de hackers se sont reconnus, pour diverses raisons. Les équipes de modération et/ou de publication peuvent cependant s’avérer très ouvertes car elles savent l’importance des hackers dans l’histoire d’Indymedia, et ces cellules, à défaut d’être des points de fixation potentiels, peuvent constituer d’excellents vecteurs de communication externe, d’autant que leur lectorat est assez demandeur de points de vue novateurs. Il en va de même, bien entendu, pour l’ensemble des organisations libertaires et/ou militantes : peu et mal informées, elles ne peuvent servir de point de fixation, mais elles disposent d’un réel savoir-faire (communication externe, gestion des crises policières, etc.) et sont généralement intégrées à des réseaux d’envergure internationale.

Continuons par le monde du logiciel libre. Il est constitué à la fois d’organisations locales (groupes d’utilisateurs de logiciels libres) et nationales (APRIL, etc.). L’inconvénient majeur de ce type de structures est qu’elles sont littéralement bloquées par leur objectif : les logiciels libres, en tant qu’acteurs majeurs de l’industrie du logiciel, sont un moyen comme un autre de faire des affaires, de générer du profit. De grands noms de la violation de la vie privée tels que Google, Yahoo! ou encore MySpace et Facebook sont d’indéfectibles soutiens au monde du logiciel libre, car ils en utilisent, en développent, en financent. On retrouve donc des employés de ces entreprises parmi les adhérents des associations locales et nationales, voire même ces entreprises elles-mêmes en tant que personne morale (Google France est par exemple membre de l’APRIL). Cela explique la grande disparité des opinions politiques que l’on trouve au sein de ces associations ; il faut garder à l’esprit que l’on peut tout-à-fait être favorable à certaines mesures sécuritaires et être un fervent défenseur du logiciel libre, ces deux idées ne sont pas incompatibles. Ces associations ne pourront donc jamais se mobiliser sur certains sujets dont se préoccupent bon nombre de hackers, car elles perdraient alors toute la crédibilité durement gagnée par des années de labeur. Elles font un travail remarquable, mais ne peuvent servir de point de fixation au mouvement hacker.

Enfin, il existe quelques collectifs citoyens réputés proches du milieu hacker, parfois à raison, souvent à tort. Au tout début du mouvement de protestation contre la loi DADVSI (Droits d’Auteurs et Droits Voisins dans la Société de l’Information, adoptée en juin 2006, rendant illégal le développement de certains logiciels libres et punissant le partage d’informations non-libres par des peines de prison ferme), la branche française de la Free Software Foundation (Fondation des Logiciels Libres), anciennement présidée par l’un des co-fondateurs et actuel Secrétaire Général de l’APRIL, créa le groupe EUCD.info, et débloqua des fonds pour le financer. EUCD.info publia un texte intitulé « Le DADVSI et le logiciel libre : la quadrature du cercle ». L’activité de ce groupe cessa peu après l’adoption et l’entrée en application de la loi, et un autre collectif fut fondé, prenant son nom du titre du texte d’EUCD.info : La Quadrature du Net. Ce collectif prit dès le départ pour but de tenter de faire barrage à l’avalanche de textes législatifs liberticides qui se succèdent depuis 2001/2002. Et puisque ces textes sont soutenus par un certain nombre de groupes de pression (industrie du disque et du cinéma, etc.), le collectif décida d’appliquer les mêmes méthodes et de devenir un groupe de pression citoyen : tour-à-tour cellule de veille et de vigilance scrutant les moindres faits et gestes des élus ou bureau d’analyse des textes de lois et des communiqués officiels, le collectif appelle en outre les citoyens à faire pression sur leurs élus afin d’influencer leurs votes.

Ce type de structure pose trois problèmes majeurs. D’abord, l’activité d’un groupe de pression est difficilement compatible avec un fonctionnement démocratique. Même dans le cadre de la vigilance citoyenne, le risque de dérive est très important, surtout sur le long terme. Ensuite, les soutiens politiques reçus peuvent varier du tout au tout au gré des élections et des textes législatifs : ces collectifs sont donc condamnés à n’être que des « girouettes » politiques, instables, et auxquelles on peut difficilement se fier. Enfin, ce type d’organisation n’a, par définition, ni programme politique ni inspiration idéologique claire. Elles suivent une stratégie de rustine à court terme, sans le moindre plan à long terme. Il est cependant certain que sur des dossiers précis, un groupe de pression citoyen bien organisé, doté de relais médiatiques fiables et d’un peu de soutien politique peut réussir de jolis coups d’éclat, et remporter des batailles – c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il ne faut surtout pas dénigrer le travail des personnes impliquées. Ce type d’action peut très bien convenir à des hackers modérés peu intéressés par l’idéologie libertaire majoritaire au sein du mouvement, mais le fait de n’être dans aucun camp et dans tous les camps à la fois en rebute plus d’un, qui aimeraient pouvoir clairement revendiquer leurs positions. Quoi qu’il en soit, les quelques barouds d’honneur réalisés par ces collectifs ne doivent surtout pas être pris pour de vraies victoires historiques : l’histoire ne retient, on le sait, que les bouleversements idéologiques, et le souvenir des petites secousses institutionnelles passe avec les gouvernements.

Il est inutile de s’attarder sur les groupes, associations ou partis revendiquant l’identité « pirate », car ils refusent ainsi explicitement l’identité hacker. Leur néant idéologique ne doit être ni excusé ni soutenu : leur non-combat n’est pas celui des hackers.

III – DegenereScience

Aux Français qui se demandent comment éviter Big Brother, nous devons dire la vérité : nous sommes déjà dans une société Big Brother. La seule question qui tienne encore aujourd’hui, c’est savoir comment on va vivre avec. – Alex Türk, Sénateur du Nord, Président de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés, juillet 2005

La visibilité est à fuir. Mais une force qui s’agrège dans l’ombre ne peut l’esquiver à jamais. Il s’agit de repousser notre apparition en tant que force jusqu’au moment opportun. Car plus tard la visibilité nous trouve, plus forts elle nous trouve. Et une fois entré dans la visibilité, notre temps est compté. Soit nous sommes en état de pulvériser son règne à brève échéance, soit c’est lui qui sans tarder nous écrase.
Comité Invisible du Parti Imaginaire, L’Insurrection qui vient, 2007

Dans son célèbre roman 1984, George Orwell expose l’un des plus tenaces épouvantails du XXe siècle : Big Brother. De son point de vue Anglo-Saxon, Britannique de surcroît, cloué sur son lit de mort, tout espoir ayant quitté son corps et son esprit, l’auteur entend dénoncer le totalitarisme Communiste en décrivant froidement la pire machine étatique jamais imaginée. De nos jours, cet épouvantail n’a évidemment rien perdu de sa vigueur ; il continue d’alimenter la paranoïa ambiante, et donc de distraire les esprits. Car non, évidemment, la France n’a rien à voir avec la Russie Soviétique, pas plus qu’avec le Royaume-Uni. Cette évidence, l’État Français l’a tout-de-suite intégrée : on peut faire passer toutes les restrictions aux libertés individuelles que l’on veut, tant qu’on n’agit pas comme le ferait l’épouvantail Big Brother.

La République Française, aux origines latines (c’est-à-dire fondée sur les préceptes de la Rome antique), est essentiellement basée sur l’idée que l’État doit servir de tampon entre les individus : l’un de ses rôles premiers, régaliens, est de policer les relations entre les individus. Le fameux slogan républicain « La liberté des uns s’arrête là où commence cette les autres. » signifie que l’État prive l’individu de certaines libertés, notamment celles qui pourraient mener un individu à en blesser un autre, au propre comme au figuré. Et c’est ainsi qu’en France, contrairement au monde Anglo-Saxon qui considère que dire des bêtises est un droit inaliénable, il est interdit de formuler certains propos qui pourraient offenser telle ou telle catégorie d’individus. La France, nation des Droits de l’Homme, s’est habituée à vivre sous le régime de l’omniprésente censure d’État. Quand elle ne frappe pas tel historien nostalgique du Reich, elle frappe un rappeur misogyne ou une romancière féministe qui s’essaie au cinéma. La France s’indigne au rythme des scandales qui se succèdent ; la censure est, elle aussi, devenue une partie du Spectacle. Le CSA veille, les Français dorment.

Il y a, cependant, une grosse épine dans le pied de l’État, douleur lancinante qui persiste depuis plusieurs décennies déjà. Car, en effet, Internet représente l’écrasante victoire du modèle Anglo-Saxon, où l’on peut tout dire, tout raconter, tout écouter, tout entendre, tout voir, tout savoir, sans restriction, sans limite, protégé par plusieurs siècles de tradition de liberté d’expression posée sur un socle constitutionnel stable, difficile à remettre en question. À ce modèle étatique de liberté d’expression, la technologie ajoute la fin des barrières géographiques et la quasi-disparition des délais de transmission. Elle ajoute l’impossibilité d’une altération a priori des propos, soit l’impossibilité du contrôle de l’expression individuelle. Le rêve des Pères Fondateurs, réalisé par une poignée de scientifiques influencés par la contre-culture.

Face à l’inexorable avancée de la liberté d’expression, les systèmes étatiques basés sur l’abolition partielle ou totale des libertés individuelles n’ont que deux choix : évoluer ou périr. La France ne fait pas exception, elle le sait depuis longtemps ; elle a, malgré tout, choisi de ne pas évoluer, et d’essayer d’inverser la tendance, tant bien que mal : censure accrue, mesures liberticides appliquées au nom de la sécurité des individus, retour en force de l’ordre moral, fichage généralisé, et filtrage des réseaux de communication. La France espère gagner une bataille idéologique qu’elle a manifestement déjà perdu. Pionnière des idéologies libérales depuis le Siècle des Lumières, mais incapable de se remettre en question, elle n’est aujourd’hui plus que l’ombre d’elle-même. Les autres nations n’attendent plus rien d’elle, et les Français non plus.

Nous pourrions, bien sûr, continuer à refuser d’engager le débat de fond qui s’impose, à refuser de changer de cap, et continuer de traiter les symptômes au lieu de traiter le mal. Mais nous pensons qu’une réflexion sur le long terme, basée sur plusieurs décennies de contre-culture hacker, peut provoquer la remise en question nécessaire à l’évolution dont la France a besoin, dont l’humanité toute entière a besoin. La contre-culture hacker est suffisamment mûre et suffisamment universelle pour proposer des réponses à toutes sortes de problématiques concrètes, et surtout participer au débat public des grandes questions de société, bien au-delà des simples questions scientifiques et technologiques. La contre-culture hacker peut servir de base à une réflexion globale, à la fois théorique et concrète. Elle est l’outil dont nous comptons désormais nous servir au grand jour, au lieu de rester dans l’ombre.

À dater de ce jour, nous serons les ennemis déclarés de l’idéologie liberticide ambiante.

À dater de ce jour, nous informerons sans relâche les individus sur le fonctionnement de l’État Français, son idéologie, et les méthodes qu’il emploie pour maintenir le statu quo.

Nous refuserons la violence, car elle ne saurait être nécessaire alors que nous maitrisons tous les maillons de la chaine de l’information. Les différents organes de « défense » de l’État peuvent aisément briser n’importe quel individu ; nous le savons et l’assumons, car nous savons également que l’État ne pourra jamais briser une idée juste. Nous formerons et informerons tout individu ou groupe souhaitant se tenir à l’écart de la surveillance d’État, ou simplement obtenir un certain niveau d’indépendance technologique et/ou idéologique.

Le champ d’application de notre organisation étant potentiellement très vaste, nous souhaitons vivement travailler en collaboration avec tout individu ou groupe qui œuvrerait dans un domaine précis et spécialisé en suivant une idéologie compatible avec la nôtre. Nous ne souhaitons pas saper le travail des groupes, collectifs associations ou hacker spaces existants, et nous serions honorés de travailler en commun avec ces organisations.

De manière générale, nous formerons, informerons et conseillerons tout groupe ou mouvement politique et/ou idéologique, et ce tant qu’il n’est pas opposé au principe fondamental de liberté de circulation de l’information. Nous invitons toute personne ou groupe pensant être concerné par ce présent manifeste à nous contacter, quelque soit le moyen. Nous invitons tous les hackers, quelque soient leurs tendances ou leurs opinions, à nous rejoindre. Il manquait à la France une organisation hacker, militante, responsable et représentative de la diversité des courants de pensée de la contre-culture, elle existe désormais.

POUR LA LIBERTÉ DE CIRCULATION DE L’INFORMATION
CONTRE LA BANALISATION DES PRIVATIONS DE LIBERTÉ

[DegenereScience], août 2009

source : La Spirale

TED

Posted in Politis with tags , , , , , , on 20 août 2009 by larocheauxloups

Ideas Worth Spreading

TED is a small nonprofit devoted to Ideas Worth Spreading. It started out (in 1984) as a conference bringing together people from three worlds: Technology, Entertainment, Design. Since then its scope has become ever broader. Along with the annual TED Conference in Long Beach, California, and the TEDGlobal conference in Oxford UK, TED includes the award-winning TEDTalks video site, the Open Translation Program, the new TEDx community program, this year’s TEDIndia Conference and the annual TED Prize.

The annual conferences in Long Beach and Oxford bring together the world’s most fascinating thinkers and doers, who are challenged to give the talk of their lives (in 18 minutes).

On TED.com, we make the best talks and performances from TED and partners available to the world, for free. More than 450 TEDTalks are now available, with more added each week. All of the talks feature closed captions in English, and many feature subtitles in various languages. These videos are released under a Creative Commons license, so they can be freely shared and reposted.

Today, TED is therefore best thought of as a global community. It’s a community welcoming people from every discipline and culture who have just two things in common: they seek a deeper understanding of the world, and they hope to turn that understanding into a better future for us all.

www.ted.com

Défenseurs de la Terre

Posted in Politis with tags , , , , , , , on 6 août 2009 by larocheauxloups

Notre site cherche à regrouper toutes les associations de chercheurs et de chercheuses sur les OVNI, le paranormal et l’inexpliqué!… Les créateurs de ce site partent du principe, jadis défendu par le « grand Maître  » que fut Jimmy Guieu, que les extraterrestres sont parmi nous… qu’ils nous espionnent… et interviennent dans notre histoire depuis fort longtemps.

S’il n’en tenait qu’à cela, ce serait jusqu’à un certain point acceptable, mais de récentes découvertes en physique quantique, nous portent à croire que la terre est elle-même une « porte ouverte » vers d’autres dimensions… et comme Jimmy Guieu, nous ne laisserons rien au hasard : nous étudierons aussi bien les univers parallèles, l’astronomie, l’astronautique, l’archéologie, la paléontologie,… bref toutes les sciences… même les sciences « officielles ».

Car un peu comme à l’époque de la Révolution Française où Danton avait décrété « la patrie en danger  » pour rassembler les citoyens  français autour du but commun de défendre la patrie de la menace des monarchies despotiques d’Europe.

NOUS, les défenseurs de la Terre… décrétons la Terre en danger !

Je suis persuadé que nous pouvons, tous ensemble, éviter le sombre destin envisagé dans l’Apocalypse de Saint-Jean : « Tous, petits et grands,   riches et pauvres, libres et esclaves, reçoivent une marque sur la main droite ou sur le front (puce sous-cutanée dont le code-barres créé en 1977 est la prémisse et appelé en Irlande « la marque de la Bête) et que nul ne puisse acheter ou vendre, s’il n’a pas la marque, à savoir le nom de la Bête ou le nombre de son nom (666) » Apocalypse XIII 16-17. Etant précisé qu’il y a 13 chiffres dans le code-barres (chapitre 13 de l’Apocalypse) + 3 paires de barres plus longues, une à gauche, une au milieu et une à droite, correspondant à des 6, les trois « 6 » juxtaposés formant le nombre de la Bête « 666 ». Ces 3 paires supplémentaires n’ont aucune utilité, ce sont uniquement des « séparateurs » et il n’était pas indispensable qu’ils soient plus longs. En fait, ils n’ont été placés là que pour « signer » l’origine et la finalité du code-barres…

Il ne reste plus beaucoup de temps pour inverser le cours des évènements. Allons-nous nous laisser conduire à l’abattoir comme un troupeau de bovins somnolants, inconscients des enjeux, tel l’empire romain décadent qui ne désirait qu’une chose : « du pain et des jeux » ce qui dans notre monde moderne pourrait se traduire par « toujours plus d’argent, de biens matériels et de distractions » soit une fuite éperdue vers l’extérieur de nous-même alors que c’est en nous que se trouvent les réponses et non dans le « lavage de cerveau permanent » dans lequel nous baignons, vibrant à une basse fréquence énergétique pour mieux nous asservir.

« Il n’y a qu’une promesse sacrée : c’est de DIRE ET VIVRE TA VERITE. Toutes les autres promesses sont des renonciations à la liberté, et cela ne pourra jamais être sacré. Car la LIBERTE c’est qui vous êtes. Si tu renonces à ta liberté, tu renonces à toi-même. » Extrait de CAD n° 3.

« La plus grande question qu’affronte la race humaine n’est pas : Quand vas-tu apprendre ? Mais : Quand vas-tu AGIR à partir de ce que tu as déjà appris » Extrait de CAD n° 3

Michel Duchaine, fondateur de Défenseurs de la Terre.

http://defenseursterre.onlc.fr

Comment internet va redéfinir le monde

Posted in Politis with tags , , , , on 4 août 2009 by larocheauxloups

Serge Soudoplatoff analyse les révolutions qu’apporte internet à notre monde moderne.

Il n’y a pas de chef

La gouvernance de l’internet est gérée par une quinzaine d’organismes dont certains n’ont même pas d’existence légale. Plusieurs de ces organismes, comme l’IETF, se définissent comme des groupements de gens intéressés par le sujet. On est très loin de ce qui a structuré et organisé la société jusqu’à aujourd’hui.

La construction se fait de façon désorganisée et bénévole

Là encore, il n’y a pas d’exemple de construction d’un projet d’une telle envergure dans l’histoire de l’humanité qui ai été réalisé avec une telle organisation. Bon nombre de ceux qui ont contribué à la construction d’internet n’étaient pas payés pour cela et l’on fait sur leur temps libre et de façon bénévole.

Les décisions sont prises sur des bases pragmatiques

Pas de grandes théories ou de plans stratégiques, toute proposition d’évolution technique (Request for Proposal) se doit, pour être prise en considération, d’être accompagnée d’une application concrète – du code – démontrant son utilité et sa faisabilité. Ces propositions d’évolution sont discutés puis votés.

Et pourtant, ça tourne

500 millions de serveurs, 100 millions de sites web, entre 20 et 30 milliards de pages web, 1,4 milliards d’individus connectés à internet, 253 langues et 253 encyclopédies locales dans Wikipedia, et cela en une trentaine d’année. La Renaissance et le siècle des lumières condensés en trois décénies ? Pas sûr, il se pourrait bien en réalité qu’il ne s’agisse que du moyen âge.

Le coût d’accès au marché se rapproche de zéro

Avec un coût d’hébergement qui commence à quelques dizaine de centimes par mois, jamais l’humanité a connu un tel potentiel de diffusion pour un coût aussi faible. Même si le téléphone portable touche plus d’individus que l’internet, les coûts pour mettre à disposition un service sur le mobile sont sans commune mesure avec internet.

Quelle philosophie ?

Soudoplatoff cite deux penseurs. André Leroi-Gourhan, paléontologue qui a montré que la relation de l’homme avec la technologie est une relation de co-construction (l’homme fabrique l’outil et l’outil change l’homme), ce qui élimine deux idées fausses pour Soudoplatoff, celle de la technologie Dieu (fréquente chez les Geeks) et celle de la technologie Diable (courante dans la presse et chez les politiques).

Marshall MacLuhan disait, en 1964 : “nous allons passer d’une civilisation de média chaud et de spectateurs froids à une civilisation de média froids et de spectateurs chauds”, ce qui devrait résonner largement chez tous les adeptes des média sociaux, et qui laisse à réfléchir sur le rapport qu’entretien le pouvoir aux média traditionnels, rapport qui ne permettra plus, sous peu, d’asseoir le moindre pouvoir. C’est là probablement une faille majeure dans le dispositif politique actuel – tout pays confondus – qui changera radicalement le monde de demain, faille qui a sans nul doute été détectée par beaucoup, d’où cette volonté un peu naïve et dangereuse de vouloir contrôler (et censurer) quelque chose qui, on le voit bien, ne peut pas l’être, du fait même de son mode de conception, de création, d’évolution et de gouvernance.

Regarder le passé pour aborder l’avenir

Dernier point, Soudoplatoff compare l’internet non pas à l’invention de l’imprimerie comme il est habituel de le faire mais avec l’invention de l’alphabet. A ceux qui lui disent que l’internet c’est compliqué, il rétorque par ce petit exercice mental consistant à s’imaginer en 1500 avant Jésus Christ lors des premières utilisations de l’alphabet.

Vidéo complète de l’intervention de Soudoplatoff dans l’article original.

Source : ReadWriteWeb par Fabrice Epelboin 02/08/2009