L’art du trompe-l’oeil

Qui s’est déja rendu aux confluents du Rhône et de la Saône, dans la capitale traboulesque des Gaules, ville de Maître Philippe de Lyon, a déja pu constater de gigantesques murs peints sur certains immeubles des quais de Saône. De fausses perspectives, de fausses ombres, de faux reflets, de fausses enseignes, de faux curieux (souvent « endémiques » de Lyon) aux fausses fenêtres, de fausses entrées, bref des mini zones d’illusion peinte qui prolongent le « réel » d’un coup de pinceau bien senti.
Le trompe-l’oeil est assurément une technique de peinture amusante à voir qui cache, en fait, un véritable art dans l’art qu’il n’est pas aisé de maîtriser. Surtout qu’en général il est appliqué, et c’est tout son intérêt, a de grandes surfaces.

Crayons

C’est dans une ambiance de bohême que nous allons suivre (de loin et dans le désordre) l’élaboration de quelques panneaux de décor pour une adaptation de l’opérette du fameux Francis Lopez nommée Andalousie.
Panneaux de décors peints en trompe l’oeil (d’où le titre de la page, hein) par Maître Philippe, mais pas celui de Lyon cette fois (çui-là il est dead…), dans son tranquille atelier d’été au fin fond de la Somme, aidé un temps par les coups de pinceaux experts de Marie sur certains panneaux. Maître Philippe a également imaginé toute la conception scénique liée à l’enchaînement chronologique des décors par rapports aux actes de la pièce mais aussi la conception dans l’espace car certains panneaux se replient latéralement et en hauteur pour laisser la place à d’autres, peints sur les autre faces. … ‘Fin c’est plein d’astuce, quoi…

Partition Andalousie
I – La conception.

Comme disait en son temps l’alchimiste Fulcanelli, il est difficile d’atteindre la Grâce sans voir l’Oeuvre en esprit au préalable. Il est donc nécessaire d’imaginer ou se laisser inspirer.

Prépa croquis 1 L’idée ici est de créer quelque chose d’inédit et original sur une oeuvre préexistante (la pièce de Francis Lopez). La représentation qui va avoir lieu va reposer beaucoup sur les panneaux de décor qui vont aider à visualiser les situations ou les lieux sans recourir à de la construction de faux mobilier ou de faux extérieurs en bois. Tout sera basé sur le trompe l’oeil et ses effets de perspective.

On pose les idées directrices sur papier pour chaque tableau…

Croquis

Ci-dessous, un travail préparatoire pour la panneau du hall du Grand Hôtel de Caracas.

Patron GH

Revues
Ici, c’est la phase du travail où l’idée de base cherche ses appuis, les petits rien qui vont provoquer LA grande inspiration: dessins, peintures, photos, études… L’on cherche tous azimuts car tout est dans tout, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se trans…mute!

Modèle arènes

Et puis vient la phase de la préparation où l’on dessine des patrons plus précis, où l’idée de base du dessin est retranscrite en terme de panneaux de décors.
Patrons 1

Ci-contre un pont qui prend forme…

… Ci-dessous, les arènes de Séville vues de l’extérieur. Ces panneaux seront articulées de manière à laisser apparaître l’intérieur des arènes une fois que les panneaux du devant seront rabattus. Une conception scénique en « strates » imaginée par Maître Philippe, que l’on peut déja constater sur ce travail préparatoire. Un « bandeau » sera rajouté en haut de ce panneau pour montrer le haut des arènes. Il est également prévu que ce bandeau se rabatte pour laisser voir le haut des arènes mais vu de l’intérieur. L’on peut déja voir concrètement le nombre conséquent de panneaux à peindre…

Patrons arènes

Patrons 3
Patrons 4Les panneaux sont imaginés de manière individuelle, bien sûr, mais également en fonction de l’interaction qu’ils auront sur scène. En effet, nous les voyons ici un à un, de manière fragmentaire mais, bien souvent, différents ensembles seront disposés à divers endroits de la scène pour signifier des lieux plus ou moins éloignés. Par exemple, l’ensemble recréant l’intérieur d’une chapelle sera disposé de part et d’autre de la scène, tandis qu’au centre et plus au fond sera posé l’ensemble de panneaux des arènes de Séville, en découverte. Cette échappée vers l’extérieur jouera lorsque le toréador se recueillera juste avant d’entrer dans l’arène. Il est donc indispensable de visualiser la conception scénique au préalable en faisant des mini-patrons articulés et en les disposant comme ci-dessus.

Ci-dessous, un travail préparatoire de Marie pour le panneau où l’on doit voir un château trôner sur un python rocheux depuis le village en contrebas.

Prépa village 1

Pause café
Là c’est pause café! Des fois, il faut savoir dire stop…

Croquis affiche

II – L’élaboration des panneaux

Pots peinture 1Maintenant, nous n’en sommes encore qu’à mi chemin, verre moitié vide, moitié plein. La conception est terminée, c’est une chose, mais les panneaux restent à faire et c’est là que çà devient sport, que la vision se concrétise. Alors au boulot, « yapluka »!

Ce travail comprend plusieurs phases. Les panneaux sont peints sur du tissu blanc acheté en rouleaux. Dans un premier temps, l’opération consiste à découper des lés (des morceaux) de ce tissu aux dimensions des panneaux. Les panneaux, en général, mesurent 4m de haut sur 1m50 de large. Une fois découpés, chaque lé est enduit d’une couche de peinture blanche sur toute sa surface pour le rendre plus facile à peindre par la suite.
Séchage 2
Les quelques lés nécessaires aux panneaux qui vont être peints sont toujours préparées à l’avance car la peinture (acrylique) demande un certain temps de séchage, qui dépend évidemment toujours un peu du ch’temps qui f’ra.

Tréteaux 1Bon… Là elle devaient être déja sèches puisque posées un peu en vrac, n’est-ce pas🙂

On peut les poser à même le sol sans aucun problème (à condition que ce ne soit pas de la terre battue) ou alors sur des planches posées sur tréteaux, au choix, comme ci-contre et ci-dessous.
Echaffaudage 2

Maintenant dégagé de cette routine technique (néanmoins essentielle), le vif du sujet va pouvoir être croqué par les deux bouts.

Tracés 1Règle, équerre, mètre, crayon, gomme, tous les moyens sont bons :-)!
On prend donc le lé de tissu encore vierge et l’on reporte, à l’échelle, le dessin du patron. Il convient d’être précis, c’est de cette phase de tracé sur papier dont va dépendre la cohérence de l’oeuvre peinte. Le patron contient toutes les mesures qui seront scrupuleusement respectées sur le lé.
Mais il est certain que, comme lors de tout travail artistique, on est jamais à l’abri de quelques imperfections ou incertitudes qui ne dévoilent leur insidieuse malice qu’en faisant. Les coups de gomme et les retouches sont donc assez fréquents… et les noms de volatiles accompagnateurs aussi!

Tracés 3
Tracé Grand Hôtel 1Après c’est un peu comme on le sent, tracé à main levée comme ci-dessus ou en s’aidant d’un patron grandeur nature découpé au préalable (ci-contre). Cette technique peut s’avérer utile pour éviter les approximations dans les arrondis. Ici il est question des arcades du hall d’accueil du Grand Hôtel de Caracas, il s’agit de ne pas se louper…

Tracé arènes 3
Tracé arènes 2 Ci-dessus le tracé des arènes de Séville d’après le dessin définitif. On reporte à l’identique les moindres courbures sur le panneau. Ce « squelette » comporte déja tous les effets de perspective et de profondeur recherchés.
Ci-contre, Maître Philippe sous le coup de l’inspiration. Quand çà vient… Le rapport physique à l’oeuvre d’art.

Tracé lionCi-dessus, le tracé d’une des deux statues de lion du panneau de décor final.

Une fois que la structure est tracée en grand, il ne manque plus que la couleur. C’est-à-dire, la vie.

Pinceaux

Nous basculons donc dans le côté purement pictural de la Force. C’est au bout de cette étape que les tableaux existeront de manière définitive.
Ebauche villageLa phase peinture présente elle-même deux grosses étapes. Dans un premier temps, il est fondamental de poser ses « fonds », c’est-à-dire situer l’emplacement des différents éléments de la toile par la pose de zones de couleur unie.
Ci-contre, nous voyons la première ébauche du décor représentant le château fort vu d’un village en contrebas (dont on a présenté le croquis de l’idée directrice plus haut). Nous voyons déja se dessiner les toits du village en premier plan, des espaces de végétation qui devront donner la sensation d’être de plus en plus éloignés, puis le promontoire rocheux avec le château dessus, et enfin les vastes espaces dans le fond.
Pinceau fers forgés GH
C’est lorsque l’on a posé ses fonds une bonne fois que l’on attaque les détails ou éléments plus fins. On entendra par détail les nuances de tons et/ou de couleurs qui vont donner du volume au formes, faire « tourner » la lumière sur un cyprès ou une colonne, extruder les aplats des fonds et donner cette impression bluffante de relief.
Pinceau fontaine GH 2
Ci-contre, le pinceau s’emploie à donner forme au jet de la fontaine du hall d’accueil du Grand Hôtel de Caracas en appliquant des touches de blanc sur le fond bleu. Le fond bleu possède déja son propre dégradé de tons clairs allant vers des tons plus foncés, détail primordial qui aide l’oeil à comprendre d’où provient la lumière qui éclaire cette pièce.

A noter qu’il s’agit de panneaux de décors destinés à être vus de loin et non pas des toiles en soi. Le fignolage des détails fins n’est donc pas de mise car l’oeil va reconstituer lui-même, par le truchement de la distance et des éclairages de scène, les sensations de volumes induites par le jeu des ombres et variations de lumière peintes.

Détail château
Ainsi, quand de près la toile paraît n’être qu’un amas de tâches de couleurs un peu maladroites, il suffit de prendre quelques mètres de distances pour vite se rendre compte de la cohérence de l’ensemble et s’apercevoir à quel point l’axe oeil-cerveau reconstitue les sensations visuelles recherchées.
La difficulté d’un tel travail, pour l’auteur, est donc de garder un oeil suffisamment distancié afin de dégager le petit rien qui va tromper l’oeil alors que lui-même passe le plus clair de son temps les yeux collés à sa toile.

Tracé fers forgés GH 2Ce sont les deux écueils principaux: ne pas s’attarder trop sur le fignolage des détails en gardant à l’esprit que les toiles seront vues de loin et peindre en grand format. Ci-dessus à gauche, un détail du python rocheux sur lequel trône le château médiéval. C’est la toile du village mais à une étape bien plus avancée que la photo présentée plus haut. La combinaison des effets d’ombre et les contrastes entre les touches de couleur crée déja un puissant effet de relief.

Tracé fers forgés GH 4
Mais même lors de la phase de peinture, des doutes surviennent toujours et il convient de garder la mesure ou le compas dans l’oeil. Un p’tit coup de mètre (ou de maître) de temps en temps, çà mange pas de pain. Toujours cette problématique de savoir garder la  distance.

Photo

Pour parer à ce problème, Maître Philippe a ch’trouvé une ch’tite ach’tuche qu’elle pas mal: prendre des photos du haut de son échafaudage (et les mirer le soir à l’apéro en se délectant d’un verre de vin tout en écoutant TSF Jazz).
Vive le numérique… et le bon « chauchichon »!

Repas

🙂

III – La construction.

La dernière phase: construire les supports en bois sur lesquels les panneaux de décors vont reposer et apparaître aux spectateurs. Pour Andalousie, certains seront articulés pour s’ouvrir et se fermer et ainsi laisser apparaître ou faire disparaître certains décors en fonction du déroulement des actes (les arènes de Séville).

Outillage 1
Encoches n&b 4
Le gros de l’ouvrage consiste en la fabrication des cadres en bois sur lesquels seront ensuite fixés les toiles peintes. Du sapin fait très bien l’affaire, peu onéreux et facile à travailler.

On taille à la scie circulaire de gros tasseaux aux dimensions de la hauteur et de la largeur désirée. Les panneaux font 4 mètres de haut sur 1m40 de large.

Encoches 4

Puis, on retaille à mi-épaisseur les deux extrémités de chaque pièce (ci-dessus). On crée ainsi des genres d’encoches.
Encoches n&b 2Un p’tit coup de ponceuse ou disque abrasif par là-dessus, histoire d’égaliser un peu les irrégularités du bois et de la coupe.

Montage cadres 3

Une fois que tout est taillé, les pièces sont fin prêtes pour l’assemblage. Alors comment qu’on fait? Eh bien, comme nous le montrent les clichés ci-contre et ci-dessous, on assemble les bouts de cadre deux à deux via les encoches taillées auparavant. On y applique d’abord de la colle à bois puis on fixe le tout à l’aide de deux vis.

Montage cadres 5

Il est à noter que les coins de cadre seront renforcés avec des « mouchoirs » en contreplaqué fixés un peu plus tard. Les « mouchoirs » sont de simples petits triangles rajoutés pour plus de solidité. Ainsi, les panneau finalisés peuvent être maniés, stockés, déplacés ou encore transportés sans risquer d’arracher les jointures.

Cadre garage n&bChaque panneau de décor est constitué de deux cadres posés l’un sur l’autre en hauteur.
La phase de construction est aussi l’occasion d’élaborer quelques praticables, simples cubes de bois posés devant certains panneaux. Des charnières seront posées sur les panneaux articulés pour permettre des ouvertures et fermetures en cours de représentation.

Vis

IV – Travaux finis.

Allez, inspection générale, mein guénéral. L’intérêt d’un tel article réside tout entier ici, dans sa conclusion et sa galerie de travaux finis. Nous allons mirer quelques panneaux de décors d’ores et déja achevés. Peu importe la connaissance de l’opérette de Lopez qui devient, du coup, largement secondaire, la relecture picturale de Maître Philippe se suffit à elle-même.

Il y a intérêt à ce que ce soi bien, tudju! Voyons çà… Pouf, pouf, pouf, laquelle je vais prendre?… Ben on va commencer par le plus lourd, la pierre d’angle de tous ces décors, j’ai nommé: les arènes de Séville! Et vàlààà…

Arènes ext 3
Les arènes vues de l’extérieur. Il y a, si je ne m’abuse, six panneaux verticaux plus deux bandeaux horizontaux en haut qui terminent le tout. L’ensemble a été spécialement mis en place pour la photo. Donc pour parler clair, çà m’a pris une bonne heure à comprendre qu’est-ce qui allait à côté de quoi, efforts poussifs parfois balayés d’un revers de manche par un brin de zef provocateur (merci les briques). Revenus de ses emplettes au bout de trois quarts d’heures, Maître Philippe m’encouragea d’un « Attends, mais il en manque 2! Çà colle pas, ‘faut les rajouter. »
Malgré tous ces efforts, je n’étais pas encore assez loin pour embrasser le panneau dans toute sa largeur. Mais çà donne une idée. On voit la lumière « tourner » sur l’édifice, allant d’une zone claire à gauche vers les zones ombragées à droite. Mais restons au-delà du clivage gauche-droite…

… Et entrons dans l’arène. Là on va se faire çà en deux temps, manque de distance oblige. En premier lieu le Côté Obscur…

Arènes int 1

… Et maintenant le Côté Lumineux.

Arènes int 2
Les gradins ont été partiellement remplis de spectateurs mais pour l’heure, çà reste à finir. L’éclairement du lieu est ici inversé par rapport à la vue de la façade, étant donné que la façade présente une forme convexe (bombée) et l’intérieur, évidemment, une forme concave (creusée). Le côté ombragé se retrouve donc, logiquement, à gauche et non plus à droite. Ces panneaux ne sont donc pas encore complètement finalisés, beaucoup d’éléments manquent mais c’est pas loin.

Arènes int 6Non, Jackson Pollock n’est pas mort…

Autre morceau de bravoure: le panneau représentant cette fameuse vue du château depuis un village. Ci-dessous le panneau finalisé (ou quasi).

Village finalisé
La photo prise en grand angle réussi a donner une sensation de modelé. L’idée des fers forgés au tout premier plan est venue s’ajouter au tout dernier moment. « Comme si l’on regardait ce paysage d’une terrasse » m’a confié Maître Philippe.

Ci-dessous, le hall d’accueil du Grand Hôtel de Caracas, quasiment achevé aussi.

Grand hôtel 1
Grand hôtel latéral 1On note les contrastes entre les bleus profonds et les tons plus chauds type ocre-rouge-orangés, couleurs « du sud », vives, presque vibrantes. Avec les fers forgés bien noirs dans le renfoncement des arcades agrémentés, eux aussi, de leur touche de lumière qui rebondi, pas très visible sur la photo mais effet garanti de visu. On remarque aussi l’effet de perspective appuyé discrètement par le damier noir et blanc du sol, plongé partiellement dans l’ombre au premier plan.
Le panneau d’à côté, mieux visible ci-contre, représente un panneau latéral qui jouera en même temps sur scène. On constate l’effet de perspective dans les « dentelles » de l’arcade. Le fond est dégradé pour signifier l’endroit où frappe la source de lumière. Vu de près, le dégradé dans l’éclairement des colonnades est peint par des bandes de couleurs volontairement grossières qui se succèdent, de la plus claire à la plus sombre. Encore une fois, l’oeil, au-delà d’une certaine distance, fera ce travail de dégradé lui-même.

Fontaine village
Une fontaine de village, simple et efficace. Tout fonctionne: les couleurs, la luminosité, on sent presque la « fraîcheur » et le mouvement de l’eau jaillissante. Les coups de pinceau et les quelques tâches de peinture ne sont même pas à adoucir, ce sont ces « défauts » qui matérialisent à merveille les défauts du mur. Ce panneau n’est pas fini, il y aura les murs de maisons du village visibles derrière. Cette photo possède de vraies ombres et des fausses, cherchez l’erreur…

ArcadeJuste pour le fun, deux panneaux ont été étendu côte côte verticalement depuis les fenêtres du premier étage de la maison de mamie (une bonne grosse bicoque en briques) et on se rend tout mieux compte de l’échelle.
Là encore, la perspective de cette enfilade de lieux est appuyée par les jeux de d’ombre et de lumière ainsi que par le damier du sol, discret mais présent. Les couleurs de ce damier sont assorties à l’ensemble et on note le fin glissement (en tous cas c’est l’impression que çà donne de loin) vers la demi pénombre de la pièce où il y a les chaises.

Il y a l’architecture mais aussi des personnages, telle cette macarena typique de l’iconographie religieuse de l’Amérique latine (bien kitsch, quoi)

MacarenaLa présence des couleurs frappe l’oeil de prime abord, mais tout est sujet à émerveillement de la rétine. On remarque immédiatement les motifs complexes et plissés de la robe de cette « princesse de l’espace » (je confirme pour les avoir vu de près), le dégradé léger des vitraux et ses motifs « chakraesques » colorés qui semblent émaner de cette « entité supérieure » (on dirait un lotus, cette fleur qui pousse dans la vase et symbolise la pureté), les piliers vert-jade torsadés qui accompagnent l’élévation, l’arcade en perspective ainsi que l’autel, typique du XVIIIème. Autel en marbre « de couleur roussillon », confie Maître Philippe.

Une belle grosse perle pour finir (couleur perle, d’ailleurs): la maison de danse…

Maison de danse 1
Trois panneaux verticaux côte à côte plus un bandeau horizontal au-dessus composent ce tableau. Il s’agit d’une sorte de bar-taverne où çà boit et çà danse à gogo. Toujours la mise en perspective avec des lignes de fuite et la lumière qui fait « tourner » les colonnes et matérialise les zones de murs ou d’arcades plus ou moins éclairées. Les ombres projetées sont très visibles ici et détachent singulièrement les colonnes. On a l’impression de les voir presque sortir de la toile.
En haut, nous apercevons une mezzanine avec quelques drapés posés sur le garde-fou en fer forgé. Le plafond sous-jacent n’est visible que par le dégradé d’ombre qui le différencie du mur. La paroi du fond est habillée de quelques châles façon espagnole. Quelques tables sobrement garnies parsèment l’espace, il n’en faut pas plus pour habiller un décor. Le sol peint en marron un peu plus foncé n’est pas présent sur le panneau du milieu car il y aura un praticable sur scène à cet endroit.
Le tableau a subi quelques fignolages après la prise de cette photo mais le principal est posé. La « suite » de cette maison de danse a été peinte dans la foulée. Ces panneaux devraient apparaître sur scène combinés avec ceux des arènes de Séville. Sur scène certains panneaux jouent ensemble et forment le fond visuel devant lequel les acteurs déclament leur textes.

… Et ce petit pont, style ponts romains qu’on peut trouver dans le sud, avec son petit village dans le fond.

Pont

Le trompe l’oeil se marie parfaitement avec la présence d’acteurs en chair et en os, l’illusion fonctionne bien, c’est tout l’intérêt d’une telle technique.

Pots de peinture 2

Pour entrer encore plus dans les détails, il est possible de consulter l’intégralité des photos de cette session de travail ici.

Voilà. Si vous aussi êtes un metteur en scène inspiré avec des idées de grandeur et que vous avez pour projet d’adapter un opéra, ne vous privez pas, vous pouvez contacter Maître Philippe pour vos décors trompe l’oeil à l’e-adresse suivante:

philipchanel.decors@gmail.com

En attendant la prochaine création…

Franck Balmary.

5 Réponses to “L’art du trompe-l’oeil”

  1. falta fuerza al color, para lograr, realmente integrarse en el misterio del arte, no es necesario dibujar para hacer un proyecto, el verdadero artista guarda su creacion en su pulso con la luminosidad y el contraste de sombra, en el arte no se debe perder el tiempo realizando bosetos, se debe actuar con el espiritu y concentrarse en la profundidad de colores

  2. larocheauxloups Says:

    Vous êtes sûrement une grande artiste, madame, mais après j’oserais dire après que c’est chacun sa méthode. C’est sûr qu’il y a des gens qui attaquent direct à la peinture, sans tracés au préalable. Et d’autres tracent pour garder leurs repères. Il n’y a pas de « vraie voie » ou de « vrais artistes », comme vous dites mais juste ceux qui font et ceux qui parlent.
    Le tracé au crayon n’est pas une obligation mais ici c’est l’option choisie et cela ne retire rien du travail sur les couleurs qui succède, ainsi que sur les dégradés et les contrastes. Tout se joue à ce moment là, en fait. Mais c’est écrit dans l’article, je ne vais pas le refaire! Relisez…
    Il n’y a pas de mal non plus à faire des croquis préparatoires, tous les dessinateurs ou peintres fonctionnent à peu près de la sorte parce-que çà aide à développer l’idée et, plus basiquement, la dextérité. Comme si un écrivain ne prenait jamais de notes pour ses écrits ou ne faisait jamais d’ébauches. Avant le travail sur la lumière qui met en relief les formes et qui vient en dernier, il est nécessaire de poser des fonds. Mais çà aussi c’est expliqué… La création a toujours un côté très trivial et terre à terre mais croyez bien qu’au final il y a de l’esprit et de l’inspiration dans ce que vous avez vu là.
    Cordialement,

    Franck.

  3. Lyanne Says:

    laite a mort

  4. larocheauxloups Says:

    Bonjour vous.

    Alors soyons clairs tout de suite: je n’ai laissé apparaître vos éructations que dans un esprit soucieux d’ouverture critique. Mais ouverture critique ne veut pas dire ouvert à tout et n’importe quoi. Vous êtes évidemment tout à fait libre de ne pas aimer ce qui est exposé dans l’article et de l’exprimer. Sachez juste que ce sont de grandes toiles servant de décors de fond à une mise en scène théâtrale et leur aspect parfois « non fini », ne privilégiant pas le détail, est justement le point d’équilibre de ce travail, l’oeil reconstituant de lui-même les nuances avec la distance.

    Mais comme je ne vais pas refaire l’article juste pour vos « beaux yeux », de deux choses l’une: soit vous êtes capable de lire le texte qui accompagne les images et de faire ensuite l’effort de développer un avis construit par de vraies idées et exprimées dans un Français correct, soit, si vous persistez à poster ce genre de sottises, je les bazarde purement et simplement.

    Question de courtoisie et de bienséance minimum, chère Lyanne2231@gmail.com, on est pas là pour vomir son avis de manière autoritaire mais bien pour dialoguer.

    Pour le confort de tous, merci de votre compréhension.

    Franck.

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