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Libération le Petit

Posted in SOCIÉTÉ with tags , , , , , on 27 mai 2014 by larocheauxloups

Une Libé France FN

J’en connais que ça réjouis et qui ne s’en cachent plus, sous la force du relatif anonymat des réseaux sociaux. Des que je ne fréquente plus. Mais c’est leur droit. Le droit à la colère et au dégoût est respectable. Mais la question ici n’est pas de vomir sur ceux qui votent telle ou telle chose, de piétiner telle ou telle conviction, la question est plutôt de savoir s’ils le font sous influence ou pas. Personne n’est complètement sous influence mais tout le monde est imprégné de son temps, qu’il soit libéral fascisant et fatigué des crises comme aujourd’hui, ou libertaire mais corseté en diable comme il y a 40 ans. En réalité, l’abstentionnisme est le vrai vainqueur de ces élections européennes 2014. Mais cette Une de Libé fait débat car c’est la Une de trop. Celle qui transpire l’évidence d’un parti pris à peine voilé. Elle vient après le scrutin, donc s’avère inattaquable sur le plan de l’influence qu’elle a pu avoir sur le vote, mais succède à une incroyable montée médiatique de la dynastie LePen, formation politico-spectacle et simplisto-manichéenne, depuis une dizaine d’année.

Une blondeur tout sourire qui accueille et rassure, coupée en deux vers le hors champ des brebis nouvelles encore à convaincre, la main tendue vers l’arc d’étoiles européen comme si elle était en train de le balayer, le tout sur fond bleu relativement uni, couleur royaliste. Ligne directrice qui entre en intersection parfaite avec celle des titrages, qui elle-même mène tout droit, en bas à droite, à un résumé de la victoire du FN qui « devance largement » le score des autres (pignoufs). Un titre symétrique (une croix grecque) répond au nom même du canard en question, mais imprimée plus gros. « Libération – La France FN » ou « La France FN – Libération ». Nous raconte-t-on l’embryon d’une « libération » attendue par une partie de la population et soutenue, ou espérée, par ce canard?

Libération argumente et justifie son choix: http://www.liberation.fr/politiques/2014/05/26/pourquoi-nous-avons-fait-cette-une_1027127

Des rebelles, quoi… La liberté d’expression est un cadre mais la neutralité est un devoir. Sinon, on est pas journaliste on est un auteur. Certains n’ont pas compris la différence et il serait temps de leur rappeler. Ce visage rayonnant, affiché à multiples exemplaires inondant le pays, pose question et doit interroger. La presse à grand tirage en déclin, à trop essayer de faire du pognon facile, s’envase dans la propagande douce. Mais elle est aujourd’hui sous le feu des projecteurs de la blogosphère et cette néo-presse citoyenne aura soin de reprendre les dérapages un peu trop voyants aujourd’hui. Ici un exemple des choix orientés du même Libération concernant le Front de Gauche, où l’on ne devine que trop bien qui on diabolise et qui on magnifie aujourd’hui. Analyse partisane, certes, mais hors fantasmes puisque basée sur des publications réelles du canard: http://opiam2012.wordpress.com/2014/05/26/le-choix-de-liberation-pour-ses-unes-sur-melenchon-et-le-pen/

Libé nous bourrerait-il le mou pour pas un rond?

Resultats FN

Plus que tout, c’est donc l’abstention qui fait mouche et donne le ton (quoiqu’on en sache finalement trop rien: http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/05/26/peut-on-relativiser-le-score-du-fn_4426060_4355770.html).

Batman FN

Toujours est-il qu’il y a un signal fort de ras-le-bol, celui des décisions non consultées, non débattues, imposées à coups de taxes, votées en catimini sans écho médiatique, loin des « petites gens » qui ont, n’en déplaisent à toutes les noblesses et baronnies industrielles et/ou financières, un avis, une existence propre, qu’il serait enfin temps de prendre en compte. Les peuples européens ont l’écœurement au bord des lèvres et commencent à crachoter une saine colère trop longtemps contenue. En ces temps de Bygmalion, la politique doit réintégrer son sens premier et se dégager de toutes les opacités affairistes. Sinon…

Quant à la résurgence de la France réactionnaire, voici une analyse matérialiste de la lutte des Classes qui a le mérite de poser le contexte politique actuel dans toute sa dimension économique (productiviste): http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/pourquoi-la-france-est-152535

Franck Balmary.

Règles d’or à Hollywood

Posted in SOCIÉTÉ with tags , , , on 12 décembre 2012 by larocheauxloups

Le cinéma blockbusterisant états-unien, anglo-saxon dans son acceptation plus large, ne s’est jamais mieux porté qu’aujourd’hui. Une affaire qui roule, une recette qui fait mouche et perdure à mesure que les techniques d’effets spéciaux s’améliorent. Mais les effets spéciaux ne sont pas tout. Une bonne structure est la clé, un scénario au reins solides relève de l’indispensable pour une accroche efficace.

Grâce à ses agents infiltrés sur le terrain, et au prix de moult dangers, La roche aux loups dévoile les « commandements » du cinéma hollywoodiens, ses fondements qui lui assurent une aussi grande écoute depuis tant d’années. Voici mises à nu, pour Toi Lecteur, pour Toi Spectateur, les règles d’or de l’improbable, pour que l’on ne puisse plus dire que l’on ne « savait pas »…

Les grand justiciers aux sales méthodes doivent être d’anciens bérets verts que la société a renié et qui doivent se racheter.

Si un personnage est seul et désespéré, il faut de la pluie, une route et un travelling arrière lorsque la musique monte.

Toutes les maisons hantées, ou dans lesquelles d’horribles événements se sont produits, doivent finir en flammes.

Dans une maison hantée, les femmes doivent rechercher l’origine des bruits étranges en portant leurs plus beaux sous-vêtements.

Pourchassé dans une ville, le héros doit toujours avoir la chance de tomber in extremis sur un défilé de la Saint Patrick n’importe quel jour de l’année, et de pouvoir s’y dissimuler.

Il faut que tous les lits aient des draps spéciaux qui s’arrêtent au niveau des aisselles de la femme mais seulement au niveau de la taille de l’homme allongé à ses côtés.

N’importe quel ringard doit pouvoir faire décoller un avion pourvu qu’il y ait quelqu’un dans la tour de contrôle pour lui donner l’autorisation de partir.

Le système de ventilation de tout bâtiment doit être le parfait endroit pour se cacher. Les méchants ne penseront jamais à y trouver le gentil et, pour couronner le tout, ce dernier pourra accéder aisément à toutes les pièces de l’édifice et ainsi dénouer le scénario impossible dans lequel il s’est fourré.

Le personnage doit toujours pouvoir se garer en bas de l’immeuble où il veut aller, même s’il s’agit du pire repaire d’un gang de vilains mexicains et/ou d’arabo-terroristes.

Les cuisines ne doivent jamais être équipées de lumière. En pleine nuit, la lueur du frigo doit suffire.

Le héros pourra encaisser les plus terribles coups sans broncher mais sursautera immanquablement lorsqu’une femme tentera de nettoyer ses blessures.

Lorsque le héros prend son petit déjeuner au milieu d’une table copieusement garnie, il se voit contraint, au détour d’une pirouette dialoguée bien balancée, de partir en mission ou en rendez-vous capital quelques brèves minutes seulement après s’être attablé, remerciant toujours pour le « bon café » qu’il n’aura fait qu’effleurer du bout des lèvres.

Le chef de la police doit être noir.

Pendant une enquête de police, le personnage doit forcément passer au moins une fois dans un club de strip-tease.

Pendant la nuit, le téléphone qui sonne doit toujours se trouver à côté du lit.

Lorsque le héros entre dans son appartement ou y invite son faire-valoir comique, il ne ressent jamais le besoin de fermer la porte d’entrée derrière lui car il est doué d’une hospitalité supérieure à la moyenne et d’un esprit bien plus ouvert que celui, communément admis, des masses laborieuses.

Le premier mort doit être le noir qui a sauvé la vie à son copain blanc, mais en se sacrifiant, permettant ainsi à l’autre de vivre une histoire d’amour avec une belle femme blanche.

Au moment de payer le taxi, le personnage ne doit jamais regarder son portefeuille pour sortir un billet. Il doit le prendre au hasard et le tendre, ce sera toujours le prix exact.

Pendant une perquisition de nuit dans un appartement ou une maison, il y a toujours une panne électrique afin de découvrir les lieux à la lampe torche au milieu de contre-jours « naturels ».

Les nuits sont toutes de pleine lune, et toujours bleutées.

Même lorsque le personnage conduit sur une avenue parfaitement droite, il est nécessaire qu’il tourne vigoureusement le volant de gauche à droite de temps en temps.

Une simple allumette doit suffire à éclairer une pièce dimensionnée comme un terrain de foot.

Un homme visé par vingt autres doit avoir plus de chance de s’en sortir que vingt hommes visés par un seul.

La famille d’un personnage mort dans un étrange accident doit toujours garder un album rempli de coupures de presse relatant les faits et recélant des indices probants.

Lors d’un combat d’arts martiaux, même en nette supériorité numérique, les ennemis doivent attendre patiemment d’attaquer le gentil un par un, en dansant de manière menaçante autour de lui jusqu’à ce que leur prédécesseur mange le parquet ou le bitume.

Toutes les bombes doivent être connectées à un chronomètre à gros affichage rouge afin de pouvoir être renseignés de manière exacte sur le temps qu’il reste.

Les bombes n’explosent jamais mais le font toujours au dernier moment.

Le personnage doit survivre à toutes les guerres sauf s’il commet l’erreur fatale de montrer à un clampin lambda la photo de sa bien-aimée qui l’attend sagement à la maison.

Toute pièce un peu inquiétante doit être filmée par un mouvement de plongée partant du plafond.

Lors d’une conversation très émouvante, au lieu de parler en regardant son interlocuteur en face, le personnage doit être dans le dos de celui-ci et lui parler.

Si un malade psychopathe est en fuite, cela doit coïncider avec un orage qui coupe les communications téléphoniques dans les parages.

Une histoire d’amour entre deux personnages doit toujours débuter par un antagonisme marqué ou un conflit.

Un méchant qui fait peur doit toujours surgir du bord du cadre.

Pendant une scène de mariage, lorsqu’arrive la fameuse question de savoir si quelqu’un veut s’y opposer, le véritable amant doit toujours intervenir de justesse après avoir affronté les pires difficultés pour parvenir à l’église à temps (accident, enfermement, vaincre des crocodiles dans un marais, déjouer un trafique d’armes au khazakstan, faire exploser un satellite espion coréen, etc…)

Lors de grosses déceptions, le gentil doit toujours exprimer son désarroi par « Putain de merde! »

Les ruelles les plus sordides sont richement pourvues en grandes bennes à ordures savamment disposées, dans lesquelles le gentil pourra amortir sa chute lors d’une poursuite finissant en cul-de-sac. Ces mêmes ruelles doivent toujours avoir le pavé légèrement mouillé, et contenir une ou plusieurs bouches d’égoût crachant force fumée.

Pour une fin « ouverte », le film passera en revue tous les protagonistes, ayant ou non réglé leur situation, sur fond de de musique à la mode.

Voilà… dorénavant vous savez tout et pourrez retrouver tous ces tics du « gros cinéma ». Et les ausculter d’un œil averti. Pour s’assurer qu’un film hollywoodien en est bien un.

Yeux du loups

Franck Balmary.