Les autres décors de Philippe

Andalousie n’est pas le premier spectacle pour lequel Maître Philippe a créé des décors peints. Il y en a quelques autres dont nous allons ici exposer quelques fragments. Ce sont des photos de Maître Philippe himself prises sur le vif avec les moyens du bord, glanées ensuite à droite à gauche par Votre Serviteur-loup. Photos de décors « en conditions » sur scène mais aussi en atelier.

AÏDA

L’oeuvre intemporelle en quatre actes de Giuseppe Verdi déclinée en trompe l’oeil. Un environnement visuel type Egypte antique avec statuaire, colonnades, temples, hiéroglyphes, etc…

Aïda scène 1
Ci-dessous, à peu près le même décor sous un éclairage différent.
Aïda scène 7

On ne peut que constater l’incroyable présence des motifs peints, l’aspect bluffant de la vieille pierre, la fidélité dans la retranscription de l’univers égyptien. Le but est atteint: on y croit sans hésiter.

Aïda scène 2Ci-contre, la même enfilade de colonnes avec une découverte sur un paysage extérieur nocturne posé dans le fond.
Comme pour Andalousie, nous voyons concrètement comment les décors permutent et jouent les uns avec les autres pour créer des lieux différents ou similaires mais vus sous un point de vue différent.

Aïda scène 6
Les acteurs et leurs costumes s’intègrent parfaitement à l’ensemble mais on peut aisément dire qu’ici le décor fait au moins 50% du spectacle. Disons que ce sont des « fondations »  suffisamment solide pour élaborer une adaptation sympa.

Aïda scène 4
Pour finir, ces deux décors époustouflants, l’un « garni »…
Aïda scène 3
Et puis ce temple vide, qui se suffit presque à lui-même…
Aïda scène 5

FAUST

Voici maintenant quelques clichés des décors du Faust de Gounod.

Avant le spectacle…Faust - Acte 4 (1)
… Et pendant.
Acte 4 scène
Quelques détails…
Faust - Acte 1 (1)-1Faust - Acte 4 (9)

« Zyeutage » sur le laboratoire de l’obscur docteur Faust, à gauche, avec ses étagères, ses faux récipients et ses faux squelettes pendus. Ambiance… L’idée des squelettes ainsi que l’aspect général de ce labo est l’oeuvre de Maître Philippe. Au passage, l’on note la sensation d’authenticité et de réalisme que dégagent les colonnes doriques et des petits frontons ainsi que des légères marbrures des murs. A droite, l’intérieur d’une chapelle en perspective dans laquelle entrent des rayons de lumière. Lumière peinte, cela va de soi. Quoique…

Ci-dessous, encore une petite merveille de maison de campagne…
Maison 1

La disposition perpendiculaire des panneaux recrée les effets de découverte mais tout est peint. Les murs avec leur texture et leurs arrêtes en pierre d’angle, la porte en bois sobrement travaillé, les « oeil de boeuf », les mini frontons, les pots de fleurs au pied des murs avec leurs effet d’ombre, les « arches végétales » avec découvertes sur le jardin sur les panneaux des creux, sans oublier les garde-fou en fer forgé…

Maison 2
Une authentique maison « du sud », XVIIIème ou début XIXème, telles qu’on peut en voir partout en France. Une rassurante sensation de « bon vivre » se dégage de ce décor « chaud ». Ci-dessus un détail de l’une des « ailes » de la maison.

Maison 3Ci-dessus, notre pétite maison en situation. Comme on dit, le décor est planté!

LA BOHÈME

Un gros morceau, cet opéra de Giacomo Puccini. Toujours z’en trompe l’oeil, mes d’âme-mes cieux, l’action commence dans un appartement du Paris de 1830.

Appart 5Appartement dont la vue donne ici sur des toits de Paris, en fond. A noter la fausse bibliothèque, quelques simili-Modigliani très légèrement anachroniques mais pourquoi pas.

On se continue dans la rue à l’Acte II, ni plus ni moins qu’au Quartier latin.
Rue 2
Rue 5
Et maintenant, l’Acte III et la Barrière d’Enfer.
Grille 2
Grille 3
L’histoire revient dans l’appartement parisien pour sa conclusion (Acte IV), le décor qu’on voit plus haut.

Maintenant, plongeons au coeur des coulisses. Un petit tour par les ateliers, pour jeter un oeil plus attentif sur certains détails.

Tout d’abord les toits de Paris visibles de l’appartement (mais sans la verrière, cette fois). On fera évidemment abstraction de la date au bas du cliché :-)!
Toits
La verrière du café du Quartier latin.
Verrière 2
Pour le plaisir, le détail des boiseries du bas, le travail sur le relief et la texture du bois, les motifs du bas de la verrière, etc…
Verrière détail
Une tite vitrine…
Vitrine 1On note le reflet sur les vitres, « l’éclairage » sur les petits rideaux du bas, la mise en relief du mur par le soulignement des contours des pierres à l’aide de traits noirs et blancs dont la disposition indique l’endroit où tape la lumière (comme sur le bas de la verrière).

Musha 1Musha 2Voici, ci-dessus, le détail des deux Musha qui complètent la vitrine de part et d’autre. Le style du peintre est reconnaissable et, au-delà de la toile elle-même, on remarque tout le travail d’ornementation caractéristique de l’époque.

MÉDITERRANÉE

Une autre opérette de Francis Lopez. Peu de photos pour ce spectacle mais tout de même assez pour être exposées ici.

Un meuble…
Commode
L’intérieur d’un magasin avec découverte sur le port de Marseille, les trois panneaux sont peints dans un effet de perspective qui amène vers la vitrine…
Magasin
Un « zoom » sur la vitrine du magasin…
VitrineOn remarque l’inscription inversée.

Quelques pierres…
Pierres

MY FAIR LADY

Une comédie musicale américaine des années (19)50.
Ici également, quelques pièces de choix comme la bibliothèque ci-dessous avec un détail sur le panneau central. Malgré le léger flou de la photo, on note tout de même le style colonial.
BibliothèqueDétail bibliothèque

Dessous, une peinture de salon dans son cadre… « Awec un bo chwâl mawon dans sa pwaiwie et un bo ciel nwageux! »

Cheval

Ci-dessous, un superbe dais royal et son éclairage « tournant » mettant en évidence tous les drapés et plis des étoffes. Le rouge profond et le jaune or se complètent à merveille.
Dais royal

Fleurs 1Fleurs 3Dessus et ci-contre, le détail de chacun des deux pots de fleurs avoisinants. On remarque tout de suite l’effort apporté sur le détail: les espèces de fleurs totalement différentes les unes des autres et parfaitement reconnaissables, il ne s’agit pas ici d’un fouillis de couleur sans formes.

Ci-dessous une fenêtre…

Fenêtre

… et ici le détail d’un coin de porte.
Détail porte

Géométrie architecturale à l’anglo-saxonne mise en en évidence par les jeux de lumière et d’ombre qui se répondent. On remarque les différents degrés d’ombre ou d’éclairement, sur le fronton, qui vont du plus sombre au plus clair et qui créent un modelé complexe qui vont aider l’oeil, avec la distance, a reconstituer le relief. Ce mur est agrémenté d’une glycine, ces fleurs en grappes tombantes du plus bel effet, qui apporte un contrepoint un peu moins « d’équerre » et donc plus vivant. A noter également la cohérence de l’ensemble des couleurs entre le mur pas tout à fait blanc, la dominante colorée des ombres virant légèrement sur le vert, qui répondent ainsi au vert bouteille de la porte et au mauve discret des glycines.

Pour finir, cet orgue où la lumière tourne sur les tubes et la structure en bois foncé.
Orgue

NO, NO, NANETTE

Un peu plus d’infos ici, sur cette opérette américaine d’Otto Harbach, Frank Mandel et Irving Caesar avec une musique originale de Vincent Youmans, dont la première fut jouée le 20 avril 1924 à Boston. (ouf!) …
Probablement un peu dans le désordre, quelques clichés des décors de Maître Philippe.

Ci-dessous, l’intérieur d’un appartement américain avec découverte sur les gratte-ciel voisins.
Vue immeubles
On poursuit en bord de mer…
Découverte mer 2
Détails de la gauche…
Découverte mer 4
… Puis de la droite.
Découverte mer 5

Une villa en bord de mer avec découverte nocturne sur la mer, justement, au centre mais aussi sur les côtés. On note des ouvertures ovoïdes dans le haut des murs genre « oeil de boeuf » mais également des genre d’alcôve ou renfoncement abritant de grands pots de fleurs ainsi que des colonnes discrètes. Les découvertes des côtés dévoilent des balustrades en pierre avec une végétation d’été et les plages par derrière. A noter sur le côté droit le reflet de la lune sur l’eau.

Pour finir, un décor de plage. L’action se passe en 1925 et le décorum est typique des stations balnéaires de cette époque.
Cabines plage 1
Hé oui, toutes ces cabines de plage typiques sont peintes. On les croiraient presque posées sur scène comme de vrais décors construits!

LA PÉRICHOLE

Opéra-bouffe de Jacques Offenbach, 1868.

Juste quelques clichés mais où l’on voit, comme précédemment, tout le travail de perspective sur cette place.
Place 1
Place 2
Ci-dessous, les geôles d’une prison dans la pénombre.
Prison

LA TRAVIATA

Opéra en trois actes de Guiseppe Verdi, sans conteste son plus connu.

Des photos d’ateliers de quelques panneaux. D’abord quelques vues de jardin et de végétaux, en pot ou non. Ci-dessous, deux arbustes…
ArbusteArbuste 2

Encore des fleurs en pot et, à droite, un bo châto…
Fleurs potChâteau

Une petite fontaine parce-qu’elle est vraiment belle…
FontaineOn sent presque l’eau couler… Le modelé des formes met en évidence le relief avec toujours autant de force.

Ci-dessous un jardin avec mini-temple à colonnades. Les panneaux sont posés l’un sur l’autre mais l’on perçoit tout de même le travail de cette composition.
Jardin

Et maintenant, passons dans quelques décors d’intérieur. Ici un faux marbre…
Faux marbre 2

… Et là d’incroyables drapés.
Drappé 2
Drappé 1

Posé comme çà en vrac parmi d’autres éléments, on pourrait presque croire à un véritable rideau pendu là! C’est en regardant attentivement le sol qu’on s’aperçoit qu’il ne s’agit que d’un panneau de décor. Tout y est: les motifs, les couleurs, les pompons, les plis, etc… L’étoffe rouge du dessus est tout aussi saisissante, ainsi que les veinures du marbre sur le panneau encore au-dessus.

VALSES DE VIENNE

L’opérette de Johann Strauss (fils).

Quelques éléments épars de décor mais toujours aussi trompeurs.
Du lourd pour commencer, l’intérieur de la confiserie.

Magasin 1 Le doute est permis à propos du comptoir en marbre: réel ou trompe l’oeil? Eh bien oui, c’est du trompe l’oeil, évidemment, mais à première vue ce n’est pas forcément évident. On ne peut qu’admirer les marbrures et la mise en perspective qui rendent cet élément si saisissant de réalisme. Et il y a évidemment tout le reste autour.

Ci-dessous, des détails…
Pot bonbons 2
Razzia sur les bonbecs!
Pot bonbons 1

La toile était un peu plissée mais çà n’empêche pas de voir les détails: la déco, la découverte, l’ornementation, le verre, les vitres et leurs inscriptions inversées, les plinthes, les fleurs entre les arcades des fenêtres, le début de plafond, etc…
Vitre magasin 2

Maintenant, on panote un peu et l’on s’aperçoit qu’un petit salon jouxte le magasin proprement dit, les deux pièces étant séparées par une mini arche (à droite).
Salon 1

Et maintenant des détails du salon… Au hasard, un lustre.
Lustre

Ci-dessous un miroir. Encore une fois on admire le travail sur les textures, que ce soit du bois ou de la surface du miroir. Tout le travail d’ornementation également. Les rebords du plafond également…

Un « zoom » sur l’arcade qui sépare les deux pièces…
Mirroir+arche … Avec toujours cette impression tenace d’extrusion, uniquement due aux effets de dégradés d’ombre. Cette demi-arcade sort littéralement de la toile. A noter également l’énorme travail sur l’ornementation du miroir.

Miroir, ô miroir! Dis-moi donc quel est le plus beau? L’ornementation du miroir ou la pièce que l’on voit en contre-champ (avec les plis du rideau bleu)?
Mirroir
Ou bien est-ce le plafond…
Plafond salon
… Et ses frises?
Plintes salon
Avant de partir, nous allions oublier un autre détail du genre lourd: le poêle…
Poêle
… Et ses dégradés de lumière, évidemment. On ne parle même pas de la déco en elle-même avec ses motifs, sa forme et la tonalité des couleurs. Le bleu ressort bien du mur couleur bois juste derrière.

Voici donc un aperçu de ce qu’il est possible de faire en matière de décors peints. Tout est à inventer, même pour des opéras, pièces ou opérettes moulti-représentées de par le monde. Ce qui importe est la lecture personnelle qu’on en fait.

Pour plus de détail, toutes ces photos sont également visibles ici.

Alors? Une subite envie de décors? Pas d’inquiétude, c’est simple comme un e-mail. On peut contacter Maître Philippe à l’e-adresse suivante:

philipchanel.decors@gmail.com

Franck Balmary.

2 Réponses to “Les autres décors de Philippe”

  1. lievore Says:

    je suis très impressionné par vos réalisations, je suis moi même en cours de travail (bénévole) pour les décors de la Périchole, j’aimerai bien voir comment vous avez traité l’acte 2.
    Merci

  2. larocheauxloups Says:

    Bonjour à vous.

    Philippe ne gérant pas cette page lui-même, et fort pris en ce moment, vous pouvez le joindre directement sur le mail indiqué en bas de l’article, en lui indiquant avoir vu ses anciens travaux en lisant cet article. Sans problèmes, c’est fait pour🙂 .
    Il me semble, en effet, que Philippe a travaillé aussi sur La Périchole.

    De rien.

    F.B.

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